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 Kyrie L. Rocheliodel - Il semblerait que le monde ai changé pendant que je regardais ailleurs.

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Messages : 251
Date d'inscription : 21/05/2013
Age : 20
Localisation : Dans les bras d'un(e) amant(e).

Informations personnelles
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Pouvoir: Postcognition.
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MessageSujet: Kyrie L. Rocheliodel - Il semblerait que le monde ai changé pendant que je regardais ailleurs.    Mar 21 Mai - 9:52


Rocheliodel - Kyrie Luna

 

Informations

Nom: Rocheliodel. En réalité la famille Rocheliodel est une famille très ancienne, très discrète même dans son passé, qui s'enrichit d'année en année. Actuellement, pour la dernière génération, il ne reste plus que Kyrie.
Prénom(s): Kyrie ( " Oh Seigneur " en grec. ) Luna ( "Lune" en latin de même. )
Age: 19 ans, étant née en début d'année.
Sexe: ♀.
Lieu de Naissance: Ailly-sur-somme, France.
Origines & Nationalité: Françaises.
Orientation Sexuelle: Bisexuelle à fortes tendances homosexuelles bien qu'elle l'avoue peu.

Groupe désiré: Citoyenne !
Rang désiré: None.
Métier/Job: Propriétaire & Teneuse d'une librairie en ville.
Classe Affiliée: None. Cependant 1 étoile.
Derrière l'écran

Comment as-tu découvert le forum ::  Mon amante m'a tendu la main et je n'ai pas su refuser ce geste. ~
Comment le trouves-tu ::  Élégant, sobre, parfois un peu complexe mais de manière constructive et utile !
Tes disponibilités ::  5/7, parfois 6/7.
Code du règlement ::  Validay's

Questionnaire
Quelles sont vos motivations pour entrer à la KeyShawn Academy ? - Lorsque j'étudiais encore à l'académie, c'était très certainement pour découvrir d'autres horizons, mais aussi parce que mes supérieurs dans la famille, en ayant entendu parler de rumeurs plus ou moins douteuses, m'avaient galamment obliger à y aller.

Préférez vous le sexe ou l'amour ? - Les deux ne sont-ils pas exquis l'un avec l'autre ?

Êtes vous un violeur de lapin ? - Je viole certainement une part de nature des écrivains en lisant entre leurs lignes, mais je n'ai jamais tiré à la zoophilie, non.

Êtes vous pour ou contre l'esclavage des faibles ? - Contre, pâle sang bleu !

Préférez vous offrir loyauté au Comité de Discipline ou au Gang de Blaze ? - Mon avis se partage, mais j'avouerais avoir plus d'envie à soutenir de loyauté le Comité de Discipline.

Aimez vous les vaches ? - J'ai toujours préféré les chats, mais les vaches sont bien aussi je suppose.

Souhaitez vous entrer dans la KeyShawn Unit ? - Ho ciel non. Je suis très bien là où je suis, derrière la réception de ma librairie, je préfère ne m'engager professionnellement dans rien d'autre, cependant j'en ai fais partie pendant ma scolarité.

De quelle couleur sont les poils de vos bras ? - Comme la masse de mes cheveux, d'un gris pâlot.

Pourquoi les extraterrestres n'existent-ils pas ? - Car nul n'a l'ouverture d'esprit de se dire qu'ils existent peut-être sans que l'on puisse les voir, les décrire, les nommer.

Pourquoi un monstre est-il forcément laid ? - Dans la mythologie, les créatures fantastiques étaient pour la plupart repoussantes pour effrayer l'homme, le pousser dans ses retranchements. Mais il y avait aussi des cas, dits ceux de "montres gentils" où il semblait devoir en tirer comme leçon qu'il ne fallait jamais juger les gens pour leur apparence. Bien, maintenant, pardonnez-moi mais je vais me retirer.
Pouvoir
Son don: Postcognition, aussi appelée retrovision. ( Littéralement, tiré du latin, " voir derrière ". )

Cinq étoiles: Le pouvoir n'est absolument pas maîtrisé, se déclenche par chance ou par hasard, ne laissant voir que de vagues images floues, tremblantes, vacillantes. Ce stade ne consomme heureusement pas d'énergie à Kyrie.

Quatre étoiles: Cela commence a aller mieux, il y a du progrès. Il est à ce stade-là possible de toucher un objet et d'avoir un flash sur commande. Cependant, encore une fois, cela ne reste que très vague, rien n'est précis et les gens, s'il y en a, ne semblent avoir ni visage ni voix. A forte utilisation à ce stade, le pouvoir peut donner des maux de tête redoutables.

Trois étoiles: Les visages s'esquissent tranquillement, les visions se précisent légèrement, il reste cependant impossible de discerner leur époque exacte, les éléments l'indiquant, s'il y en a, restant impossible à décrire ou à lire. L'utilisation de la postcognition à cette étape de son développement provoque toujours des maux de tête, heureusement légèrement diminués.

Deux étoiles: Les paysages deviennent encore plus précis, permettant de se focaliser alors sur des éléments fixes ou mouvants du décor. Les dates s'entrevoient presque et des échos lointains se discernent. Des nausées et des vertiges peuvent alors se manifester.

Une étoile: Son pouvoir s'étend jusqu'aux humanoïdes, d'un bond de progression, permettant à Kyrie de leur montrer leurs propres souvenirs, sans pouvoir se glisser à leur intérieur, simplement en troisième personne pour sa part et en première, bien évidemment, pour celui ayant vécu le moment. Pour les objets, le tout est bien fini, les détails apparaissent clairement, les sensations semblent être du temps présent, les odeurs et les sons accompagnent le tout. Malgré cela, traversé d'une certaine manière le temps décroche Kyrie du réel instant, autrement dit, elle peut se perdre entre le passé, qui semble alors pour elle être une part du présent, et le réel présent. L'utilisation de son pouvoir au maximum peut aussi, bien malheureusement, faire disparaître tout ses repères temporels. Alors, devant elle, une horloge à 5 cinq heures pourrait indiquer 9 heures, lundi pourrait être dimanche, et l'an 2030 pourrait être une année future ou passée.


Physique
10 lignes mini
" Parfois, quand l'on regarde Kyrie, on se demande si elle ne viendrait pas d'un autre monde. D'un monde vraiment très lointain, un monde que personne n'aurait jamais découvert. Sa simple apparence laisse les gens en suspend. Elle possède un petit quelque chose qui épate les gens et leur donne envie de ne pas la quitter des yeux, comme si elle allait changer en un instant et devenir quelqu'un ou quelque chose d'encore plus étonnant au détour d'un couloir. Sa simple présence peut suffire à faire devenir lourde une atmosphère de par son calme froid et son visage épatant et attirant, charmant de cette glace, de cet air détaché. En réalité, que voit t-on en premier de la belle jeune demoiselle ? La réponse est simple : ses cheveux. Il est relativement rare de voir des personnes avec des cheveux comme ceux de la française. En effet, la belle possède une pigmentation de cheveux assez particulière. Ses cheveux, longs et ondulés, possède une couleur bien peu commune, une couleur pure et énigmatique. D'un blanc de neige, d'ivoire, ils possèdent quelques mèches aux tons et reflets grisés voir ébènes qui lui donnent un air des plus rares. Ceux-ci sont aussi très soyeux et solides et glissent entre les mains de quiconque tellement leur toucher est doux. Il est d'ailleurs très complexe pour la demoiselle de les nouer, car les élastiques glissent la plupart du temps. C'est pour cela qu'il est très rare de voir l'ancienne humaine les cheveux attachés, sauf pour obligation. Quelques fois, maintenant, ornent ses cheveux rubans et autres babioles, qu'elle passe des heures à faire tenir, mais qui lui donne un air enfantin et innocent qu'elle affectionne tout particulièrement.

Poursuivons donc par le visage de la demoiselle. Cela pourra vous étonnez, mais Kyrie ne se maquille presque pas, ou alors simplement d'un trait de crayon pour affiner son regard, d'un coup de rouge à lèvres. Autrement, elle ne se maquille que pour les grandes occasions comme les bals scolaires ou les spectacles. Pour ce genre d'événements, elle se maquille comme une lady, c'est-à-dire très discrètement de manière à pâlir son teint de pêche, sans pour autant obtenir un air maladif et faible. Ses lèvres légèrement roses se retrouvent alors quant à elles teintes d'un rouge léger, donnant des envies de baisers volés, et voluptueux, faisant scintiller doucement celles-ci que l'on ne remarque pas tant que cela de par leur finesse. Ses longs et fins cils qui lui donnent un regard attendrissant sont encore allongés en un regard presque aussi fatal que captivant. Pour ses yeux, elle n'a presque rien a rajouté, car en eux-mêmes ceci sont sublimes. De grands cercles représentant deux mondes distincts, ils sont pour l'un rose, semblable à une fleur s'épanouissant, et pour l'autre bleu, de ce ciel dans lequel se perdent les oiseaux libres, de ces couleurs qui se mêlent sur un unique regard lorsqu'elle vous fixe. Lorsqu'elle reste longtemps au soleil, les yeux de la demoiselle s’éclaircirent, le contraire existant aussi mais pour le cas d'une faible exposition aux rayons de l'astre du jour. Son visage en lui-même, maquillé ou pas, est délicat et agréable. Ses traits fins et clairs sont d'une féminité qui noue les regards à elle. Elle est une très jolie jeune demoiselle, et cela se remarque en la voyant sourire, même si cela se révèle être plutôt rare du fait des canines qu'elle cache systématiquement. Le sourire de l'anglaise peut être aussi terrifiant et meurtrier que rassurant et apaisant. Lorsqu'un sourire se glisse sur ses lèvres, et ce dans son bon sens, ses traits s'adoucissent, sa voix suave et adulte devient plus svelte et douce, appréciable et délicate, comme si son ton était devenu plus charmeur.

Passons à un élément qui enchantera certain : le cou de la frêle créature. Je vous vois venir avec vos yeux grands ouverts ! Et oui, c'est un élément important, assez pour avoir sa propre place. Tout d'abord, il faut se dire que le cou de la donzelle est très souvent visible, car ses vêtements ne cache pas celui-ci, en dehors de quelques ras-de-cou imposant qu'elle porte partout pour cacher la cicatrice de sa morsure. D'un blanc de neige, caractéristique de sa peau, le cou de Kyrie semble appétissant et délicieux, rien qu'en le lorgnant un peu. Mais gare à quiconque aura l'envie d'y laisser une marque bleutée ! Celui-ci est quelques fois exposé au soleil, sans toutefois y être sans arrêt. En particulier pour le fait que la pousse de femme ne passe pas tout son temps la tête en l'air. Et, plus simplement, parce que la demoiselle n'irait pas faire un somme dans l'herbe, vers midi, tout juste sèche, pour s'attirer les foudres, si l'on puis dire, du soleil qui la ferait se sentir mal bien vite, elle qui si souvent se balade avec une ombrelle pour contrer les rayons de cet astre fou. D'ailleurs, la fragilité de la peau de la petite versatile ne s'applique pas qu'à son cou, mais partout. Et cela n'est pas seulement aux coups de soleil, mais aux coups physiques aussi. Si elle venait à faire une chute, même si ce n'était que d'un tabouret ou d'un chaise, la demoiselle pourrait être sévèrement blessée, justement parce qu'elle est très fragile. Bien évidemment, elle ne mourrait pas, n'exagérons pas, mais ses blessures pourraient être toutefois graves et elle mettrait donc du temps à se rétablir, rien que moralement, du fait d'être tomber et de s'être fait aussi mal, la pauvre demoiselle...

En baissant légèrement la tête, vous parviendrez à ses épaules. Des épaules qui, et cela se voit au premier coup d’œil, ne peuvent pas porter grand-chose. La force physique de notre femme des ombres et des ténèbres, authentique mystère, ne reprend les rênes que quand cette dernière s'emporte d'une colère, n'égalant pourtant que rarement celle de ces confrères et consœurs de l'humanité. Tout le reste du temps, elle supportait, pendant sa scolarité, les efforts que l'obligeaient à faire ses professeurs de sport. Si la demoiselle s'en sortait sans trop de casse en gymnastique de par sa souplesse, sa grâce de danseuse de ballet, la course ainsi que les sports de balles étaient déjà de véritables calvaires. Comment voulez-vous que la demoiselle court après un ballon, avec le peu de force qu'elle possède ? Et n'imaginez pas ce que cela à donner quand le professeur, un jour, a tenter de mettre la brindille aux cages pour réceptionner le ballon tiré à pleine puissance par un élève ! Notre Rocheliodel s'en souviendra toute sa vie... ! Halala, soufflez, je rigole. La plupart du temps, pour se venger de son arrogance et de son ton hautain, froid et distant, les professeurs malveillants et idiots lui donnaient à faire des efforts qui, pour sa condition physique, étaient impossibles, en sanction. La demoiselle s’acquittait des tâches avec courage et douleur. Toutefois, les efforts nous rattrapant toujours sans faute, la demoiselle se retrouvait souvent, suite à cela, obligée de prendre des jours de repos. Même si notre noble déteste cela, elle doit prendre chaque jour des médicaments pour pouvoir tenir les efforts qu'elle fournit ou encore lui permettre de dormir sans encombres, le sommeil faisant toujours cruellement défaut aux êtres perdus dans leurs mémoires. Il arrive, pour cela, assez fréquemment que le glaçon sur pattes refuse d'apporter de l'aide aux personnes qui le lui en demande. Non pas parce qu'elle n'en a pas envie, mais plutôt parce qu'elle sait qu'elle ne fera que ralentir. De plus, cette fragilité native a longtemps été un très grand problème pour elle, même en dehors de sa vie scolaire. Enfin, surtout en dehors de sa vie scolaire. Etant une fille de grand dirigeant d'entreprise, elle se devait d'être forte, robuste, et devait pouvoir affronter n'importe quel problème sans problème, en l'honneur de son nom noble, et plus précisément sans aide. Cependant, avec sa forte amoindrie, elle ne pouvait pas faire grand-chose, tout comme aujourd'hui, même si personne ne semble réellement s'en douter.

Les formes de la demoiselle ? Osez baisser la tête et celle-ci se fera un plaisir de vous arracher les yeux et de vous les rendre dans la soupe qui vous sera servit prochainement en allant à sa demeure. Dire qu'elle est complexée vous ferez jouer avec un jeu plus que brûlant, ou alors plus que gelé, dites-le vous juste. Vous vous attendez certainement à ce que la demoiselle n'en ait pas, ou alors trop. Et bien vous vous trompez ouvertement. Sa poitrine est tout ce qu'il y a de plus correcte, même si la jeune donzelle regrette d'en avoir, même si ce n'est que ce qu'elle a. Les gens qui la regarde quand elle passe devant eux, les garçons lui parlant et la collant dans la rue, les charmeurs de l'aristocratie française, parfois même anglaise, ne cessant de demander sa main à son père... Kyrie déteste cela au plus haut point, tentant d'y échapper avec courage dès d'une faille se glisse dans ces situations in-vivables. Et pourtant ! Charmeuse jusqu'aux bouts des ongles qu'elle vernit souvent selon ses envies, celle-ci ne tente pas de cacher les atouts qu'elle possède. D'un style majoritairement gothique, ou aristocratique, elle se vêtit souvent de corsets remontant sa poitrine alléchante. A ses oreilles, percées, vous pourriez être un jour amener, malgré sa masse de cheveux, à distinguer des boucles. En général, notre demoiselle met toujours les mêmes, lorsqu'elle les porte, et celles-ci représentent une lune et un soleil surplombant tout deux de petites perles blanches. Quelques fois en jupe au-dessus desquelles elle met des hauts parfois asiatiques, aux motifs floraux et illustrant, non pas rarement, des dragons, la demoiselle est toujours vêtue de manière très féminine, et si elle ne le fait pas, et se glisse dans une chemise d'homme, c'est bien parce qu'elle pourrait s'amuser à se faire passer pour un jeune homme par jeu. Autrement, elle ne cherche pas a avoir un style très recherché, elle ne se casse pas la tête pour cela, ou alors bien moins que lorsqu'elle habitait encore au manoir de France.

Pour poursuivre, nous allons passer au ventre de la demoiselle ! C'est sûr, vous ne verrez pas grand chose sous ses vêtements ! De plus, elle n'est pas "enrobée". Kyrie est en réalité même très fine et svelte, et ne grossit d'ailleurs que lorsqu'elle est triste ou angoissée, même si cela peut vous sembler loufoque. Par le fait qu'elle ne grossisse qu'en étant triste, bon nombre de personnes s'amusent à dire qu'elle finira par être, très bientôt, un ballon de baudruche. Les gens qui connaissent notre jeune femme de glace ne diront jamais qu'elle prendra du poids en grandissant, pour la simple et bonne raison qu'elle fait attention à ce dernier, même lorsqu'elle déprime. L'apparence reste toujours maîtresse de son corps, de par sa naissance. Bien sûr, la demoiselle ne s'inquiète pas vraiment, elle sait parfaitement que prendre un peu de poids ne serait pas la mer à boire et lui ferait même un peu de bien, mais elle préfère éviter de jouer au yoyo avec son corps, pour éviter de le marquer en prenant et perdant du poids sans cesse. Pour le fait qu'elle ne grossisse pas, Kyrie est très légère. Pas vraiment une plume car ce serait une exagération mais assez légère pour qu'un collégien de dernière année, de force moyenne, puisse la porter sans trop d'efforts, elle qui de son mètre soixante-cinq ne doit, en tout et pour tout, pas peser plus de cinquante-cinq kilos. C'est donc assez simple de porter la demoiselle, ou même de juste l'aider à se déplacer quand elle n'en a pas la force. La boule de neige bouge, certes, mais elle économise. Et cela provoque généralement quelques soucis de mouvements qui engourdissent ses membres et font qu'elle doit quérir de l'aide auprès des autres. Malgré que, n'aimant pas s'appuyer sur quiconque, certainement par fierté, elle préfère devoir se poser quelque part en poussant ses forces à leur maximum, plutôt que de demander à ce qu'on l'aide à atteindre un banc pour s'asseoir. Elle est donc de constitution faible, et de santé n'ayant aucun équilibre. Cependant ses parents la voient encore comme la fille parfaite, malgré ses faiblesses, probablement parce que son espèce de grandeur d'âme est remarquablement rare. Elle ne déteste pas cela, bien évidemment, mais elle sait parfaitement qu'elle est loin d'être parfaite et que si elle n'avait pas été aussi faible, bien des soucis n'auraient pas été causés. " - Source anonyme.
Caractère
20 lignes mini
Croyez-vous, en un seul regard, pouvoir comprendre les coins et recoins du psyché de l'étrange demoiselle ? Kyrie est une personne étrange, difficile à cernée totalement. Elle semble être comme la neige, il est facile de la contempler, de la toucher et de la comprendre, mais elle ne reste jamais assez longtemps pour que l'on s'attache à elle, ce côté éphémère lui donnant toutefois un côté très attachant et précieux. La plupart du temps, la jeune femme est distante et détachée des situations qui se déroulent près d'elle. Son air perdu donne l'impression qu'elle se moque de tout et que rien ne l'intéresse suffisamment pour la faire redescendre sur terre. Elle agit comme si ce qui arrivait ne lui arrivait pas à elle mais à quelqu'un d'autre, quelqu'un qui posséderait autant qu'elle son corps. Son visage vide et d'un calme inébranlable en apparence n'a aucune difficulté pour parfois jeter d'imposants froids dans des conversations pourtant très bien lancées. Malgré tout ceci, la fleur fragile est très attentive à ce qui l'entoure et remarque les moindres détails. Si une personne qu'elle voit régulièrement vient à changer rien que légèrement de comportement, Kyrie le remarquera sans faute. Même s'il ne le semble pas, elle trouve une importance cruciale aux détails qui forment, à eux seuls, un tout régulier et généralement d'une habitude rassurante pour tous. Ainsi, en observant les gens et plus globalement son entourage, la belle apprend à porter une certaine attention à chaque individus et à chaque chose. Face aux gens, Kyrie est d'une politesse plate mais présente, d'un calme olympien et glacial. Elle répondra poliment, mais ne cherchera pas à faire de longues phrases construites. Non pas qu'elle n'en soit pas capable, loin de là, mais il semble qu'elle ne veuille pas prendre la peine de montrer aux autres qu'elle n'est pas stupide. Que les gens la pense parfois idiote lui convient, en réalité, car ainsi ils peuvent être surpris lorsque, dans une situation désespérée, elle peut se permettre de leur venir en aide, non sans ironie et commentaires glissés discrètement, non sans ce regard hautain et presque méprisant qui fera briller les perles de ses yeux vairons. Cependant, Kyrie Luna n'agit pas ainsi avec les adultes plus âgés qu'elle. La jeune femme respecte ceux-ci qu'elle sait détenteurs d'un savoir plus large, plus étendu que le sien, même si celui-ci semble déjà bien développé. Avec d'autres adultes, elle parle plus facilement, s’intègre avec une aisance déconcertante à toutes conversations que celles-ci concernent la politique, l'économie dans le monde, les derniers développement ou encore les idées pouvant construire l'avenir. Intéressée par tout, elle parle sans mal avec des personnes ayant autant de connaissances qu'elle, cependant elle n'étale pas, au possible, son savoir. Débattre avec les autres semblent être quelque chose que la belle apprécie tout particulièrement. Confronter les idées de chacun et en trouver autant les failles que les atouts lui permet de tourner sa vision des choses et ses pensées dans le sens de la personne avec laquelle elle discute afin de mieux la comprendre. Très ouverte d'esprit, Kyrie ne semble refuser aucun débat, même s'il semblerait que les étudiants de son âge ne s'intéresse pas vraiment au partage des opinions. Ainsi, parce qu'elle se sent un peu éloignée des personnes de sa génération, elle ne tente jamais de se rapprocher d'eux d'elle-même, trouvant les contacts humains difficiles à gérer. Il est, bien malheureusement pour sa vie sociale, vrai qu'elle n'attire pas les gens. Ou tout du moins qu'ils n'osent pas venir lui parler, peut-être de peur d'être envoyer sur les roses. Seuls les adultes osent parler à notre jeune femme ouvertement, et certains se confient même à elle de leurs plus grands secrets.

Toutefois, si des adultes se confient à notre Kyrie, cela n'est pas pour rien. En effet, même si la jeune femme peut glacer une conversation par sa simple présence, elle peut s'avérée très douce et plaisante, d'une confiance ressentie. Lorsqu'elle parle de sentiments avec les gens, elle parle de son propre chef, sans penser à l'avis extérieur, en écoutant seulement ses émotions et ses désirs. Il arrive donc quelques fois que les personnes ayant parlé à notre protégée prennent confiance rapidement et viennent à discuter de leurs problèmes avec elle qui, à force, répond de simples aides permettant aux gens de se comprendre eux-mêmes afin de trouver sans véritable aide la réponse qu'ils cherchaient. Lorsque l'on parle avec elle, l'on découvre que Kyrie est le genre de personne à faire réfléchir les gens sur eux-même, et pas forcément pour leurs défauts ou leurs failles. Même si elle semble peu gentille, voir méchante, la libraire apprécie, quand elle le peut, d'aider les gens perdus dans leurs sentiments. Si l'on lui demande , d'ailleurs, ce qu'elle pense d'elle, elle répond toujours la même chose. Elle est un miroir. Un miroir qui montre aux gens ce qu'ils sont vraiment pour les faire doucement s'accepter. Cependant, comme tout miroir, elle ne se voit jamais elle-même car, si elle se place face à un autre miroir, encore une fois, elle ne verra que le reflet de ce qu'elle projette. Pour cela, elle se sent assez seule. Personne n'irait retourner le miroir, juste pour voir s'il n'y a pas quelqu'un de perdu et de seul derrière, parce que les gens ne pensent qu'à regarder leur reflet. Il semble, malgré tout, que la douce soit heureuse de pouvoir dire qu'elle est un miroir car, malgré son apparence et ses airs, elle possède une gentillesse noble. Elle n'aidera jamais personne en disant simplement vouloir l'aider, elle trouvera toujours un prétexte expliquant son action et allant dans son sens. Les personnes qui connaissent bien la jeune femme disent elles-mêmes que celle-ci agit à l'envers très souvent, et que c'est pour cela qu'il est parfois très difficile de la comprendre. Cependant, ses bonnes actions sont toujours honnêtes, même si elle les dissimules sous des prétextes parfois absurdes et farfelus.

Kyrie n'avouera jamais être heureuse, tout comme elle n'avouera jamais être triste. Pour elle ses sentiments doivent être gardés, protégés et chéris. Lorsqu'une mauvaise chose lui arrive et qu'elle y réagit, même si cela est rare, la demoiselle ne le prend pas spécialement mal. Pour elle, le Ying et le Yang prennent tout leur sens. Sans ombre, pas de lumière. Sans peine, pas de joie. Elle accepte donc ses difficultés, même si certaines sont très difficiles à accepter, en se disant que si elles n'existaient pas, ses forces n'existeraient pas non plus. Elle cache donc ses émotions, même si parfois ses yeux la trahissent. Quelques fois, sa voix se perd et s'amenuise au fil d'une phrase jusqu'à finir par n'être qu'un murmure presque inaudible. Kyrie fait tout son possible pour que personne ne remarque jamais que parfois des larmes lui échappent. Malgré qu'elle prenne les choses avec courage, certaines choses lui font bien trop mal sur le coup. Avec du recul, la donzelle s'adapte et se remet mais ne sont pas rares les fois où elle aura mit plusieurs semaines pour se remettre de quelque chose. La force est née de la faiblesse tout comme l'inverse est vrai aussi. Alors où est le mal d'être faible sous cape pour être forte aux lumières de tous ? De plus, Kyrie n'a pas vraiment le choix. Pour elle l'honneur de sa famille est une chose qui ne doit pas être bafouer. S'il venait à arriver qu'elle déshonore son nom, la jeune femme se suiciderait certainement sur le champs. Son nom est une chose très précieuse à ses yeux, car il signale son appartenance à sa famille, son lien avec son père Félix, son rang et sa place. Ainsi, elle fait toujours attention à elle et à ce que l'on voit d'elle, même s'il arrive qu'elle en souffre beaucoup. Etre aimée pour son rang, son nom, son apparence, cela se trouve être très difficile. Kyrie garde en secret au fond d'elle le désir et le rêve qu'un jour quelqu'un l'aimera pour ce qu'elle est vraiment, effaçant ainsi sa déception passée.

Cependant aux yeux de tous il n'en est rien. Tout le monde pense que Kyrie n'a que les livres en tête, comme elle-même le dit généralement si bien. Elle dit aussi, pour se détournée elle-même de son désir inavoué, que l'amour est un sentiment rendant faible, vulnérable. Pour cela, lorsqu'elle doit parler d'amour, la jeune homme dit entièrement le contraire de ce qu'elle pense réellement, allant jusqu'à clamer qu'aimer est une perte de temps. Comment pourrait-elle dire qu'elle attend de tomber amoureuse aux personnes qui lui donne une réputation de beauté glaciale ?

Histoire
30 lignes mini
- Tu aurais certainement du tourner à gauche tout à l'heure.
- Mais non, regarde, le G.P.S est un grand garçon, il m'indiquera la route sans soucis.
- Tu disais ça aussi tout à l'heure, avant que je ne te fasse remarquer que nous étions passer trois fois devant le même panneau.
- S'il te plait, cesse donc d'être aussi pessimiste. Voyons les choses d'un point de vue positif, c'est la première fois que nous sortons en famille sans être conduits par un chauffeur.

Depuis l'arrière de la voiture, assise sagement sur son siège, attachée avec soin, la petite fille regardait le paysage défilé par la fenêtre, flou, vague, trop rapide pour ses pauvres yeux de mortelle. L'impression étrange d'être aussi bien présente qu'absente la fit se questionner. Elle était là, vraisemblablement pas pas obligation, se laissant surprendre et cueillir dans ses réflexions à chaque sursaut qu'avait la voiture pour le peu de bonne apparence de la route. La voix de ses parents lui parvenait comme dans des échos, semblant presque lointaine, alors qu'elle se penchait pour poser le côté de son front contre la vitre. Les sursauts continuèrent, frottant sa peau contre la matière dure, la rougissant légèrement. C'était là bien loin d'être agréable, mais elle avait besoin de se reposer un instant, la tête alourdie et fatiguée par les heures de route déjà passées. Elle n'avait pas dormit, contrairement à ce qu'avaient certainement attendu ses parents, c'était contenter d'observer le silence, ce silence presque religieux qui se fendait parfois pour de brefs dialogues sans réels importances. Ses parents n'étaient pas comme elle, elle le constatait alors parfaitement. Ils avaient besoin de parler, de s'exprimer, de ne pas laisser le silence en dire plus que leurs mots et leurs visages embêtés. Encore une malformation de la route, encore un sursaut, encore un frottement au côté de son front. Un soupir las s'enfuit d'entre ses lèvres rosées. Quand arriveraient-ils enfin à bon port ? Elle détacha son front de la fenêtre, remarquant alors seulement, à l'air de l'intérieur de la voiture qui se glissait contre elle, que celle-ci avait été plus froide que le reste. C'était bien peu, mais cette observation eu le mérite d'occuper son esprit quelques secondes. Pour passer le temps, ennuyée, dans le silence qui avait reprit sa place dans la machine mouvante, elle glissa une main dans le sac à ses côtés et en extirpa un vieux livre, de ceux qui possèdent des reliures dorées, de ceux qui ont les pages jaunies et vieillies par le temps et qui, en se tournant, soulève une odeur indescriptible du passé. Elle lu, lu, longtemps, tant plongée dans ses lignes droites qu'elle n'entendait même plus la voix de son père demander courage à sa mère. Elle ne les entendait plus du tout. Quelque part, c'était tant mieux, car les adultes devant commençaient à s’impatienter, à s’effriter, à se provoquer de regards torves et empoisonnés. La voiture s'arrêta après encore une bonne heure, si ce n'était pas deux, de route. En constatant que le paysage par la glace avait cesser de rouler sur lui-même, se dévoilant, elle quitta complètement sa lecture et rangea son lire dans son sac. La porte s'ouvrit alors qu'elle s’apprêtait à poser la main sur la poignée. Son père avait déjà fait le tour, ouvert à sa mère en premier lieu, puis à elle ensuite. Elle descendit donc simplement, lentement, pour regarder ce qui s'offrait à elle. Une grande maison, qui avait des airs de manoir, s’élevait devant elle comme une forteresse. Elle se sentit petite, misérable, mais se décida à ne pas trop y prêter attention, suivant de son pas résonnant sur les dalles de l'allée les pas singuliers de ses parents. Sa mère marchait du bout des pieds, souhaitant certainement ne pas rencontrer plus que nécessaire les dalles et ses chaussures à talons, pour ne pas se tordre la cheville. En remarquant ce léger détail, la petite ne pu s'empêcher de glisser un léger sourire moqueur à ses lèvres. Les adultes et leur science de l'apparence.

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Cela faisait quelques jours déjà qu'elle était revenue de ses vacances dans cette grande maison à moitié vide. Des gens bougeaient de droite à gauche devant, dans un parc de jeu auquel Kyrie n'avait jamais prêter réellement d'attention. En réalité, c'était simplement son bruit constant au matin qui l'agaçait alors qu'elle se posait près de sa fenêtre pour lire tranquillement. Revenir à la bonne vieille maison de campagne d'Ailly-sur-somme, avec ces lieux qu'elle connaissait par coeur, était pour elle un réel soulagement. Les vacances, ennuyeuses, étaient finies. Ce serait bientôt le retour à l'école. Pour les enfants normaux. Mais bien évidemment pas pour elle. Dans cette maison charmante, plantée au milieu d'un village peuplé principalement de personnes âgées, venait tout les jours de la semaine, ou presque, un précepteur qui enseignait tout son savoir à la jeune âme dévoreuse de connaissances. Elle mangeait un à un les ouvrages que cet homme posé lui donnait. En s'installant dans l'un des salons, côté à côté, l'élève et son instituteur démarrèrent la leçon quotidienne. Pourtant, le cours fut vite interrompu. Quelques minutes à peine après son départ.

- Mademoiselle ?
- Oui maître ?
- Où avez-vous été pendant les vacances ? Peut-être pourrions-nous écrire quelque chose dessus.
- Je refuse. C'est personnel. Pour une telle idée, ne m'en parlez pas à moi mais à mon père. Reprenons la leçon, maître.

C'était toujours plus ou moins ainsi. Le reste de la leçon se passa dans un silence funèbre. Lorsque le précepteur s'en alla, une soudaine fureur s'empara de la petite. Son corps entier se mit à bouillonner. Tout le cours durant, elle avait tenter d'apaiser sa main qui, au sang qui frappait à ses tempes, remuait comme si elle avait voulu écrire plus vite que ses pensées, en une écriture comme allégée et tremblante. Le stylo traversa la pièce, finissant par s'écraser contre un mur avant de chuter sur le sol. C'était irritant. Les précepteurs n'étaient jamais là pour communiquer leur savoir. Tous avaient tenter au moins une fois de soutirer des informations à la petite. Elle s'assit sur le rebord intérieur d'une fenêtre, profitant du fait de n'être qu'au rez de chaussé, prenant une grande bouffée d'air. Ses poumons se gonflaient, se dégonflaient, sa respiration redevenait régulière, son sang s'irriguait à nouveau normalement à travers ses veines. La colère. Elle détestait cette émotion. Elle qui habituellement était une enfant si posé à l'accoutumé... Elle descendit du rebord de la fenêtre, sortant du salon pour aller vagabonder un peu dans la maison, se poser ça et là, à ses envies, l'esprit encore dans le vague. C'état bien son habitude, d'être toujours un peu ailleurs, de se glisser dans ses pensées compliquées mais à leur façon mirifiques. Elle s'arrêta finalement de remuer dans sa chambre, se laissant tomber en arrière sur ses draps, comme au milieu de nuages amortissant sa chute pesante. L'horloge, une très vieille comtoise, appuyée contre le mur près de son bureau, jouait de son rythme las, ancien, comme fatiguée par le temps lui-même. Elle semblait en dehors des époques pourtant, dans son authenticité remise en question. Son tic tac nerveux se répandait comme avec un léger écho dans le silence de l'appartement assignée à la petite demoiselle. Ses yeux se fermèrent, avec lenteur, sur leur fatigue jusqu'alors dissimulée et camouflée par son traditionnel air désintéressé. Le sommeil la saisit brusquement, sans crier gare, et elle se laissa emporter par la divine étreinte de Morphée.

Elle avait l'impression de flotter dans les airs, au beau milieu des cieux, ses cheveux ondulant dans le vide autour d'elle, roulant encore sur eux-même. De grandes mousses blanches, semblables a de gigantesques barbe à papa lui faisaient face : des nuages. Une grande étendue bleue paressait au-dessus de sa tête, illuminée, lui faisant plisser les yeux à sa vue. Ce ciel qui s'offrait à elle tout entier ne pouvait pas être réel. Après tout, ce n'était pas normal de surplomber ainsi les nuages, de voler sans ailes et sans les mouvements frénétiques caractérisés des volatiles. Elle sourit légèrement, le coeur joyeux. C'était un délice qu'elle se permettait seulement dans ses songes, redevenant en eux l'enfant qu'elle n'était pas au temps de l'être pourtant. Elle s'accrochait à son existence paisible, à cette personnalité qui n'avait jamais été sincèrement la sienne. Elle s'accrochait désespérément, à l'aide de ses mains tremblantes ne saisissant jamais assez longtemps ce qu'elle souhaitait retenir du plus profond de son coeur. Elle avait déjà perdu de nombreux amis, de nombreuses personnes auxquelles elle tenait. Si elle avait un précepteur, c'était bien parce qu'elle était décrochée de la scolarité normale. Au près de ses parents elle avait prétendue s'ennuyer là-bas, avec son niveau supérieur à ses camarades. Mais en réalité, elle se sentait juste mise à l'écart. N'avaient pas été rares les fois où elle était rentrée à la maison couverte de bleus, le regard fixant droit devant elle, semblant totalement égale à ses blessures. En secret, des richesses de sa famille, de sa propre mentalité, elle se sentait distante de tout. La chute arriva, inévitable, imprévu, lui arrachant une plainte longue et aigu s'éternisant entre les nuages. Le ciel avait basculé, brusquement. Son bleu d'azur était devenu épais voir d'un bleu marine, sombre et moucheté de quelques étoiles éparses, répandues comme par enchantement sur toute sa place. La lune, au paroxysme de son hypocrisie, hissée sur le firmament comme un arc brandit, semblait se moquer d'elle, la toisant de la hauteur de sa présence. Non, c'était fini. Le beau rêve allait disparaître. Sa chute vertigineuse lui arracha un torrent de larmes inaltérable. Nombre de sillons salés glissaient sur la peau tendre de son visage, la rougissant, la détruisant peu à peu. Les étoiles tombèrent une à une, métaphore emportée de ses rêves abandonnés, de ses espoirs en lesquels elle ne souhaitait plus croire. Le monde entier était corrompu par sa propre existence. Et bien qu'en elle elle n'ai pu que l'expliquer avec des mots simples, elle le comprenait parfaitement. Ses yeux s'ouvrirent en grand dans le monde de la réalité, la sortant brutalement de son rêve. Ce qu'elle venait de voir pour se réveiller aussi précipitamment ? Quelque chose d'effrayant, beaucoup plus réaliste que les habituels monstres des cauchemars d'enfants. D'une svelte silhouette noire, à contre-jour, possédant des yeux luisants comme des lucioles. Oui, vous aurez deviner : un chat.

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- Kyrie ? Kyrie où es-tu ? Kyrieeee ? Ohohw, fais attention, je vais te trouver !

Sa respiration lui brûlait la gorge, roulant à l'intérieur de celle-ci avec une certaine vitesse furieuse. Oui, ce souffle sulfureux asséchait ses lèvres, l'obligeant un instant à passer la langue sur celles-ci pour les humidifées légèrement. Sa voix, pourtant toujours si clair bien que douce, ne sortait pas, sa gorge trop serrer par la soif. Ça lui était égal. Il ne fallait simplement pas qu'il l'attrape. C'était important. Elle sortit de sa cachette, courant de celle-ci à une autre, le coeur sur le point d'exploser tant il tambourinait contre sa cage d'os. Ses cheveux roulèrent dans l'air à ses mouvements précipités, désordonnés, brefs. Depuis plusieurs minutes déjà, il la poursuivait, l'alertant de sa présence généralement non lointaine à l'aide de sa voix portante, pour ne pas dire gueularde. Elle lança un regard noir sur l'endroit où elle savait qu'il était. Il ne tarderait pas a la trouver si elle ne bougeait pas. Elle se faufila encore entre les grandes étagères remplies de livres tout aussi vieux les uns que les autres. Heureusement pour elle, l'endroit était assez sombre, elle pouvait se déplacer entre les rayonnages sans vraiment avoir peur d'être attrapée. Pourtant, à un moment, dans sa précipitation, elle trébucha. Son corps fin, simplement recouvert d'une robe d'été blanche, s'étala sur le sol froid. Il la rattrapa alors, se reprochant de plus en plus alors qu'elle essayait de se relever comme elle le pouvait, un genou douloureux.

- Mince, ça va Kyrie ?, fit la voix qui avait changé de ton, passant du ton menaçant d'un prédateur au ton réconfortant d'un ami.
- Hum, oui, je vais bien.
- Tu es sûre ? Je crois que tu saignes.
- Non, c'est n'est qu'une égratignure.
- Allons allons, sois raisonnable. Rentrons te désinfecter cette petite blessure. Nous reprendrons le jeu plus tard, d'accord ?
- Entendu. Mais dans ce cas, nous en profiterons pour s'occuper aussi des tiennes.

De longs cheveux noirs, attachés en une fine queue de cheval sur un épaule. De grands yeux à la couleur singulière de la lavande. Les lèvres fines du jeune garçon s'étirèrent dans un sourire. Aujourd'hui, c'était l'anniversaire de Kyrie. Son 10 ème anniversaire. Et ce garçon avec lequel elle jouait avait été rencontré seulement quelques heures auparavant, lors de la réception donnée par les parents de la petite demoiselle. Tout deux s'ennuyaient à mourir au milieu de cette foule d'adultes ne cessant de leurs tirer les joues sont prétexte qu'ils étaient adorables. C'était les suppliciés. Et pourtant, cela ne semblait déranger personne, que la personne importante de l'événement soit bien la première à ne pas s'y amuser. Pour cela, même avec sa maturité avancée, la jeune demoiselle prit la poudre d'escampette, se faufilant habilement entre les invités, l'air de rien. C'était vraiment enfantin, irréfléchi, mais elle s'en moquait bien. Personne ne se rendit compte de sa fuite discrète, la petite réception à la maison se poursuivant. Elle se posa sur l'herbe du jardin derrière la maison et se mise à regarder le ciel. C'était lassant, en réalité, d'être toujours seule. Seulement, elle ne parvenait pas à sortir du mutisme qu'elle avait dès qu'elle rencontrait quelqu'un de son âge ou d'à peu près celui-ci. Elle sentait différente, réellement. Son corps entier se laissa tomber, lentement, lourdement, au milieu de l'herbe, ses cheveux venant dessiner de grands cercles entre les brins, de leur couleur rôsée. Ses yeux vairons fixèrent l'étendue qui déjà s'assombrissait. La réception durait depuis le matin tout juste levé et n'était pas prête de se finir. Elle avait donc tout son temps pour faire une pause dans ce bruit bourdonnant. Pourtant, son repos fut de courte durée. Rapidement, un bruit de chute se fit entendre, ainsi qu'un râle lourd et plaintif. Quelque chose, ou plutôt quelqu'un, venait de tomber d'un arbre devant elle, signifiant la limite entre le jardin et la continuité de celui-ci qui se fondait dans un petit bois appartenant à sa famille. Le petit être, tout de même plus grand et certainement aussi plus âgé qu'elle, se redressa, lui adressant un regard étonné puis confus. Un chat s'était roulé dans ses bras, tremblant presque, plantant ses griffes dans sa chair fine, laissant couler par endroits des filins écarlate. Kyrie, avec sa peur divine et insurmontable des félins préféra garder ses distances. Pourtant, elle devait lui venir en aide, dans son statut de fille de bonne famille, pour ne pas salir le nom de celle-ci. Elle se releva complètement et s'approcha du jeune garçon. Il était bien vêtu, de tissus presque précieux, ce devait être le fils de l'un des invités. Malgré cela, elle ne comprenait pas ce qu'il avait pu aller faire dans cet arbre. Au regard dubitatif qu'elle lui lançait, le jeune énergumène décida d’emboîter sa parole en répondant directement.

- C'est que... Heu... hum... Voyez-vous, ce chaton s'était coincé dans l'arbre, il n'était pas capable de redescendre..., bafouillait-il.
- Alors vous avez eu l'idée d'aller à sa rescousse ?
- Oui, exactement. Mais ce chenapan me lacère presque les chairs pour une si petite frayeur.
- Bien, je comprends mieux me semble t-il. Venez, que l'on aille désinfecter cela.
- Oh non non non, ne prenez pas cette peine ! J'ai deux chats au domaine, de véritables furies, je connais donc bien cette douleur-là, elle m'est égale.
- Mais cela pourrait s'infecter. Vraiment, s'il vous plait, venez avec moi.
- Hum, si cela peut vous rassurez, mademoiselle.

Finalement, ils n'allèrent jamais désinfecter ces légères blessures. Ils avaient discuter en bougeant dans la foule qu'il avait rejointe, cherchant à pouvoir atteindre l'un des salons calmes. En route, ils s'étaient même entendus sur le fait de se tutoyer. Après tout, le jeune garçon n'avait qu'un an de plus qu'elle, pour ce qu'elle apprit sur lui. Il était effectivement le fils d'un invité, le fil d'un des associés et vieil ami du père de la petite demoiselle. Arthur, Arthur Duroy. Elle se promettait de retenir ce nom, certaine qu'un pareil début d'amitié pourrait peut-être lui être utile dans le futur, lorsqu'elle reprendrait une partie des affaires familiales. Les deux fugitifs des festivités se glissèrent donc dans la bibliothèque, l'une des pièces les plus anciennes de la maison, remplie d'objets et de livres l'étant tout autant. C'était donc instant qu'ils avaient terminer a jouer tout deux à chat au milieu de cet endroit calme, parfois occupé par quelques de leurs paroles, brèves. Malgré cela, au final, oui, ils étaient tout deux bien amochés. Le jeune Arthur avait encore les griffures du chat aux bras et Kyrie venait tout juste de s'égratigner le genou. Quelle belle brochette d'imprudents. Ils durent cesser leur occupation, un sourire complice aux lèvres tout deux, fières et heureux d'avoir partager un moment si amusant ensemble, pour filer discrètement à l'une des salles de bains. Ici, personne ne les retrouverait directement, ils avaient le temps devant eux pour se soigner. Alors que le désinfectant en spray les picotait, ils ne pouvaient s'empêcher de rire de bon coeur, gagné soudainement par le contentement d'avoir fait une bêtise en secret. La partie moins drôle fut quand ils revinrent à la réception. Certes, tous les trouvaient adorables, à se tenir par la main, Arthur faisant les premiers pas et Kyrie le suivant presque timidement. Mais les parents n'étaient pas du même avis. Ils séparèrent leurs enfants, se demandant pardon entre eux pour leur tenue irresponsable. Après le départ de la plupart des invités restèrent encore un peu les membres de la famille Duroy, les parents d'Arthur et la soeur aînée de celui-ci, alors âgée de 15 années perdues dans sa robe trop ample pour elle, lui donnant une apparence ronde. Avant que les derniers compagnons ne partent, Arthur vint encore tenir la main de son amie, profitant que ses parents discutent encore un peu en s'étalant en remerciements.

- On remettra ça, hein ?, demanda t-il avec un léger sourire taquin.
- Pour sûr.

Kyrie, les joues rosies d'une joie qu'elle ne pouvait contenir, s'empressa de déposer un baiser affectueux sur la joue de son opposant. Une certaine amitié s'était tissée entre eux. Ils s'étaient reconnu l'un l'autre, dans leur monde sans couleurs, décidant d'un commun accord de sortir leurs crayons pour le repeindre comme un nouvel arc-en-ciel. Leur solitude partagée, de ces moments où ils ne se connaissaient pas encore, leur semblait avoir disparue. Ils s'appréciaient, se plaisaient, dans les jeux de bonne et franche enfance qu'ils avaient fait ensemble. Connaissances, amis, par la suite amants. Leurs parents devaient l'avoir deviner, aux regards tendres qu'ils leur jetaient lorsqu'ils se retrouvaient enfin. Les mois passaient, avec si peu d'occasions pour eux de se revoir. Pourtant, dans ces moments, dans ces toujours intenses retrouvailles, ni l'un ni l'autre ne s'empressait en paroles, se lançant simplement dans une course dans l'herbe, mêlant leurs rires aux chants des oiseaux témoins de la naissance de leur amour chaste. C'était ainsi. Ils grandissaient, lentement, côté-à-côté, entremêlant les doigts de leurs mains dans les moments de peines ou de difficultés. Et, de ces moments-là, bien malheureusement ils en traversèrent. Tout d'abord, la mère d'Arthur, Andréa, mourut d'un tragique accident de voiture provoqué par son chauffeur, un homme que tous pensait calme et respectable. Un homme qui avait aussi reçu une "respectable" somme d'argent pour cette action. La suite ne fut pas mieux. Clément Duroy commença a tomber dans une dépression sans nul égal, détruit par la perte de sa femme, ne parvenant pas à se pardonner de n'avoir pas partager son chauffeur, le sien étant un homme dont on ne doutait absolument pas, au service de la famille depuis longtemps, avec elle et de l'avoir par conséquent laisser à portée de main de vils personnes. Sa déprime se changea en rage, en fureur, il fut décrit "instable" par le médecin le suivant. Il brisait des objets, les lançant de toute sa force. Il dépérissait, dans ce monde duquel l'on avait ôter son rayon de soleil, une nuit interminable débutant. Arthur, qui avait toujours été un enfant très sensible, devint fragile à son tour. Lorsque la situation se calma, que de nouveau le pour peu raisonnable Clément Duroy reprit ses esprits, Kyrie en fut rassurée. Arthur, lui, restait septique, peu confiant. Trois ans s'écoulèrent ainsi, variant entre joies et peines, soutiens et coup-bas. Trois ans, en somme, mit à part le décès de miss Duroy, plutôt normaux. Kyrie, qui aimait tant lire, s'attacha encore plus à sa passion, se privant parfois de tout contact pendant une journée pour pouvoir lire dans son calme, fermée dans un mutisme qui, même s'il n'était pas totalement inhabituel, étonnait encore les gens. L'on félicitait énormément son père, Félix Rocheliodel, de l'éducation irréprochable de sa fille unique. En le remarquant, la jeune fille se referma encore un peu plus sur elle-même, mal dans sa peau, se questionnant sur son caractère, s'intriguant, se demandant si elle avait toujours été ainsi, si elle se serait sentie plus heureusement en agissant autrement. Finalement, Kyrie aurait peut-être du un peu plus profiter de ces trois années de paix, de sérénité. En profiter autrement qu'en se plantant entre les plages ou en remplissant sa tête de questions rhétoriques. Parce qu'après cela, les cinq prochaines années allaient être bien difficiles.

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Ses valises étaient prêtes. Toutes entassées au pied de la voiture, en attente d'être charger par le chauffeur dans le coffre. Elle se sentait vide. Déconfite, défaite. Quelque chose en elle venait de voler en éclats, tranchant sa peau de l'intérieur, glissant dans sa bouche un goût amer. Les parois de sa gorge s'étaient resserrées, collées, plaquées, immobilisées. Son père lui avait parler. Un long moment. Trop long pour ne pas être suspect d'ailleurs. Finalement, la discussion s'était achevée sans que la jeune demoiselle, à peine âgée de 13 ans, ne s'en rende compte. Elle n'était pas capable de se souvenir avec précision de ce que son géniteur avait dit, et pourtant elle était certaine d'avoir bien entendu tout les mots, d'avoir tout suivit du début à la fin. Des inepties, en réalité. Probablement pour ça qu'elle ne s'en souvenait que vaguement, dans de grandes et vagues lignes, comme un souvenir que l'on ressasse sans cesse pour se le rappeler toujours mais qui au file du temps diminuera progressivement sa durée, jusqu'à n'être plus rien. Ses pensées tournaient dans sa tête, y retentissant comme le bruit trop souvent final d'une balle quittant son canon. Le chauffeur, en remarquant sa présence, s'empressa d'aller lui ouvrir la portière. Elle se glissa à l'intérieur de la voiture noire et s'y assise, laissant l'homme refermer la portière derrière elle. Ses yeux se rivèrent automatiquement vers la maison qu'elle allait quitter. Cette maison dans laquelle elle avait grandit. Cette maison qui était une part d'elle, en un sens. Oui, c'était vraiment impressionnant. Vraiment effrayant, aussi. Le chauffeur chargea le coffre, rapidement, habitué à son métier, pour ce que l'on voyait de lui, avant de rejoindre son siège dans le léger claquement de sa portière à l'avant gauche. Le léger vrombissement de la voiture l'alerta. Elle monta légèrement les mains vers la vitre, les rabaissant pourtant rapidement. Sa mère, au palier, la regardait, l'air désolé, semblant si souffrante de voir sa si jeune fille quitter le cocon familiale. Son père, quand à lui, la tenait par l'épaule d'une main. Il ne le fit pas plus d'une minute, finissant par s'en aller, rentrer au logis, de son dos droit qui s'éloignait Kyrie su qu'il ne se retournerait pas. Le chauffer demanda s'il pouvait démarrer. Kyrie hocha faiblement la tête. Le véhicule vrombit un peu plus fort puis démarra lentement. Ses yeux restaient figés sur sa mère et son père, sans qu'elle ne sache pourquoi. Elle se sentait seule. Trop seule. Certainement voulait-elle remplir ses yeux d'images d'eux, pour les garder encore un peu avec elle. Elle réalisait, trop tard évidemment, qu'elle s'était faite à leur présence. Ils ne se parlaient pas souvent, voir très rarement, mais vivaient sous le même toit, se croisant assez souvent par hasard, provoqué ou non. Désormais, elle ne les croiserait plus. C'était terminé. Pourtant, un dernier regard lui donna l'impression que son père avait tourner la tête vers elle, ne serait-ce qu'un instant. Le chauffeur demanda à allumer la radio. Kyrie hocha encore légèrement la tête. Les musiques qui parvenaient à ses oreilles étaient toutes anglaises. Agacée, légèrement, elle priait dès qu'elle le remarquait son employé de changer de station et de chercher quelque chose de français. De l'anglais, elle allait en entendre pendant longtemps. Son dos se posa entièrement contre son dossier, sa tête se redressant légèrement alors que ses yeux se fermaient. Elle n'en était pas certainement mais, oui, elle avait cru voir son père la regarder un instant s'en aller. Un soupir s'enfuit d'entre ses lèvres alors qu'elle finissait par se mordre celle inférieure. Ses mains froissèrent le tissu de sa robe, glissant ses fins doigts entre les plis de celui-ci. Une goutte. Deux gouttes. Quelques unes encore tombèrent sur le dos de ses mains alors qu'elle s'était penchée, le dos voûté vers le haut, se sentant le coeur chaviré. C'était bête, affreusement bête. Quoi donc ? A cet instant précis, elle songeait au fait de n'avoir jamais dit un seul mot de tendresse ou d'amour à son père.

La route vers l'aéroport se lançait là, dans cette voiture noire coûteuse. Sa nouvelle vie débutait. La vie dont tous lui avait parler, dont son père et ses parents eux-même lui avaient vanter les mérites et les utilités. Elle savait parfaitement où elle allait. Et c'était bien ça qui l'inquiétait. Elle aurait certainement, au fond d'elle, même irrationnellement, voulu ne pas savoir qu'elle se laissait conduire, sans un mot de plaindre, dans ce qui pourrait à tout instant se révéler être un géant abattoir. Son coeur se mit à battre plus vite dans sa poitrine. Peut-être devait-elle faire quelque chose. Peut-être. Et si oui, quoi donc ? Elle s'était "engagée" là-dedans, auprès de sa famille. Elle ne pouvait pas reculer. Elle s'enfonça un peu plus dans son siège, cherchant à disparaître dans celui-ci. C'était supplicier, véritablement. La jeune fille sentait son sang lui battre au tempe, sa température corporelle monter légèrement, quelques gouttes de sueur perlant sur son front. Elle avait du mal à avaler sa salive, sentant que ses mains elles aussi s'abandonnaient à un début de panique, tremblant furieusement. Ce n'était ni le lieu ni l'heure pour s'adonner à faire une crise d'angoisse. Elle prit de grandes respirations, calmes, se vidant l'esprit. Kyrie, pour sa propre sûreté, décida de ne plus penser à l'endroit dans lequel elle allait, regardant simplement la route, évitant judicieusement de jeter le regard sur les panneaux.

- Oui ?

Son téléphone dans son sac s'était mit à vibrer. Immédiatement, elle avait décrocher, pensant que ce pouvait être sa mère lui indiquant qu'elle avait oublié quelque chose, ou juste pour entendre le son de sa voix. Elle ne se l'avouait pas, mais elle avait aussi le désir irrépressible que ce soit son père, à l'autre bout du fil pour lui demander de rentrer à la maison. Pour elle, ce fut une grande déprime lorsqu'elle reconnu la voix d'Arthur. Parce que le départ de la demoiselle avait été prévu depuis plusieurs mois déjà, elle avait largement eu le temps de mettre un terme à la relation qu'elle avait eux avec ce dernier. Malheureusement, depuis, ils ne parvenaient plus à se parler comme avant, coeur à coeur, s'ouvrant l'un à l'autre dans une confiance mutuelle sérénissime. Ce n'était vraiment plus comme ça. Ainsi, elle ne pu pas s'empêcher de s'inquiéter légèrement, songeant au fait que probablement cette conversation téléphonique se finirait en dispute basse, les pics se lançant sans heurts ni cris.

- Arthur, je te demande pardon mais je suis sur la route pour l'aéroport, je risque de ne plus t'entendre si je passe dans un tunnel. Il serait peut-être préférable que je t'appelle une fois arrivée à destination, me trompe-je ?
- Kyrie, il faut vraiment que je te parle. Je veux dire, maintenant. Tu ne dois pas aller là-bas. Si tu restes en France, il n'y aura aucun problème. Tu sais, nous pourrions nous scolarisé dans le même collège, rentrer un peu dans le rang !
- Je ne peux pas.
- Pardon ?
- Je ne peux pas. J'ai un engagement envers ma famille. Mon père et mes grands-parents comptent beaucoup sur moi. Aller là-bas, moi qui suis de France, renforcera la sympathie des contacts anglais de la famille.
- Mais, tu n'as pas entendu parler de-
- Si, bien sûr que si. Je ne suis pas ignorante au point de ne pas savoir où je vais. Vraiment, tu n'as pas a t'inquiéter, Arthur. Tu devrais plutôt t'intéresser à tes propres affaires. Je sais que ton père a besoin de soutien, que tu ferais aussi certainement mieux d'aller voir un spécialiste, pour en parler et te sentir mieux à propre de ce "tu-sais-quoi" que nous évitons depuis un moment. Moi, je dois jouer mon rôle, je ne suis réellement utile qu'à ça.
- Te rends compte de la manière dont tu parles de toi-même...?

Un long silence du lui faire réponse. Puis de légères sonorités qui avaient du le rendre fou. Kyrie venait de raccrocher au nez de son ami. Elle ne voulait pas l'entendre dire ça. Elle savait parfaitement qu'elle n'avait pas réellement de raison de penser aux autres et non à elle, que cela lui aurait certainement été positif d'être pour une fois égoïste et capricieuse. Seulement, elle ne pouvait vraiment pas se sortir du joug invisible de son père, serré d'une visse jusqu'à ce que celle-ci se retrouve sous le niveau visible du matériaux. Elle avait, comme aux mariages, passer son tour. Désormais elle devait se " taire à jamais ". Elle ne l'aimait pas du tout, c'était bien clair, cet endroit dont elle avait entendu parler si souvent, et si rarement en bien. Mais c'était son "rôle". Oui, elle devait l'accepter comme tel. Peut-être qu'ainsi elle aurait la force d'avancer, pour renforcer les contacts de sa famille, pour rendre fier son père.

{ La suite au second post. }

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Dernière édition par Kyrie L. Rocheliodel le Dim 9 Fév - 11:12, édité 13 fois
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MessageSujet: Second post - End of the story.    Dim 26 Mai - 11:34

Once upon a time - The end.




    Un an s'était écoulé. Kyrie était désormais une élève de la Keyshawn Academy à part entière. Elle avait apprit à rester seule, sage, participant aux cours avec une intelligence tout à fait remarquable. Dans le noir, dans le secret, derrière cette apparente réussite, se cachait une décadence d'elle-même. Ses yeux souhaitaient lancer des regards torves, belliqueux, et ce à quiconque venait vers elle. Pourtant, elle en avait assez, marre, de ce silence l'entourant. Les jours se suivaient, éternellement, comme s'ils étaient toujours les mêmes, répétés à l'infini, la lassant et l'usant de leur routine comme une roche aurait été érodée par les pluies et les coups violents des flots. C'est alors qu'elle fit sa rencontre. Une rencontre marquante, inévitable, comme le fruit du destin. Il était tombé dans une fontaine, poussé par de jeunes rebelles qu'il semblait avoir contrariés très fortement. Les prédateurs miniatures s'en allèrent bien vite, ne trouvant pas suffisamment amusant le spectacle de le voir chercher à tâtons, entre les cercles de l'eau, dans le fond de la décoration splendide, sa paire de lunette. Peut-être prise de pitié à cet instant, Kyrie avait légèrement soulever les pans de sa robe, avait grimper dans la fontaine et aidait alors le jeune homme a retrouver son bien. Lorsqu'il entendit que l'on entrait dans l'eau, il leva la tête, ses yeux noisettes se posant vaguement sur sa nouveau compagnie. En apercevant derrière l'homme quelque chose de différent du fond de la fontaine, elle se rapprocha légèrement de lui, non pas sans le faire rougir, pour attraper la paire de lunette et la lui tendre. Elle en sembla vaguement étonnée mais n'en tint pas compte plus longtemps et s'extirpa du lieu pour tendre la main à son opposant. Il la saisit, collant sa peau mouillée contre celle de la demoiselle. Leurs regards se croisèrent encore, rapidement, avant que tout deux ne se mettent à regarder le sol, se sentant probablement tout deux bien idiots. Il l'invita à aller se sécher chez lui. Prise au dépourvu, elle accepta. Une rencontre stupide, banale, simplement impensable. Dans l'appartement du jeune homme ils discutèrent longtemps autour d'un thé dont la vapeur enchanta l'adolescente. - Dis-moi, tu étudies à Keyshawn, c'est bien ça ? Tu as l'air d'être encore dans l'âge de se cultiver avec courage.- Effectivement, j'étudie actuellement là-bas.- Alors toi aussi tu es un peu "particulière" ?, demanda t-il, accompagnant sa voix basse et charmante d'un sourire taquin. - Hum, comme tout un chacun, n'est-ce pas ?Flairant une affaire peu nette, elle choisit de se retirer, remerciement pour le thé, qu'en réalité elle n'avait pas bu ne serait-ce que d'une gorgée, par prudence, comme le lui avait apprit son père, et la serviette qui lui avait permit de sécher en grande partie ses vêtements. Il voulu la raccompagner mais elle refusa avec une fermeté polie et disposa, se mettant d'elle-même sur le chemin du retour vers l'académie récupérer ses affaires de cours. Une fois couchée, elle ne pu s'empêcher de repenser à la rencontre de quelques heures auparavant. Il était intriguant... Ses courts cheveux blonds, d'un éclat digne du soleil, semblaient d'une douceur presque trop féminine. Même détrempés par l'eau, ils brillaient, se suffisant alors à s'être légèrement assombris. Et son corps fin, svelte, un corps agréable à regarder, pour sûr, aux muscles noueux sans être trop prononcés. Son visage en  lui-même était simple, détenteur d'une mâchoire presque carrée sans que cela ne choque. Et ses yeux, ses yeux noisettes, que l'on aurait bien pu croire capable de percer une personne d'un simple regard. Elle-même, sans le dire ou se l'avouer, c'était sentie un peu désarçonnée face à ce jeune homme.  Ses yeux s'ouvrirent en grands, fixant le plafond. Elle se dégouttait. A son âge, capable de presque fantasmer sur un homme rencontrer qu'une seule fois, qui semblait qui était est être plus vieux qu'elle de quelques années qui rendaient les choses encore plus déraisonnables, honteuses et gênantes. Il avait parler d'elle comme d'un être particulier, elle s'était effaroucher. Elle ne pouvait pas savoir s'il était étudiant à l'académie, comme elle, ou s'il était des autres catégories, pour toutes plus ou moins dangereuses. Il pouvait être un scientifique, ceux dont elle devait se méfier le plus certainement depuis que ce don était apparu en elle, ou alors peut-être un surveillant ou un professeur. Dans sa tête la dernière idée lui déplaisait fortement. Peut-être était-il de ces gangs, ou de "ce" gang, dont on entendait parler quelques fois dans les couloirs, des noms que l'on ne prononçaient qu'à voix murmurante, en messe basse, et ce généralement comme sous le nez du curé. Elle soupira, aussi bien ennuyée qu'intriguée. C'était vrai, alors. Eros était toujours plus ou moins proche de Thanatos. Quelle grâce, quelle élégance, à cette présence tendre que l'on pouvait soupçonner de tout, tout étant imaginable ici. Le lendemain matin, au réveil, elle fut surprise très vivement. Parce quelque chose qui lui arrivait de temps à autre. Elle avait bouger tout le long du temps de l'astre du soir, cauchemardant, incapable de se sortir de ses affres métaphorisées. Autant dire qu'en elle toutes les émotions se mêlaient, se nouaient, s'unissaient. En nage, elle se redressa au milieu de ses draps, rejetant ses cheveux collants dans son dos, ayant bien du mal à respirer convenablement. Lorsqu'elle posa la main sur le réveil qui sonnait encore, elle sursauta. Son coeur venait de rater un battement. Ou peut-être deux. Une sorte de flash, une ellipse soudaine, floue comme une vitre couverte de buée, se montra à elle. Ses grands yeux vairons se détachèrent très vite de cette image qu'elle ne parvint pas à décrire, même pour elle-même, et se fermèrent. Elle avait remonter sa main, l'avait prise dans l'autre, le coeur au galop. Pas de temps à perdre pour elle, elle s'empressa de se préparer et d'aller en cours. Ce fut vite fait, avec son expérience à se vêtir extrêmement vite, quand des invités se trompaient de pièce dans son ancienne maison en France. Un soupire las. Ses pas se suivaient, les uns après les autres, lents et silencieux, dans l'agitation des couloirs, quelques des ses manuels tenus dans ses bras repliés contre sa poitrine. Son esprit vagabondait toujours vers cet inconnu qu'elle avait croisé, dans son hasard peu ou peut-être assez chanceux. Une grande agitation, des bousculades, l'éveillèrent au monde l'entourant. Quelque chose n'allait pas. Les couloirs avaient toujours été aussi bondés de monde, mais il y avait toujours un certain respect des gens entre eux. Peuit-être parce qu'il était possible qu'à n'importe quel moment, en marchant sur le pied de quelqu'un, ce dit quelqu'un vous flambe les cheveux dans une horrible horreur de cochon brûlé. Peut-être y avait-il une raison à cette agitation ? De sa petite taille, elle se faufila au milieu de la foule,  devinant que celle-ci semblait intéressée par l'extérieur. Qu'y avait-il ? Il pleuvait ? Oui, à verse. Mais ce n'était pas réellement qui avait attirée la foule. Une voiture noire, d'un modèle que Kyrie ne reconnu pas, avec son peu de passion pour l'automobile, était garée devant l'établissement. Une silhouette, grande et assez fine, se dessinait du côté presque impossible à voir de la machine roulante. Une masse de cheveux blonds, coupés courts... Elle sursauta. Ça ne pouvait pas être lui. Que pouvait-il bien faire là ?! Elle sentit que son coeur avait raté un battement, qu'il grimpait déjà dans sa poitrine. Elle se sentait gênée. Non pas qu'en elle, elle eut la prétention de se dire qu'il était là pour elle, mais plutôt simplement parce que quelqu'un qu'elle connaissait était là, au perron. Elle glissa encore au milieu du beau monde, regardant un peu cette attroupement, jetant des regards furtifs et successifs de tout côtés. Une fois devant cet être qui lui jetait un regard étrange, elle ne pu que s'en vouloir d'être aller vers lui. Il la dévisagea, la détaillant d'un regard bref des pieds à la tête. Puis ce fut un grand sourire qui étira ses lèvres. - Oh, la sirène de la fontaine !, s'écria t-il tout à coup en faisant le tour de la voiture pour venir près d'elle. - Je vous demande pardon...? Enfin, peu importe la raison de votre venu. Je suis convaincue que vous attendez certainement quelqu'un, et je ne suis pas là de ce fait pour vous faire lever le camp, mais au vue de l'agitation, de la cohue si je puis dire, que vous provoquez auprès des élèves, il serait certainement préférable que vous laissiez votre voiture un peu de côté, elle est très voyante. - Oh, je vais la déplacer, ce n'est pas un problème, la personne que j'attendais est arrivée. Kyrie, surprise, détourna la tête, regardant les alentours. Personne n'osait approcher. Tout le monde restait attroupé quelques dizaines de mètres en arrière. Il devait avoir une vraiment bonne vue, si la personne qu'il attendait n'était pas sur le premier rang. Enfin, peu lui importait, en réalité, c'était là une simple observation. Elle tourna les talons, libérant l'une de ses mains pour faire un vague signe. Pourtant, des bruits de pas se précipitèrent jusqu'à elle et son poignet fut rapidement attrapé alors que le blond la regardait avec son habituel sourire. Habituel ? Bah, elle s'y faisait. - Désolée, je t'emmène.- Pardon ?Et elle fut emmenée. Un kidnapping ? Techniquement, c'était un peu le terme, oui. Pourtant, il ne la força a rien. Il la tirait juste légèrement par le poignet à droite à gauche, l'emmenant dans des recoins de la ville qu'elle ne connaissait pas, dont elle ignorait jusqu'à l'existence. De temps à autres, un rapide sourire se glissait sur les lèvres de la jeune fille. C'était assez amusant. Pourtant, elle savait pertinemment qu'elle était en train de rater ses cours, qu'elle séchait. Peut-être était-ce aussi cela qui lui donnait à rire ? Elle avait le coeur qui palpitait, les yeux qui battaient des cils, se sentait légère et joyeuse. Oui, elle aimait bien ça. La soirée débuta, il la raccompagna et, en la laissant, prit une poignée de ses mèches de cheveux pour feindre de les embrasser. Elle sentit un rouge fulgurant gagné ses joues et s'empressa d'accélérer son pas, serrant encore ses livres contre elle, ces mêmes livres qu'elle avait trimbalés avec elle toute la journée. Il revint le lendemain. Puis le sur-lendemain. Ennuyée, finalement, de louper de ses cours, la demoiselle lui demanda de ne plus venir lorsqu'elle devait étudier. Elle ne se rendit probablement pas compte qu'elle ne lui interdisait pas non plus de revenir.  A moins qu'elle n'en ai eu pas envie. Oui, après tout, peut-être voulait-elle qu'il revienne. Lui, s'absenta toute une journée. Journée pendant laquelle, étrangement, Kyrie ne pu s'empêcher de passer son temps à regarder l'extérieur par une fenêtre. Le jour suivant, il vint la chercher à la fin de ses cours, alors qu'elle soupirait de lassitude, ennuyée de son ennui en lui-même, agacée d'être agacée, ruminant seule. En le voyant, au loin, près de sa voiture noire, elle ne pu se retenir de sourire et d'accourir à ses côtés. Une certaine amitié s'était liée entre eux deux. Alors même qu'ils ignoraient tout l'un de l'autre. Ils passaient de longues heures ensemble, à marcher sans but réel, à parler de tout et de rien. Leurs avis n'étaient que très rarement les mêmes, et pourtant ils ne se disputaient pas pour autant, assez ouverts d'esprits tout deux pour chercher à comprendre l’opinion de l'autre. Il était toujours, à côté de cela, capable de la surprendre. Parfois, alors qu'il faisait froid, il filait acheter une glace. Et, à la chaleur, il prenait une gaufre ou un beignet chaud. Devant cette étrangeté, Kyrie souriait encore légèrement, retenant son rire, fiché au fond de sa gorge, roulant dans son air, soulevant son coeur par a coups dans des soupirs d'aise. -----------------------------------------------------------------------------------------------La troisième année arrivait à sa fin. Elle touchait du bout des doigts les vacances, s’imprégnant même dans l'établissement d'un air aussi bien épuisé qu'amusé. Tout le monde traînait la patte. Et pourtant, une certaine bonne humeur régnait. Probablement parce que le temps du repos se rapprochait lentement. Kyrie, elle, se sentait la vague à l'âme. Le jeune homme avec lequel elle s'était sentie amie l'avait trompée, abusée. Elle lui avait confier une part de sa joie, s'était parfois mise à lui parler, dans les moments de silence, de paroles venant du fond de son coeur, de paroles sincères. Pourtant, lui, derrière son sourire illusoire, cachait le plus lourd des secrets, un mensonge qu'elle ne pouvait pas pardonner. Ses yeux se rivèrent vers le ciel, par la fenêtre dans la salle de classe, le vent soulevant d'un coup fortement ses cheveux rosés. Comment avait-elle pu se laisser faire de la sorte ? Elle se maudissait, se haïssait, se critiquait à l'intérieur d'elle pour cette naïveté, cette légèreté d'âme qui l'avait agitée un si long moment. Elle était l'unique responsable de sa douleur... Pourtant, elle ne voulait pas l'assumer. Pour la première fois de sa vie, elle fuyait la réalité derrière un voir opaque de pensées controversées et anarchiques. Tout se battait dans son esprit. Un soupir entre-ouvrit ses fines lèvres encore humides de l'eau qu'elle avait bu quelques minutes auparavant, pendant la pause déjeuner, sans quitter les environs de l'établissement. Ses souvenirs revenaient, affluaient. Et son coeur pour cela se serrait en elle, prit dans son étau, prit dans un fourreau comme une épée. Il ne sortirait plus. Elle ne pouvait pas se le promettre. Mais elle le souhaitait, fortement, par peur d'être blessée à nouveau. - Je suis désolé... Je ne suis pas la personne que tu dois penser que je suis...- Je ne pense rien de vous, alors cela risque d'être assez difficile.  - Je ne suis pas une bonne personne. Et je pourrais certainement même te faire du mal.- Que voulez-vous dire par là ?- Je suis un scientifique. Et pour la sécurité des activités que moi et mes confrères tenons, j'ai été chargé de te tenir à distance, pour éviter que ton pouvoir ne cause des problèmes, pour éviter que tout ne tombe en ruines. - C'est ridicule... Ne dites pas de pareilles bêtises, ce genre de blagues ne m'a jamais amuser.- Je te demande pardon... Je dois partir, et ce loin, avant que l'on ne me châtie pour t'avoir tant apprécier. - Mais...!Il était parti. Probablement à tout jamais. Ces heures, ces jours, ces moments qu'ils avaient passés ensemble... n'étaient que des mensonges. Quelque part, elle ne pouvait pas lui en vouloir. Il avait fait son travail. Elle aurait certainement fait pareil à sa place. Non, c'était là bien des balivernes. Elle ne pensait pas ça du tout. Quelque chose bouillonnait à l'intérieur d'elle. Elle ne comprenait pas pourquoi ni comment il avait pu faire ça. Tout avait été prévu, alors ? Même leur rencontre à la fontaine ? Elle l'ignorait, mais à partir de cet instant, toutes les hypothèses étaient possibles. Son coeur se secouait de spasmes, boitant comme un être à la cheville cassée, vacillant comme un oiseau qui, dans les cieux, se serait prit une balle dans l'aile. Elle souffrait. Affreusement. Ses yeux se chargèrent de lourdes larmes, celles-ci venant à rouler sur ses joues, ne laissant derrière elles que des sillons salés. C'était la fin. Tout avait prit fin là. En partant, il ne lui avait pas adresser le moindre regard. Elle en avait rêver,  elle l'avait désiré, ce regard qui n'était finalement jamais venu. C'était ça, alors, que d'aimer ne serait-ce qu'un temps, soit peu. Elle se laissa glisser contre sa table, ses longs cheveux formant des cercles sur celle-ci. Il n'y avait plus personne dans la classe. Elle s'en moquait. Elle aimait, dans ces moments de calme, se poser sur sa table, regarder le ciel, observer le silence. Personne ne la voyait, elle et ses yeux vairons, se laisser glisser à la tristesse. Ses paupières descendirent, fermant son regard mystérieux sur ses dernières larmes. Ça piquait. Là encore, elle s'en moquait. Elle préférait cela à ne plus rien ressentir du tout. Pendant encore quelques minutes, elle resta là, le vague encore dans l'esprit, débordée et chavirée de souvenirs. - Tu as le plus beau regard que je n'ai jamais vu. On pourrait s'y perdre. Se perdre dans deux univers à la fois. Dans la sérénité et l'agitation qui règnent toutes deux en toi. Dans ces mondes que j'aime tant, dans ce "toi" que j'aime tant.Quel mensonge. S'il avait vraiment aimer, il serait rester. Hors, il n'était plus là. Et la routine des jours avaient reprise. Depuis plusieurs mois déjà. Son corps tout entier fut prit de secousses, des soubresauts. Elle pleura. Comme  un enfant abandonné dans une forêt, sans nul repaire. Oui, elle pleura. Depuis les années où elle s'était retenue... Peut-être que quelqu'un l'avait vue. Elle avait cru entendre un bruit de pas, rapide, s'éloigner, lorsqu'elle avait redresser légèrement la tête et ouvert les yeux. Ce n'était pas important. Elle se moquait, à cet instant précis, de l'avis du monde. Elle voulait revenir en arrière. Elle voulait revenir à ces moments paisibles où sa vie s'écoulait encore comme un fleuve tranquille. A ces moments où elle pouvait encore sourire de petites choses, avec ses yeux chastes, ses yeux innocents, ses yeux n'ayant jamais versées de réelles larmes. Elle se sentait comme fondre de l'intérieur, comme si, tel un liquide, elle allait dégouliner toute entière sur le bureau. Elle se lamentait, oui, mais le temps ne s'arrêtait pas pour autant. Une voix aigue, fine, l'appela. Elle la reconnu de suite. L'une de ses camarades de classe, une bien sympathique fille, une de celles qui l'avaient soutenue vaguement lorsqu'elle avait été malade plusieurs jours, probablement parce qu'elles étaient toutes plus ou moins intriguées par cette fille toujours première de sa classe, par cette fille qui ne parlait jamais, par la Kyrie dont on parlait quelques fois, au beau milieu d'un couloir. -----------------------------------------------------------------------------------------------Elle s'étira, lassée. Ses draps la recouvraient, la protégeant, lui donnant une chaleur qu'elle ne voulait pas quitter, certaine que celle-ci lui ferait cruellement défaut dehors. Pourtant, elle devait bien se lever. Elle bailla, légèrement, sans prendre la peine de placer avec son habituelle élégance sa main fine au devant de sa bouche, se sachant seule. En se redressant, ses cheveux glissèrent contre les draps, se perdant au bas de son dos dans un amas de filins roses en presque surnombre. D'un côté, ces matins simples avaient leur charme. Ses yeux vagabondèrent dans la pièce avant qu'un soupir posé ne lui fasse prendre la première grande bouffée d'air de la matinée. L'air frais, passant par sa fenêtre entre-ouverte, caressait son visage, la rafraîchissant, apportant à sa peau blanche un teint de pêche, de ces teints de bonne enfant. Elle n'était plus à l'académie, désormais elle était une citoyenne comme tant d'autres, une jeune femme accomplie, douée dans les arts de la maison, prenant soin d'elle-même. Elle avait décidé d'elle-même d'arrêter d'étudier à la KeyShwan après 5 ans dans son sein, fatiguée de son silence, satisfaite d'avoir passée là-bas l'équivalent plus ou moins lointain d'un bac. Bien évidemment, c'était après cela que les choses s'étaient vraiment corsées. Parce que, qui dit plus de scolarité au pensionnat dit besoin d'un logement et, qui dit besoin d'un logement dit besoin d'un revenu. Kyrie avait donc donc appeler son père, discuter assez longuement avec lui, sans la moindre félicitation pour son bon travail, sans la moindre tendresse. Elle ignora, simplement, préférant ne pas raconter, dans l'histoire de sa petite vie à KeyShawn le passage bref du scientifique. A l'issue de cette entretient téléphonique résulta que le père cessa à la fille une librairie, assez vieille, qui n'avait pas ré-ouverte depuis plusieurs mois déjà. Pour mériter un tel lieu, qu'il l'accompagne dans le re-lancement de ses activités, il obligea la jeune femme a débarrasser le lieu, à l'organiser, à promettre de se charger des factures, à devenir indépendante, en soi.  Elle promit donc. A la fin de l'appel, Kyrie soupira. Elle n'avait toujours pas de logement. Si, elle avait bien ce petit studio qu'elle louait pour une bouchée de pain, pour lequel elle faisait quelques travaux par-ci par-là, mais rien de confortable, rien qui ne puisse être durable. Quelques minutes après la fin de l'appel, le téléphone se mit à sonner à nouveau. Sursautant presque à cet inattendu, elle l'ouvrit et décrocha, écoutant avec un léger sourire la voix de son père qui cherchait ses mots, comme de lui-même gêné du rapprochement qu'il allait faire. - Oui, donc, qu'y a t-il ?- Ta mère tenait.. Hum... Nous tenions, ta mère et moi, à te féliciter pour ton sérieux et ton bon travail. Les quelques de nos contacts que tu as croisé à l'académie, ou leurs progéniture, se disent tous ravis de t'avoir rencontrée. De ce fait, en présent, pour que tu ne deviennes pas fainéante mais pas non plus défaite de courage, je réglerais quelques papiers dans la journée, avec ta mère, pour que tu puisses emménager au plus vite dans l'appartement au-dessus de la librairie. C'est assez petit, et il me semble me souvenir que parfois l'électricité est un peu défaillante, mais c'est un agréable endroit pour vivre. Bien... hum... Eh bien je te laisse... Ta mère t'embrasse ! Quelques dernières paroles, des "au revoir", puis l'appel fut à nouveau coupé. Un grand sourire s'était glissé sur les lèvres de la demoiselle. Elle avait son appartement. Oui, elle s'en souvenait encore, de ses yeux balayant l'espace de sa chambre agréable. Elle s'était mise d'arrache-pied à construire et reconstruire la librairie, se fatiguant grandement à changer quelque peu l'emplacement de certaines petites choses. Pourtant, fondamentalement, l'endroit ne changea pas. Au fond d'elle elle avait envie que les gens qui avant étaient venus ici puissent y retrouver quelques petits repaires, que le lieu reste le même. Elle engagea ensuite du personnel, des assistants et assistantes, lorsque l'affaire fut entièrement renouvelée, remise sur ses pieds. C'était donc dans cette environnement qu'elle pouvait travailler, le coeur en joie. Elle sentait toujours, quand elle descendait à la librairie, cette odeur des vieux livres qui l'enivrait. Elle était dans son univers. Et c'était sa plus grande joie. D'autant plus qu'elle n'avait pas de tenue de travail, qu'elle était un peu comme son propre chef, qu'elle pouvait se reposer un peu sur ses employés lorsque quelque chose lui pesait trop. Bien évidemment, malgré ce "pouvoir" qu'elle se sentait posséder, elle n'en restait pas moins impliquée et sérieuse, se débrouillant autant que possible la plupart du temps. Elle s'étira encore une fois, cessant de traîner dans ses pensées, filant faire sa toilette, s'habiller, se coiffer. La radio chantait, accompagnant le léger calme de son appartement, alors qu'elle nouait ses cheveux en un chignon lâche, aux mèches les plus courtes retombant sur sa nuque fine. Quelques fils s'échappaient de la masse, montrant un faible signe de rébellion qu'elle n'eu pas le courage d'étouffer. Finalement, en dansant de sa démarche gracile, en traversa l'appartement d'un bout à son autre, balançant ses jambes agilement presque dans les airs, s'amusant un instant dans de grandes rondes. C'était une belle journée qui s'annonçait, comme toutes les autres, comme tout ces jours qui, calmes, la charmaient tant. Finalement, la routine lui semblait plutôt une bonne chose. Un sourire mélancolique se glissa sur ses lèvres, tout aussi amusé, alors qu'elle repensait à la certaine impatience dont elle faisait preuve dans son enfance, à toujours vouloir quelque chose pour rompre son calme, alors qu'elle repensait aussi à cet égoïsme qu'elle appréciait à vouloir l'agitation puis le calme de tous lorsqu'elle se mettait à lire. Elle était toujours un peu la même. Toujours à vouloir du calme en lisant. Mais désormais elle savait se le créer d'elle-même, en faisant abstraction du bruit environnant. Elle éteint la radio, jetant un rapide regard sur une photo posée dans un cadre sur la table de son salon. Arthur... Ses yeux se fermèrent, lentement, alors que d'une main elle frôlait le bois du cadre. Il lui manquait assez, bien qu'elle sache d'avance qu'il avait du grandir lui aussi, et peut-être même était-il déjà marié. Elle espérait, de tout son être, que s'il était marié, se serait avec une personne a aimer, non pas pour les contacts de sa famille. Kyrie  sourit encore, laissant son fin rire cristallin dénouer sa gorge. Ah, après tout, elle n'était pas mariée. Peut-être ne l'était-il pas non plus. Ses yeux se r-ouvrirent sur la photo, une photo d'enfance qu'elle appréciaient tout particulièrement. De ces photos prisent sur l'instant, sans prévenir, qui gardaient les émotions sincères. L'enchanteur sourire d'Arthur et le sien, discret, alors qu'ils se faisaient des couronnes de fleurs dans l'herbe du jardin. Jamais Kyrie ne remercierait assez sa mère bien-aimée pour le fait d'avoir prit cette photo en vitesse et pour la lui avoir glisser dans l'une de ses valises le jour de son départ. Elle saisit ses clés sur la table, filant jusqu'à la porte pour l'ouvrir puis la fermer, la verrouillant à doubles tours. Ses pieds se levaient et descendaient lentement, ses talons frappant les marches de bois vieux et heureusement solide. En parvenant au bas de l'escalier, elle passa la porte de l'arrière boutique et la ferma elle aussi à doubles tours. Suite à cela furent fait de nombreux mouvements habituels. Remontés la grille à la façade de la librairie, déverrouiller la porte, allumer l'unique ordinateur qui gérait à peu près convenablement tout ce que l'on lui demandait. Un léger bruit de sonnette se fit entendre. Les employés, qui semblaient venir de la même direction, faisaient presque toujours la route ensemble. Aussi, ils arrivaient donc au même instant, d'un pas unifié. Un second bruit de sonnette. Kyrie trottina légèrement, ses talons frappant encore d'un petit son mélodieux le sol de bois. Son joli sourire, fin, discret mais bien présent et si aimable éclaira son visage alors que quelques mèches glissaient encore de son chignon. Son féminin et enivrant parfum de cerise s'éleva dans l'air, le parcourant, alors qu'elle invitait le visiteur à entrer un peu plus dans la boutique, refermant la porte derrière lui, riant doucement en lui disant de bon coeur qu'il faisait meilleur à l'intérieur qu'au dehors avec ce petit froid matinal. Puis, dans la librairie, sous les regards toujours presque admiratifs des deux autres employés, cette phrase se répétant si souvent dans un jour rompit le silence, apaisant tout coeur, dite d'une voix si douce et posée. - Bienvenue à la librairie "Mots d'antan", puis-je vous être utile ?

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Kyrie L. Rocheliodel - Il semblerait que le monde ai changé pendant que je regardais ailleurs.

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