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 At the touch of love everyone becomes a poet. - PV. Dragon Bran Campbell.

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MessageSujet: At the touch of love everyone becomes a poet. - PV. Dragon Bran Campbell.    Lun 5 Aoû - 0:17




| At the touch of love everyone becomes a poet. |
- PV. Dragon Bran Campbell.

 









Dans cette fureur à laquelle il semblait s'arracher à lui-même, l'orage grondait, tonnait, élevant parfois sa voix grave et profonde au-dessus de tout. La pluie, alors balayée avec force par le vent n'était à vue qu'une sorte de fumée blanchâtre dont les remous trempaient jusqu'aux os, et à l’ouïe la plainte mélodieuse, captivante, se domptant tantôt, se cramponnant d'autres fois à sa puissance n'étant plus l'habituelle caresse mais un coup de fouet, semblant prêt à balafrer tout visage, de ceux qui, pensait-on, marquaient aussi notre âme de sa naissance à son fond. Comme un cri imposant, l'orage du s'émouvoir, perçant de sa rudesse indisciplinée et capricieuse les tympans tout juste en éveil. Et le temps, las, complice, qui traînassait aux pieds de ce géant des cieux comme pour demander asile et tranquillité, éreinté. Les animaux devaient s'être taris loin de ce qui se changeait en un si audible et effrayant ronflement, roulant sur son son, comme un ronronnement avertissant un assaut imminent. Blottit au creux des bras de leurs parents, tout les enfants frissonnant ne pointaient pas même le bout de leur nez dehors. Kyrie, comme une mère, gardait entre ses bras protecteurs comme elle le voulut, sa petite masse de cheveux blonds tremblants. Nul ne serait parvenu à distinguer les deux perles noisettes que le garçonnet avait pour yeux, tant ce frêle être les fermaient avec insistance sous le voile Ô combien menteur de ses paupières. Elle caressa ses soyeux cheveux dignes d'anges et se mise à se balancer légèrement sur le rooking-chair, son petit protéger sur ses genoux, la tête posée sur son sein, emmailloté avec elle dans un grand châle lavande.

Sa voix calme, douce, rassurante, chuchotait à peine l'histoire du livre de contes qu'elle tenait d'une main. En voyant que cette lecture n'avait pas l'effet apaisant escompté elle vint à le poser, vieux livres aux reliures de cuir craquelées par l'âge, sur le guéridon à ses côtés. Son esprit attendrit ne parvenait plus à se focaliser sur les chiffres de la librairie, demeurant ancré sur cette existence apeurée dont elle ne parvenait pas à guérir les maux. La pièce, enroulée toute entière dans une douce chaleur, avait flottant en elle une douce odeur de thé à la menthe et au réglisse. Posée sur la table dans la cuisine qu'elle pouvait voir depuis sa place, sa tasse devait se refroidir, lentement, La coupole, à son dessus, gardait les arômes prisonniers dans le récipient qui ne geignait même pas de ce poids l'alourdissant. Cela, alors que ses cils battaient à la vitesse de ses regards vifs, lui rappela de nombreux souvenirs, des journées paisibles à boire du thé, à l'ombre d'un arbre, un grand drapé posé sur le sol pour qu'elle ne soit pas à même l'herbe. C'était si loin, désormais... Le petit garçon eu un sursaut, alors que l'orage redoublait à nouveau, foudroyant, se précipitant dans ses coups comme pour un grand final. Peut-être était-ce le cas. Notre libraire jeta un oeil par la fenêtre, intriguée, et fut surprise par une grande lueur claire, ayant presque abîmer sa vue, un flash insaisissable.

- Chut, chut, là, c'est tout, c'est tout., murmurait-elle au marmot qui, finalement, comme épuisé par ses propres tremblements et sanglots, finit par glisser de ses bras à ceux de Morphée.

Elle appliqua encore quelques tendres caresses aux cheveux ondulants avant de clore ses yeux à son tour. L'orage, comme s'il s'était senti coupable de briser ce calme finit par progressivement disparaître au loin comme un mirage, ne laissant derrière lui que des traînées de nuages obscures, obstruant la vue du ciel toujours bleu au-dessous. Alors, Kyrie, blottie dans son châle, le vague à l'âme que la sérénité ai reprise son joug, se remémorait un à un les événements passés si vite. Peu avant le lever du jour, elle avait devancer l'astre et s'était levée. La nuit, lourde de chaleur, lui avait donner l'impression désagréable que même sa peau était de trop sur elle quand elle s'était retrouvée dévêtue au milieu de ses draps bordeaux, priant pour qu'une brise fraîche passa par sa fenêtre demeurant ouverte ou ce souhait. Pourtant, rien n'y avait fait, la chaleur comme de plomb sur ses épaules, la chargeant à lui en donner l'impression de brûler de l'intérieur, avait continuer à la priver de son sommeil. Et la nuit bien lancée, aux alentours d'une heure du matin, ne lui permettait de parler à personne. Elle se laissa étaler sur le tissu qui lui collait à la peau, perlant de sueur, patiente.

Et ainsi elle se leva peu avant le grand cercle d'or qu'était l'astre du jour, arrivée à son bout de patience, pour aller immédiatement prendre une douche, se délectant des flots froids se glissant contre ses pores, rafraîchissant son teint à la fois rouge et blafard. A chaque fois que l'eau semblait tiède parce que son corps en avait prit l'habitude, elle rajoutait un peu d'eau froide, ou baissait le peu d'eau chaude, si bien qu'il ne resta presque plus d'au chaude assez rapidement. Elle laissa à un moment après s'être lavée toute cette trombe dégouliner sur ses cheveux plaqués contre ses courbes et les contours de son visage. Quelle sensation grisante, que d'avoir l'impression que sa tête se vidait avec le froid, lui permettant de ne plus penser à cette chaleur oppressante qui l'attendrait encore bien pire pour le reste de la journée. Bien malgré le bruit du liquide tombant dans le fond de la baignoire, elle cru entendre que l'on sonnait à l'interphone d'en-bas. Aussitôt elle s'extirpa de son délice pour se couvrir d'un peignoir au tissu léger, orné de motifs floraux, qui lui colla alors à la peau brièvement séchée, pour aller répondre. Elle saisit le combiné, fin d'un blanc commun, et garda une main au-dessus du bouton qui permettrait d'ouvrir la porte qui permettrait de monter à son appartement. Une voix claire, mature, féminine, s'adressa à elle d'un ton presque pressé, embêté surtout, mâchant parfois certains mots.

Cette voix, notre libraire la reconnue bien vite. Et, à sa panique toute entière, s'empressa en trottinant pieds nus sur le parquet et les escaliers de descendre à son aide. En bas, une fois arrêtée devant la porte qu'elle avait ouverte et par laquelle s'était engouffré un léger vent dont elle du contrer la force, de peur qu'il ne soulève son vêtement, les cheveux tombant en larges cascades sur ses épaules frêles, essoufflée à sa poitrine se soulevant vivement, elle fit entrer l'ancienne camarade et un modèle réduit de celle-ci, âgé de peut-être 4 ou 5 ans.

- Oh, Kyrie, tu me sauves !, s'empressa t-elle de dire, les yeux creusés de fatigue et enflés de larmes toutes récentes. Ma soeur m'a confier son fils mais ma mère a eu un accident et je dois aller les retrouver toutes deux à l’hôpital ! Et personne ne veut garder ce gentil Aurélien...!

Ses mains se torturaient entre elles, ses cheveux noués en un rapide chignon strict se défaisant déjà, des mèches relâchées tombant devant ses grands yeux tendres. Ainsi, elle était tante ? L'absence d'alliance à son doigt signifiait que nul ne l'avait mariée. Peut-être était-ce encore trop tôt, d'ailleurs. Kyrie, rapidement, se permise la réflexion de se dire que se marier devait se faire plus tard, qu'elle même n'y songeait pas pour l'instant, ou tout simplement pas du tout. Ou peut-être...? Bien vite, elle sorti de ses pensées et baissa les yeux vers le petit garçon vêtu de bleu et blanc de la tête aux pieds, se cachant derrière sa tante, les pommettes roses, fixant de ses yeux admiratifs les miroirs vairons de la jeune femme en face de lui.

- Ne t'en fais pas, je peux le garder. Va donc où tu dois aller et ne te précipite pas, sois prudente, tout ira bien ici, n'est pas jeune garçon ?
- M-mais !, tenta celui-ci.
- Allons, sois courageux, monsieur. Viens donc, nous allons déjeuner, cela te va ? Embrasse fort ta tante, elle viendra te rechercher un peu plus tard.

La confuse se pencha alors, avant de s'accroupir, étreignant le garçon avant de couvrir ses joues de fervents baisers. Un instant elle se retourna, au moment de partir pour disparaître dans la voiture, en s'écriant un " Sois bien sage avec tata Kyrie ! " qui figea notre jeune femme net sur le perron. Lorsqu'elle eut réaliser sa propre surprise elle s'écarta de l’encadreur de la porte, car ils avait bien du y revenir pour les au revoir, pour laisser passer son petit invité. Un léger sourire charmé s'était posé sur ses lèvres rosés, les étirant un peu dans le secret. Tata Kyrie, hein. Elle eut envie de rire, tant c'était doux à ses oreilles mais aussi inattendu, mais accompagna juste l'enfant dans la cuisine. Là-bas, il s'installa sur une chaise devant la table et ne cessa alors plus de fixer gentiment sa "tata".

- Tata, pourquoi tes yeux sont différents l'un de l'autre ?, finit-il par parvenir à demander sous la curiosité.
- Eh bien peut-être pour que mes enfants aient, plus tard, le choix de choisir l'un ou l'autre pour la couleur des leurs.
- Et les gens ils te disent quoi ? Moi, ils me disent yeux marrons yeux de cochons !
- Voilà qui n'est pas bien gentil, dis moi. Moi je dirais plutôt yeux marrons toujours espérons.
- Oh, oh, c'est joli !, s'exclamait-il en battant de ses mains potelées.

Ainsi, ils déjeunèrent. Ou débutèrent, plus exactement. Car, peu après que Kyrie ai débuté son petit-déjeuner, ayant donner le sien au petit bonhomme rondelet, l'orage s'était mit à éclater, avec surprise, sans crier gare ni rien. Kyrie, qui s'était posé dans son rooking-chair pour se détendre avait alors vu arriver comme une furie une fusée blonde qui s'était blottie tout contre elle. Et de là, en attrapant le livre de contes sur son guéridon, était arrivé la suite. La tassé de thé qu'elle s'était faite, à laquelle elle n'avait pas encore toucher, reposait encore là, tranquillement, sans qu'elle ne puisse l'atteindre et sans qu'elle n'y songea non plus.

Un long soupir glissa d'entre ses lèvres. Oui, tout avait été vite. Elle demeura là, les yeux clos, ce petit-garçon dans les bras, à songer à tout cela, encore quelques minutes. Finalement, elle se leva, doucement, en portant son "neveu" pour le poser sur la chaise à sa place, remontant le châle sur lui. Elle fit quelques pas, tentant d'être discrète pour ne pas réveiller l'endormi, et profita de ce répit qui s'annonçait assez court pour aller s'habiller. Dans sa chambre, devant sa commode, elle ne su pourquoi pas quoi mettre. Même sous la douche, il ne lui était pas venu à l'esprit de penser à ce qu'elle allait porter aujourd'hui. Elle ouvrit un tiroir, le refermant tout aussitôt. Et recommença encore une fois. Finalement, elle s'orienta vers son armoire et en sortie une robe noire, décorée de papillons dont la couleur se situait entre le rose et le violet, et d'un style rockabilly qu'elle n'avait pas remit depuis une éternité, alors que pendant une époque elle l'avait beaucoup aimé. Son regard la détailla alors qu'elle la tendait devant elle d'une main, l'autre défaisant le noeud de son peignoir.

Elle posa de son long la robe sur son lit et retira le tissu qu'elle avait encore sur le dos, dont l'arrière avait été détrempé par les gouttes d'eau sur ses cheveux. Son corps, fin, se dévoila alors à sa vue. D'une main, hésitante, peu sûre, elle suivit du bout des doigts ses courbes, se maudissant devant ses hanches même sans réelle raison. Il n'y avait pas à dire, elle ne s'aimait pas. Pas vraiment. Pourtant, elle assumait son physique. Elle n'endura pas plus l'épreuve de se juger elle-même et enfila ses sous-vêtements puis sa robe, se glissant à son intérieur sans mal. Ah, elle avait peut-être perdu un ou deux kilos, au final. Encore une fois, elle ne pu s'empêcher de soupirer en nouant le noeud, imposant, à sa nuque, laissant son dos visible. Pourtant, voilà, elle avait les cheveux longs. Et ce dos nu fut donc bien vite caché par cette amas de cheveux blancs rosés qu'elle relâcha après les après soulever pour pouvoir avoir accès plus facilement aux rubans. Elle se dirigea vers la salle de bain, se regardant à peine en passant dans la vitre, se mettant à brosser minutieusement ses cheveux avant de les sécher un peu, ne voulant pas éveiller le petit avec le bruit de son sèche-cheveux. Ce n'était pas le mieux, pour elle, de les sécher de cette manière-là, mais elle n'avait pas vraiment le choix. Elle allait bientôt devoir aller travailler. En roulant le cordon du sèche-cheveux autour de celui-ci pour le ranger, elle se mise à penser qu'en réalité il aurait peut-être, malgré tout, mieux fallut que ce bruit réveille Aurélien. Après tout, il allait devoir se réveiller pour descendre à la librairie avec elle. Elle arrêta son geste un moment, regardant le sèche-cheveux en réfléchissant. Non. Mieux valait qu'il dorme encore un peu. Elle ne le ferait se lever que lorsqu'il serait temps d'y aller. Un peu ennuyée, elle se laissa reculer et glisser contre la porte de la salle de bain, s'asseyant en bas de celle-ci, le sèche-cheveux encore dans les mains alors qu'elle s'apprêtait à le ranger quelques instant avant.

Ah, c'était pas beau de vieillir. 19 ans, déjà. Sa tête se leva, son visage vers le plafond, l'arrière de son crâne contre la porte, alors qu'elle repensait encore à avant. Et Arthur, dans tout ça ? Que devenait-il ? Ce n'était pas faute de lui écrire des lettres ! Il devait vraiment avoir une dent contre elle, pour ne jamais répondre. Ou alors être très occupé. Et si son père lui avait proposé un mariage, comme c'en était l'âge pour lui aussi ? Notre belle demoiselle se mise à secouer vivement la tête de droite à gauche alors que ses cheveux suivaient ce mouvement, non sans mal, en ondulant sur ses épaules, s'étirant parfois avant de reprendre leur place initiale comme si de rien n'était. Elle se releva, après une bonne dizaine de minutes et retourna dans sa chambre, jetant au passage un rapide regard au petit ange qui dormait encore, comme si tout ses mouvements à elle, même parfois bruyants, ne l'avaient nullement atteint. Dans sa chambre, dont elle ne ferma pas la porte en y entrant, elle sortit de la table de chevet près de son lit une enveloppe blanche. Oui, il ne répondrait pas au double de cette lettre qu'elle tenait. Elle avait envoyer la seconde, pour laquelle elle s'était concentrée sur son écriture. Ce devait juste être une perte de temps, en réalité. Peu importait, elle voulait lui écrire. Elle s'assit sur le bord de son lit, ouvrant l'enveloppe non fermée entièrement et déplia la feuille blanche sur laquelle elle avait encore écrit de son écriture penchée, en ces lettres qui semblaient avoir tant d'années de plus qu'elle-même.


    " Mon cher Arthur;


      Les bourgeons se sont ouverts, les fruits ont donner milles couleurs aux arbres devenus forts et resplendissants de ce temps où tout semble vouloir montrer son élégante allure comme un paon se dandinerait dans sa basse coure. Pourtant, je n'ai de raison de me plaindre de rien. Car encore aujourd'hui l'odeur apaisante des fleurs aux robes chatoyantes, ravivée par la chaleur, portée par le doux vent, me parvient avec la tranquillité monotone des beaux jours présents. Bien évidemment, à cette saison tant attendue par notre fourmillante populace, l'activité de la librairie suit une courbe pour le moins singulière. Si tu savais à quel point mes romans policiers disparaissent aisément ! Quoique j'imagine bien qu'à ma simple exclamation tu dois deviner parfaitement cela faramineux, à bien juste mesure. Malgré cet afflut, je suppose que je dois demeurer la seule, ou l'une des rares, à profiter d'un temps si plaisant pour aller lire dans l'herbe verdoyante, la peau rosie de la force du soleil, vivante comme au premier jour d'un bonheur bien simple.

      Pourquoi cela ? Parce que figure-toi que je n'aperçois pas grand monde même aux heures dites de "pointes" dans les lieux verts mis à notre disposition ici. Peut-être seraient-ils tous ou presque aller profiter d'eaux limpides ailleurs... Je pense bien que je ferais la même chose, si j'en avais les moyens ou plus exactement rien que l'occasion. Chez nous il doit toutefois faire aussi bon-vivre. Peut-être même plus, avec la douceur des cocons dans lesquels nous avons peu à peu grandit, n'est-ce pas ? J'espère d'ailleurs que tu sauras partager équitablement ton temps entre travail et détente pour ne pas être déçu de n'avoir pas profiter, au passage à l'éternelle saison suivante, de l'allégresse presque idyllique de hui. S'il te plait, transmets tout mes plus tendres baisers à mes parents, je n'ai pas encore eu la force de leur écrire ne serait-ce qu'une ligne, et toutes mes plus respectueuses et humbles salutations à ton père.  


    Je t'embrasse, Kyrie. "


Peut-être que quelque chose dans sa lettre lui avait déplut. Elle ne savait pas. Ses mains gardèrent le papier encore un long moment, alors que ses yeux se posaient sur celui-ci en le détaillant comme pour voir où aurait pu être la raison de cette absence de réponse. Un long soupir cette fois-ci, et elle remit la lettre dans l'enveloppe, et l'enveloppe dans la table de chevet. Elle se releva, jeta un rapide regard à la pendule dans sa chambre et sorti de son armoire, à son bas, de simples chaussures à talons noires avec lesquelles, habituée, elle savait qu'en bougeant de droite à gauche dans la librairie elle ne risquerait pas de se tordre la cheville. Heureusement pour elle qu'elle savait marcher, et élégamment encore était-il, avec des chaussures qui donnaient toujours cette impression d'être un peu plus grande. Non pas qu'elle veuille à tout prix l'être ! Mais c'était tout de même bien agréable de se grandir de quelques centimètres, l'air de rien, et de ne plus passer pour une adolescente de cette période qui désormais lui semblait bien loin derrière elle. Par la fenêtre, entre-ouverte, dont les rideaux avait été tirer, elle apercevait le ciel, d'un gris maussade, à ces nuages éparses qui le traversait. Peut-être ferait-il plu beau le reste de la journée ? Elle l'espérait. Pour pouvoir sortir un peu Aurélien à la pause déjeuner, lui faire prendre l'air. Il se fatiguerait certainement, comme tout les enfants, en courant de droite à gauche, en obligeant de temps à autres notre ancienne étudiante à le rappeler à l'ordre puis réprimander si récidive.

Elle se déplaça encore, cette fois-ci avec le son de ses talons heurtant le sol. Un son qu'elle aimait beaucoup d'ailleurs. Et qu'elle avait toujours beaucoup aimé. Elle se souvenait encore, lorsqu'elle était plus jeune, de cette fascination qu'elle avait lorsqu'elle entendait le son si séduisant des talons que portait sa mère. Elle savait que derrière ce son se cachait son arrivée, sa démarche impériale, emplie de prestance. Elle savait que, pas loin, ce beau port de tête l'attendait, un fin sourire aux lèvres, les yeux pétillants avec calme et volupté. Désormais, c'était à son tour de prendre le relais. A elle seule de reproduire ce que sa mère lui avait toujours apprit. Elle fit encore quelques pas, parvint jusqu'au petit endormi et, doucement, se mise à lui caresser la joue. Ses paupières bougèrent légèrement, de ses yeux roulant sous elles, alors que les cils de Kyrie, longs, battaient encore tendrement, lentement. Il ouvrit finalement assez vite les yeux et demanda sa mère. Prise de court, la jeune femme s'accroupit devant la rooking-chair en prenant les mains toutes douces et rondes d'Aurélien.

- Il va être l'heure que l'on aille à la librairie, en bas. Veux-tu que je te prenne des feuilles et des crayons ?
- Non non, tata. Je voudrais des livres d'images..., demanda t-il avec un doux regard auquel elle ne su résister.
- Bien, dans ce cas, va pour le livres d'images.

Le petit se mit à chantonner et ensemble ils sortirent de l'appartement que Kyrie ferma à doubles tours, pour descendre à la librairie. Là, tout était encore presque plonger dans l'ombre. Les épais nuages au-dehors couvraient encore la lumière qui aurait du illuminer la moderne librairie. Notre libraire ferma la lumière et la pâleur de celle-ci entra alors dans la boutique. Quel temps... L'on aurait presque pu se croire en hiver. Avec la froideur et la neige en moins. Aurélien fut installé dans un coin, sur une chaise où ses pieds ne touchaient même pas le sol, sur laquelle il s'amusait à bouger ses jambes d'avant en arrière à tour de rôle, un livre d'images dans les mains. Ne pouvant pas lire, il inventait une histoire en fonction des images qu'il voyait. Et il fut donc bien vite remarquer que son histoire parlait d'une souris, toute petite, dont un chat ne pouvait plus se passer, tant ils étaient devenus amis tout deux. Pendant que ce petit brin de bonhomme s'amusait, Kyrie, elle, rigolait moins. Il allait presque être temps d'ouvrir la librairie et ses employés n'étaient pas encore présents. Elle remonta la grille, déverrouilla la porte, fit s'allumer l'ordinateur dont tous étaient fiers qu'il ne soit pas encore mort pour l'instant, et s'installa derrière le comptoir, Aurélien à côté sur sa chaise, tout heureux mais surtout, plus étonnant, très silencieux. En remarquant ce fait qu'elle pensait rare chez les enfants, elle ne pu s'empêcher de lui caresser les cheveux d'un air encore presque maternel. Qu'il était adorable, avec ses joues toutes rondes, toujours roses d'un rougissement candide, avec ses grands yeux malins et curieux de tout ! Peut-être un jour songerait-elle, notre souris de bibliothèque, à se trouver un damoiseau avec lequel s'engager ? Et avoir des oisillons, aussi ? L'odeur familière, tant aimée, des vieux livres l'extirpa de ses fuites. Ici, c'était tout son univers. Un univers où son savoir pouvait être partagé, pour offrir aux autres autant de possibilités qu'elle en avait eu avant de trouver un livre capable de faire passer un bon moment. Pas forcément pour se casser la tête, se forcer à réfléchir, mais de quoi se détendre, ouvrir ses horizons, lentement, et comprendre peu à peu de plus en plus les mots glissés entre les lignes, sous-entendu et dont on entend jamais parler par le bouche à oreille des gens qui, parfois, se changeait en téléphone arabe où, à la fin, rien n'était reconnaissable.

En retard, les employés arrivèrent enfin, s'excusant tout deux en première chose. Bien évidemment, la seconde chose fut de complimenter Aurélien, de lui tirer affectueusement les joues, de jouer avec lui dans les moments où il n'y avait pas de client. Le petit, calme, sage, se laissait faire, souriant avec gentillesse, comme touché de toute cette attention que l'on lui portait. Les heures passèrent, entre les commandes, les achats, les moments où le garçon levait son livre bien haut et se mettait à rire en en demandant un autre, les rires des employés qui, parfois, pour s'occuper, passer le temps vide, lançaient des blagues ridicules mais justement assez ridicules pour être comiques. La pause déjeuner arriva alors. Et Aurélien, même toujours aussi silencieux qu'une image, commençait à montrer des simples visibles, ou plus exactement audibles, de faim. Alors la librairie fut fermée, le temps pour tout le monde de se restaurer, et l'on se sépara tous devant celle-ci, Kyrie et Aurélien prenant un chemin, les deux employés prenant l'autre côté de la rue. Excité alors, la main glissée dans celle de sa "tata", l'angelot dodelinait de la tête sur une musique imaginaire, faisant deux pas là où Kyrie n'en faisait qu'un. Arrivés au niveau d'un passage piéton, il se prit au jeu de ne marcher que sur les bandes blanches, même si ce ne fut pas simple pour lui. A côté, sans rien dire, la masse de cheveux lâchés que nous connaissons observait du coin de l'oeil, un léger sourire aux lèvres, amusée. Combien de fois avait-elle fait cela, elle aussi, avant de se refermer sur elle-même pour lire et ne presque plus faire que cela ? C'était de ces jeux sans prix d'enfants qui, de fil en aiguille, nous conduisaient à jouer aux pirates et aux colons.

Un pas. Deux pas. Trois pas. Quatre pas. Et encore bien d'autres. Tout ça pour arriver à un restaurant, situé assez loin de la librairie, et pouvoir manger. En s'installant en extérieur, parce que le soleil avait à nouveau pointer son nez et que la chaleur était à nouveau présente, Kyrie et le petit Aurélien se mirent à discuter de choses et d'autres et, d'entres autres justement, de l'amoureuse du petit garçon. Il semblait vraiment conquit, en en parlant comme il le faisait, avec son vocabulaire assez élargi. Le serveur vint bien vite, demandant avec un agréable sourire quelles seraient les commandes. Aurélien, féru de bulles dirait-on, demanda un diabolo menthe et notre silencieuse jeune femme demanda d'une voix assez claire, pour que l'on puisse l'entendre au-dessus de l'homme qui parlait, ou hurlait plutôt, dans son téléphone à une table un peu plus loin, encore couverte par l'ombre d'un parasol dépliant, un monaco remplit de souvenirs. Elle ne buvait pas. Tout du moins, rarement. Mais le monaco, qu'elle avait bu quelques fois lorsqu'elle était encore en France, était bien sa boisson favorite. En dehors du thé, évidemment. En y songeant encore, son sourire s'était évanouit, brûlé à vif par toutes les mémoires. Le son de la rue, les voitures qui klaxonnaient parfois, les scooters à moteur bruyant. C'était loin de sa campagne, tout ça. Là-bas, c'était toujours si silencieux, si calme, si paisible, si propice à un bon apprentissage. Alors qu'ici, même pendant ce temps où peu de gens sortaient, il y en avait toujours plus qu'à son village natal. Il y avait toujours cette lourdeur dans l'air, ces gens qui marchaient à toute vitesse, comme s'il devait prendre le dernier train pour une nouvelle vie dont ils espéraient qu'elle serait mieux que l'actuelle. Kyrie ne comptait plus les femmes qu'elle voyait passer, tout les jours, maquillées, habillées avec soin, à toujours rajuster leurs décolletés, en tentant de marcher comme elles le pouvaient, tant ce devait être douloureux pour elles de toujours porter des talons abîmant leur colonne vertébrale.

- ...Ta ! Tata !
- Oh. Oui, Aurélien ?
- Le monsieur derrière il te regarde...
- Hum ?

Notre libraire tournait la tête, pour se retrouver en vue d'un homme bien plus vieux qu'elle, devant avoir la quarantaine, qui ne quittait pas un sourire qu'elle n'aurait pas pu décrire au petit garçon tant il était emplit de sous-entendus. Un clin d'oeil et ce bonhomme tout rond, dont la chemise dépassait du pantalon, du se croire irrésistible. Elle se retourna, revenant à regarder son petit protégé alors que l'homme se levait et venait s'installer à une table un peu plus proche, faisant mine de lire le journal qu'il déplia d'un coup sec. En croisant ses jambes son pantalon remonta, montrant ses chaussures cirés mais aussi, beaucoup moins attirant, des petites chaussettes et des poils qui roulaient sur eux-même. D'accord ! D'accord ! D'accord, ce n'était pas obligé pour un homme de se raser, contrairement aux femmes qui se devaient pour conserver leur apparence élégante de subir ce supplice, mais tout de même ! Comme dégoûtée, Kyrie éloigna un instant son monaco d'elle, buvant une gorgée amèrement avant de se sentir obliger d'ôter ses lèvres de contre le verre, l'homme l'observant minutieusement. Est-ce qu'il y avait toujours des types aussi louches ? Elle ne parvenait pas à lui dire de cesser de la regarder ainsi, tant c'était désagréable. Le serveur revint, avec l'addition, et elle en profita pour lui demander l'heure par la même occasion, n'y ayant plus prêter attention jusque là. Treize cinq. Et la librairie allait bientôt r-ouvrir. Elle espérait avoir le temps d'arriver avant que les clients ne râlent de son retard, comme c'était déjà arriver une fois parce qu'un touriste complètement perdu lui avait demander son chemin. Elle paya, laissant pour l'agréable sourire et le ton enjoué un petit pourboire alors même que ceci ne se faisait normalement qu'au début de la commande, pour la faire venir plus vite. Après tout, les mots n'avaient presque tous plus leur sens original...

De retour à la librairie, et dans les temps, Kyrie accueillit ses employés de retour, l'estomac remplit tout deux, alors qu'Aurélien et elle n'avait fait que boire quelque chose de frais. Bien heureusement, Mary, l'employée la plus agréable que notre libraire n'ai jamais connue, leur passa à tout deux une boîte de cookies que la "tata" et le "neveu" se partagèrent sans discordes. Mit à part peut-être pour le dernier cookie. Qu'Aurélien emporta avec une large victoire, de son air innocent. Les heures passèrent, et il serait bientôt temps pour tout le monde de rentrer. Une dernière commande, deux derniers achats et tous réunirent leurs affaires. Mary et Charles, encore et toujours ensembles, partirent les premiers. Et, bien vite, ce fut la surprise pour le petit bout de chou qui avait été adorable toute la journée. Sa mère et sa tante vinrent le chercher et, en le laissant, Kyrie eu comme une légère peine, tant cela lui avait fait plaisir de le garder. Cela du se voir car la mère, en cajolant son enfant, demanda à ce qu'un autre jour peut-être elle le garde encore. Et notre belle française sourit donc légèrement, en ébouriffant les cheveux de l'angelot, en acceptant sans aucune peine, avec grande joie.

Tous furent donc partis, finalement. Il devait rester moins d'une demie heure avant que la librairie ne ferme ses portes et, en sachant que peu de gens passaient vers ces heures-là, elle quitta le comptoir et posa une chaise devant l'une des fenêtres de la boutique pour s'asseoir, les genoux repliées contre sa poitrine, ses chaussures au sol devant elle, pour profiter du calme. Quand la librairie était vide de monde, il ne restait avec elle plus que l'odeur des livres aux pages tournées et retournées, incessamment, avec la passion des âmes s'accrochant à chaque mot, chaque lettre, dans le but dans comprendre tout le sens et toute l'émotion. Les bras entourant ses jambes, ses cheveux réunis tous sur une épaule, elle fixait la rue dehors, le peu de gens qui à cette heure-ci y passaient. C'était plaisant de profiter du calme, de cet endroit qu'elle aimait tant, mais aussi de ce moment particulier où les gens, comme fatigués, semblaient plus volontiers se laisser aller à traîner un peu la patte, à flâner, à lui laisser voir une scène qui lui semblerait presque au ralenti, tant elle était freinée comparé à la cohue de midi. En voyant que, malgré l'été, le soleil commençait à décliner dans le ciel, elle descendit de sa chaise, remit ses chaussures et entreprit de débuter à ranger les papiers sur le comptoir. Ses longs cheveux bouclaient presque, se perdant en de larges ondulations alors que, la tête légèrement penchée vers le bureau du comptoir, elle triait ses masses de feuilles, jetait un coup d'oeil aux prochaines commandes à passer. Ses cils s'exposaient à tout regard, à l'inclinaison de son visage laissant voir leur longueur naturelle, ses lèvres se montraient rosées et porteuses d'un doux sourire serein. Voilà, c'était la fin de la journée. D'une longue journée. Et pourtant d'une journée qu'elle ne regrettait pas le moins du monde. Dans sa tête se répétait l'au revoir d'Aurélien, qui avait déposer un doux baiser sur sa joue et de son amie, ancienne camarade de classe avec laquelle elle avait garder contact, qui ne cessait d'agiter ses mains en souriant. Une famille... Des enfants... Ses mains cessèrent un instant de bouger, se figeant sur cette tonne de papiers qu'elles tenaient. Et si ? Non. Pourtant, elle baissa tout de même le regard, posant un instant les papiers à nouveau sur le bureau pour passer une main sur son ventre, de l'autre retenant la masse de ses cheveux qui glissait et allait se retrouver bientôt devant ses yeux.

Que ferait-elle, ici, indéfiniment, si elle ne fondait pas une famille ? Elle ne comptait plus le nombre de fois où sa mère lui avait dit qu'il était temps pour elle de se marier et qu'elle lui répondait, avec son habituel air inexpressif, que si elle se mariait elle devrait s'occuper du ménage et n'aurait plus le temps de lire à loisir. Peut-être était-ce, malgré tout, vraiment la bonne solution pour elle que de trouver mari et de s'adapter, de rentrer dans le moule de la société noble qui la voulait docile et effacée, dévouée à son mari. Oui, après tout, qu'allait-elle faire, ici, seule, sans personne de sa famille ? Et même Arthur était si loin, à ne pas lui répondre, la laissant à se demander s'il recevait même ses lettres. Deviendrait-elle, en version féminine, comme ce bonhomme plus tout âgé qui l'avait épiée avec une attention malsaine ? Non, elle s'y refusait. Et pourtant, dans sa tête, le mariage n'était pas non plus la solution la plus agréable. Elle serait comme une hirondelle en cage, elle dépérirait, loin de sa liberté, car elle cesserait certainement de travailler, à partir d'un certain moment, pour s'occuper de la progéniture, de l'éducation de cette dernière... Elle avait envie, comme il lui arrivait si souvent, de demander conseil à sa mère et pourtant, bien qu'elle eu son téléphone près d'elle, elle ne le fit pas. Comme toujours. Certainement une sorte de forme de fierté, à ne pas vouloir demander conseil, elle qui était toujours rester très renfermée sur elle-même. Ses grands yeux vairons regardait son ventre plat, se demandant ce qu'il donnerait rond. Une petite vie... Et un petit coeur battant à même mesure que le sien, en elle, pour plusieurs mois d'une vie commune au lien le plus parfait. Malgré cela, saura t-elle supporter des enfants ? Certainement pas s'ils n'étaient pas calmes. Un long soupir s'enfuit encore d'entre ses lèvres, à croire que c'en était la journée, et elle releva le regard pour se retourner et classer certains documents. Lorsqu'un léger bruit de pas lui parvint, alors que le jour déclinait encore petit à petit dehors, elle se dit qu'elle aurait bien le temps de s'occuper de ceci avant de fermer. Ainsi, elle se retourna, contourna le comptoir et salua aimablement, son habituel petit sourire aux lèvres, le client venant d'arriver.

- Bienvenue à la librairie Mots d'antan, puis-je vous être utile en quoi que ce soit avant notre fermeture ?


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MessageSujet: Re: At the touch of love everyone becomes a poet. - PV. Dragon Bran Campbell.    Lun 5 Aoû - 5:06


Blood and Book


Un gémissement. Gémir, se plaindre, n'étaient pas des verbes récurrent dans le quotidien monotone d'une régisseuse de l'ordre. Loin de la, ils représentaient à tord à et travers un signe instinctif de manque de confiance en soi, de peur, de lâcheté. Dragon n'aimait pas geindre ainsi, surtout lorsqu'il s'agissait d'une faiblesse idiote, quoi qu'un peu justifié. N'avons nous donc jamais songé qu'une lueur déchirant l'obscurité pourrait être source de sursaut illustré ? Si. Cette même clarté violente et brusque provoquerait alors ce même sentiment chez le sang chaud ? Oui. Pourquoi alors détester ce que nous ressentons ? Il ne fallait pas se cacher la face, la belle déguisée pleurait de rage, gémissant de faiblesse. Les éclairs, le tonnerre, la brutalité de la nature ne lui rappelait que le comportement inopportun et non approprié de son aînée. Elizabeth Campbell manipulait ces foudres naturelles. Dragon Campbell refusait d’être éclairé par ce genre de lumière malsaine. De loin, elle préférait aborder ce noir si pur qui lui était propre. Cette unique phase de silence avec elle même. Sa justice. Alors, lorsque la violence accru de l'extérieur vint la réveiller en ce matin frais, l'unique chose qu'elle put faire fut, geindre. Comme un oisillon abandonné par les plumes protectrices de sa génitrice volatile. De même, cette fureur eut sitôt fait de la lever pour une journée qui ne semblait pas magnifique.

Dragon était la, haletante, faible, le front collé contre la vitre glacée. Sa respiration saccadée tachait ci et la de petits nuages de buées à même le verre tandis que ses yeux s'ouvraient sur la vue chaotique de la cour de l'académie, noyée sous le déluge incessant d'Août. Réveillée si tôt par une averse passagère, la jeune femme rougissait de rage. Pendant la période des vacances, elle n'aspirait aucunement à voir aussi tôt les visages abattus des élèves. Ils faisaient tout drôle à voir, tout en haut de sa chambre. Cette chambre située au dernier étage des dortoirs mixtes. Car Dragon ne pouvait supporter son entourage, elle avait exigé de par son rang a avoir une chambre, pour elle toute seule. Dès lors, comment refuser au shérif de cette ville un privilège si simplet d'accès ? C'était un lieu plus petit que les autres, mais plus haut. Plus dominant. On y voyait aussi bien le début de la ville que le coucher du soleil avec son morceau de plage craquant. Tout servis sur la même table, attendant, la, patiemment qu'on vienne y dévorer sa splendeur d'un seul coup. La gamine aimait cet environnement. Ce calme que dégageait la couleur sable des murs, ce bleu nuit qu'était ses rideaux, ce gris nuageux, ses draps. Dragon aimait tout ça. Et en ce moment, elle haïssait de tout son cœur le climat de ne pas rester à sa place pour jouir un peu plus de la quiétude de son habitat.

Pourtant, une chose vint lui faire haïr un peu plus son réveil prématuré; son téléphone. Alors qu'elle songeait lourdement à se rendormir, le petit appareil lui indiqua qu'elle devait se lever, impérativement. Souvent, Dragon n'aimait pas son statut de conquérant. Se faire passer pour un garçon froid et violent amusait peut être sa grande sœur mais nullement la jeune femme n'acceptait complètement ce rôle. Pourtant, sa lieutenant tenait à le lui rappeler et ce, de bon matin.

« Slt Conquérant, c'est urgent ! J'apporte une mauvaise nouvelle, le Gang a volé le casino il y a quelques minutes. On a pu en intercepté quelques uns mais la majorité s'est enfuis. Je suis dans le centre de Middle Town et ils prennent des civils en otage. Rejoins nous au + vite. »

Les mauvais allaient payer de leur sang. Dragon attrapa l'objet avec les dents et se jeta littéralement or des draps douillets. Elle n'avait pas le temps de se prélasser dans la chaleur délicieuse de ses appartements, ni d'ailleurs de savourer la tendresse d'une douche. De plus, avec ce temps, une douche, elle en aurait une belle, froide, celle du type qui vous ronge la peau jusqu'aux os. Ce genre de douche la, acre, acide et vil. Vivement, elle sauta le pas, croisant par hasard son regard rouge et violet et s'arreta brusquement, le considérant. Depuis quand avait-elle les yeux vairons de cette couleur ? Depuis son arrivée ici. Depuis tout. Depuis le commencement. Avant, la belle jouissait de cheveux noirs nuit et d'yeux aussi sombres que le plumage d'un corbeau. Rien d'excentrique. Ici, elle ne pouvait ni se défaire du violine qui avait rongé sa crinière, ni du rouge sang qui peignait l'un de ses yeux. S'extirpant, ébahis, de ses songes, la dominatrice enfila un jean noir relativement ample. Il en allait de soit qu'il lui fallait quelque chose de pratique. Bientôt, elle y ajouta des baskets, simples, qu'elle avait pioché dans son armoire au hasard. Au pire, si elles n'allaient pas avec le débardeur qu'elle allait aussi tiré aléatoirement dans le méli mélo qu'était son placard, elle jetterait les montures dans la mer. Tout de noir vêtue, il ne manquait qu'une chose pour affirmer avoir affaire au conquérant. Juste un symbole, tantôt récurrent, tantôt obligatoire. Cette veste. Cette veste foncée qui de part sa fourrure neige représentait la justice. Dragon acquiesça avant de se jeter dans la bataille.

Descendre les escaliers, traverser des murs, combattre le mal, ça, il savait faire. Dragon ne reculait devant rien. Froid, sans cœur, direct, il lui fallait une définition à la justice. Et devant ses yeux, les êtres qui se tortillaient au sol en criant pardon ne méritaient rien de plus que la pendaison. Alors que le soleil ardent de midi brûlait au dessus de lui, son corps émanait en revanche d'une lueur glaciale à rafraîchir l'atmosphère d'un regard. Qu'allait-il faire du reste de sa vie ? Toujours combattre la justice. C'était pour ça qu'il avait été crée. C'était son rôle, sa fonction pour exister. Sans celle-ci, il n'était plus rien. Dragon décida de s'en aller. Partir de cette scène, se changer les idées. Voilà qu'il continua sa route, après avoir injecté de coups de pied un vil voleur, vers un lieu plus intéressant. Il avait faim. Cette ridicule vague de vauriens l'avait affamé. Si bien qu'il ne chercha point à aller se rassasier dans un restaurant, non, ça serait trop simple. Il préféra plutôt les dessous lugubre de South Town. Les ombres continuelles sur les murs, car de celles-ci, c'était son domaine. Mais alors que l'après midi tourna, le sang gicla et pour la deuxième fois, Dragon gémit.
Elle ne savait pas ce qui l'avait mené la. Une envie soudaine de s'évader. Pourtant, tout le monde la fixait d'un regard terrifié. C'était normal, ou courant de laisser pour Dragon une traînée de sang sur son chemin. Elle laissait sa trace sur le monde, cette trace pour qu'on ne l'oublie jamais, lui. Hélas, en ce début de soirée, il s'agissait plutôt d'une traîtrise désobligeante. Elle songerait à tuer son ancien lieutenant. Car oui, si la belle laissait dans son sillon une si belle mare écarlate brûlante, ce n'était guère par une victoire laborieuse mais plutôt par une trahison haineuse. Un piège. Et la voilà ensevelit sous les coups. Non. Pas vraiment. Le coup. Alors, elle avait erré, s'avouant vaincue pour l'instant. Préférant la retraite. Et elle avait atterris ici. Déjà qu'elle n'avait plus toute sa tête, il suffisait d'observer la mer rouge dans laquelle les insectes se noyaient contre leur gré. Dragon Bran Campbell releva la tête, elle lut sur la pancarte quelque chose comme « Maux d'Antan ». Surement le nom de l’hôpital, c'était-elle dite. Elle avait hésité. Elle n'avait pas besoin de soin. Juste une aiguille ci et la, puis un peu de repos.. Et d'amour. Oh oui, de l'amour. Elle avait été trahis. Tout ce qu'elle voulait c'était des papillons. Non des frivoles et des éphémères. Plutôt de ceux en cristal, ceux ou coulent la sève des sentiments dans leurs ailes de verres. Sa blessure n'était pas visible. Non. Elle commençait sa course de son ventre, pour couler sensuellement sur sa cuisse, enrobait le jean de sa couleur pourpre et finissait lamentablement sa course contre le sol, y laissant une trainée des plus sublimes. Dragon pénétra dans l'antre qu'elle cru etre un centre de soin. Elle y découvrit une librairie. Une voix la ramena de son demi rêve.

-Bienvenue à la librairie Mots d'antan, puis-je vous être utile en quoi que ce soit avant notre fermeture ?

Dragon considéra la belle créature qui lui adressait la parole. Son cœur bondit si fort qu'elle sentit sa blessure defaillir. Elle songea alors à jouer le jeu. D'un sourire franc, charmeur et maintenu – tentant de cacher une souffrance terrible – , la belle inconnue répondit.

-Hé bien.. Bonsoir, je sors d'un cauchemar vivant, auriez vous un livre qui me vendrai du rêve ?

La jeune femme s'avança lentement, de manière à ne pas étaler de sang sur toute la surface lisse et propre du sol de la librairie. Elle ne voulait pas non plus tacher de péché les ouvrages uniques qui s'y trouvaient. Alors, elle préféra se recroqueviller dans un coin, pour cacher au mieux sa défaillance. Qu’étais ce ? Un coup de couteau ? Si ce n'était que ça. L'objet ressemblait plus à une arme circulaire.. Une sorte de faux.. Étrangement.. C'était exactement le type d'arme que Dragon utilisait. Elle soutint, soit disant, le regard de la belle mais vivement, ses yeux se voilèrent et elle du s'accrocher à ses défenses et à sa volonté pour ne pas flancher. Elle annonça juste à l'inconnue avant de ramener discrètement l'une de ses mains libres contre son flanc.

-Vous savez.. Je cherchais du rêve, mais je dois avouer que vous en donnez beaucoup rien qu'a votre prestance.

Puis, rien. Non pas qu'elle se soit évanouie ou quoi que ce soit. Juste, rien. Elle n'avait plus la force de dire quelque chose, plus la force de s'extirper de ce cauchemar. Du moins, seule. Et la, ce fut le troisième gémissement de la journée.


HRP : Je n'ai pas écris un aussi long truc que toi ma Kyrie, mais le coeur y est <3



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MessageSujet: Re: At the touch of love everyone becomes a poet. - PV. Dragon Bran Campbell.    Lun 5 Aoû - 10:57


Comment d'une journée simple pouvait-on passer à une journée aussi étrange ? Kyrie elle-même se posait la question. Étrangement, son coeur avait comme accélérer dans sa poitrine, digne d'un papillon retenu sur une fleur de laquelle il ne pourrait plus se détacher. Bien malgré le contre jour, cette lumière orangé qui jetait encore les ombres dans la boutique, elle pu apercevoir le client qu'elle vint accueillir de ces mots habituels. Un jeune homme, lui sembla t-il, couvert d'un épais manteau, ou d'une veste n'étant pas réellement accordé à la saison, bordée d'une fourrure blanche à la clarté de l'ivoire le plus beau. Ses yeux vairons, ensemble sur un même regard, détaillèrent vaguement l'être qui se posait devant eux, remarquant un point semblable chez celui-ci que chez leur propriétaire. Des yeux hétéro-chromiques. L'un donnait le contraire de l'autre, comme si le monde s'était détaché en deux parties dans ce regard absorbant. Pour la première fois de son existence, notre libraire se retrouvait devant un autre regard de ce genre que le sien. Et l'effet en était bouleversant. Elle sentait comme des papillons frivoles voleter dans son ventre, lui donnant une impression de légèreté autant que de lourdeur. Comme sur un nuage, sans être arraché pour autant à la pesanteur de la Terre. Et pourtant, elle planait si haut ! Sombres, profonds, dans lesquels se perdre sans gêne ni remord, ces deux yeux la fascinait. Un doux sourire, séduisant, se dessina sur les lèvres de l'opposant à notre Kyrie et bientôt il prit la parole, d'une voix qui, avec surprise, ne semblait n'être ni sûre d'elle ni douteuse. Une marque de timidité ? De confusion ?

-Hé bien.. Bonsoir, je sors d'un cauchemar vivant, auriez vous un livre qui me vendrai du rêve ?

Il s'avança légèrement, lentement, quelque chose lui semblait douloureux. Un liquide étalé sur le sol, sur lequel se reflétait la lueur encore doucement présente du soleil couchant, attira son attention. Du... sang...? Il ne lui fallait pas tourner de la tête. Ni des yeux. Et tenir bout quoi qu'il advienne. Impossible de savoir si le fait de sortir d'un cauchemar ne venait pas d'un meurtre de sang froid, qui laisserait ce type indifférent, ou d'une blessure à laquelle il ne voulait pas prêter attention. La seule chose à laquelle elle pensa alors fut qu'elle était peut-être en danger mais que, par son éducation, elle avait apprit à rester ouverte d'esprit, et à pousser les choses à l'aide et à se retirer si cela devenait trop risquer pour elle. Elle devait donc tenter de faire quelque chose pour aider... Les yeux qu'elle appréciait déjà tant se voilèrent un instant, si vivement qu'elle cru qu'ils avaient perdu leur éclat submergeant. Alors elle s'avança, le son du heurt de son talon contre le sol de bois de la librairie qui, peu à peu, plongeait dans l'obscurité, retentissant à ses oreilles sans réelle raison, comme le glas d'un jour nouveau peut-être. Elle tendit les bras, ses mains ouvertes, prête à attraper ce corps qui au fil des secondes lui semblait de plus en plus affaiblit, démuni de ses forces. Ses yeux, son visage, rien n'exprimait l'inquiétude qui régnait alors en elle. Même son habituel sourire de circonstance à la boutique s'était volatiliser, disparu en fumée loin de toute cette scène à laquelle elle-même le croyait pas réellement. Peut-être était-ce un rêve. Peut-être s'était elle endormi, en réalité, sur la chaise, ou ailleurs. Peut-être même avait-elle rêver toute cette journée entière. Cela lui paru ridicule. Parce qu'elle sentait encore ces papillons voyager dans son estomac, tournant les uns autour des autres, lui donnant l'étrange impression de perdre ses repères. Elle se sentait bête, plus bête qu'elle n'avait jamais pu y songer jusque là. Elle devait faire quelque chose, c'était désormais sûr, surtout qu'elle préférait que personne ne mourut dans sa boutique, sans quoi elle ne parviendrait plus jamais à y mettre les pieds, probablement ravagée de maux de regrets constants et demeurant ancrés à jamais.

-Vous savez.. Je cherchais du rêve, mais je dois avouer que vous en donnez beaucoup rien qu'a votre prestance.

Ah, voilà que cela recommençait. Après le vieil homme du restaurant, voilà que c'était le tour d'un jeune homme à la librairie. Evidemment, ce n'était pas la première fois que cela arrivait, quelques uns de ses clients ayant déjà tenter de lui demander son numéro de téléphone. Pourtant, cette fois-ci, cela lui sembla bien différent de tout ceci. Elle se sentait étrangement... contentée ? Sa prestance, avait-il dit. Et bien évidemment, elle se sentait comme fière de voir que ce que sa mère lui avait inculquer se voyait et semblait agréable aux yeux des gens. Les frivoles papilionidés vagabondaient encore, ça et là, alors que ses yeux se plongeaient dans ceux de l'inconnu mystérieux, enveloppé dans sa veste comme dans une vérité caché dont elle ne parvenait pas à tirer la ficelle pour l'attirer à elle. Elle n'était pas curieuse, prenant toujours les choses comme elles venaient, laissant le temps à celles-ci de se dévoiler d'elles-même à elle. Et pourtant, pour une fois, encore une exception, une pointe étrange piqua son coeur si bien qu'elle se mordit légèrement la lèvre inférieure, la rougissant de cette pression. Un son l'arracha à tout ses songes. Un gémissement, qui lui sembla presque être un râle... Alors, elle prit son courage à deux mains. Elle fit un pas, puis un second, encore un troisième. Jusqu'à parvenir à cette silhouette fine, comme attirée par un aimant. Elle ne pouvait pas laisser tout ceci arriver sans rien faire. C'était à elle, en digne demoiselle, de venir en aide et de faire honneur au mot de sa famille. D'en être digne. Malgré ce sentiment toujours présent dans sa poitrine, un autre semblait le dominer. Quelque chose qu'elle ne connaissait pas, dont le nom ne lui venait pas à l'esprit, et qui lui intimait de se glisser dans cette aventure, discrètement, et d'y passer quelques instants avec cet individus qu'elle ne reverrait certainement plus jamais après. Malgré cette envie d'un jeu auquel elle ne se risquait initialement jamais, une certaine envie la justifiait. Cette personne, en face d'elle, dont elle était désormais toute proche, l'attirait irrémédiablement. Certainement était-elle de ces gens qui, sans mal, avait le charisme d'attirer quiconque à eux, d'accrocher le regard, d'émouvoir le coeur peu importe leur posture.

Elle se sentait si... Ah, elle ne voulait plus y penser. Elle voulait faire son devoir, ce dont elle avait envie, et rentrer chez elle, comme toujours, pour se poser sur une chaise, une tasse de thé sur sa table l'attendant encore, devant être froide désormais, et lire un peu, entre deux comptes de la librairie. Ses grands yeux s'affinèrent alors qu'une mimique douce et attendrie se glissait légèrement sur son visage, à peine distinctive, l'une de ses mains se posant dans le dos droit et large de l'inconnu, l'invitant d'une voix paisible et maîtrisé à venir s'asseoir un moment. Dans la modeste boutique flottait encore cette odeur de vieux livres, cette odeur qui lui était si chère, dans laquelle elle s'était toujours sentie à la maison, mais aussi une odeur presque acre, qui nouait une boule à sa gorge, l'odeur du sang. Chaud, en gouttelette rejoignant les tâches au sol, le sang glissait et imprégnait le bois, se glissant entre ses fines lattes. Elle se moquait bien du fait qu'elle allait devoir nettoyer ceci. Désormais, il n'y avait que son inconnu étrange et plein d'intrigues qui la préoccupait. Elle ne pouvait pas le laisser seul dans la boutique, ou le jeter à la porte, alors elle lui demanda simplement de s'asseoir un moment, filant en trottinant rejoindre son appartement en quatrième vitesse pour aller chercher sa trousse de secours. Peut-être aurait-il disparu à son retour, ou des livres. Il n'en était rien pour la caisse enregistreuse, notre libraire avait déjà fait le compte, l'argent n'était plus à son intérieur. Quelle surprise aurait eu un voleur, en tentant de la voler ! Malgré cela, elle ne pensait pas qu'un voleur s'y serait prit de cette manière-là. Pas en découvrant ainsi son visage au sien, en se prenant la tête pour se blesser ou blesser quelqu'un d'autre. Un voleur n'aurait pas eu l'air aussi diminué, pousser dans ses retranchements. Ses longs cheveux blancs ondulaient dans l'air, alors qu'elle redescendait l'escalier, ayant refermer la porte de chez elle aussi rapidement qu'elle l'avait pu, ses talons se heurtant avec une force réduite au possible aux marches qui craquaient légèrement, tant la bâtisse était vieille. 

En revenant dans la librairie, elle remarqua que le soleil avait entièrement disparu, qu'il n'y avait plus que les réverbères dehors pour éclairer l'intérieur de la boutique. Soit, elle ferait avec. Mieux valait ne pas laisser ce jeune homme tout seul, surtout que la lumière du réverbère juste en face de son travail agréable éclairait bien assez. Son visage, en s'avançant encore vers l'inconnu, était sombre, portant son ombre sur laquelle tout semblait pouvoir se glisser. Juste en face de son invité, elle le regardait, son air encore comme protecteur illuminant ses yeux tendres. Sa mère lui avait toujours apprit qu'il fallait être doux avec les gens. Et bien plus encore avec les gens blessés. Ne pas les contrarier, parler doucement, avoir un regard agréable. Et ainsi, dans sa mansuétude, elle appliquait tout cela naturellement, ne se sentant pas le coeur à la méchanceté. Un cauchemar vivant, n'est-ce pas ? Autant partager avec lui, et avec tendresse, la gentillesse de sa journée, son calme, son apaisant côté comme éphémère. Dehors, déjà, les bruits se taisaient. Et le calme de sa journée l'atteignait donc encore, peu à peu la baignant dans son auréole bienveillante, roussissant ses joues avec une certaine candeur.

- Posons-nous donc, que je puisse voir si vous n'êtes pas blessé. Je ne peux décemment pas vous laissez ainsi, vous me faîtes bien penser à un chaton égaré et je n'ai donc qu'envie de vous prendre un peu sous mon aile, me le permettez vous ?

Elle ne lui laissa pas le temps de répondre, venant poser sa main sur son front pour vérifier s'il n'était pas prit de fièvre. Il était chaud... En posant sa main contre sa peau, devant soulever un peu les mèches de ses cheveux cachant partiellement celui-ci, elle frémit presque. Quel étrange contact... Et en le regardant, elle retomba encore dans ses yeux, inlassablement prise à rêver. Grands, ronds, comme remplit d'un côté bon enfant que ce grand garçon ne voulait pas, ils étaient touchant de courage forcé. Quels efforts faisait-il, pour que son regard soit à la fois si séduisant et si douloureux ? Quelle destinée était la sienne ? Et pouvait-elle y entremêler la sienne, rien qu'un instant, pour tenter d'offrir à ce sombre voile sur ses yeux un éclat plus nouveau ? Son coeur, battant rapidement dans la cage de sa poitrine, se meurtrissait seul de cette attirance étrange qui, au fil des minutes, lui donnait l'impression que tout deux se ressemblaient plus qu'il n'y paraissait. C'était bête. Stupide, même. Elle se convint elle-même de ne pas secouer la tête, en chassant pourtant les pensées. Elle pouvait fuir. Fuir ce sentiment qui la gagnait, qui se nourrissait de la situation et de sa gentillesse pour l'entraîner dans la déroute d'un inconnu dans lequel elle ne voulait pas se risquer à perdre les plumes. Désormais elle devait éviter son regard. Eviter de toucher sa peau à nouveau. C'était incompréhensible, une envie irrépressible, une folie qui la gagnait subitement à lui en faire perdre le nord. Non, elle devait se maîtriser. Ce que c'était frivole, ciel, que de s'attirer ainsi à un parfait étranger ! Ah, et que ce serait encore plus inadmissible de s'en amouracher ! Elle devait rester à son unique place. Rester convenable. Encore une fois, elle se mordit la lèvre, avant de repousser ses cheveux ondulant sur ses épaules dans son dos se tenant bien droit. Quelle folie...


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MessageSujet: Re: At the touch of love everyone becomes a poet. - PV. Dragon Bran Campbell.    Lun 5 Aoû - 13:03


Crazy Wo(men)

Le néant l’avait avalé. Ce lieu obscur avait fait de Dragon une entité banale comme une autre. Au bord du gouffre précipité qu’est la mort, ou plutôt, de l’état comateux. Elle tanguait doucement au bord du ravin, les pieds à demi passés par delà les frontières. Tout au fond, elle y voyait ses yeux se refléter dans l’eau cristalline qui berçait de son carillon sauvage la vallée désertique pliant sous les coups de rafales ininterrompus par ce cher ami le vent.  En dessous de cette flaque si unique, elle y décelait son cœur. Brisé. Se faire trahir était jusqu'à aujourd’hui un mot tabou pour Dragon. Sa justice et sa justesse la poussaient dans des retranchements si sincères qu’elle ne pouvait se permettre de songer une seule fois, traîtrise dans son dos. Alors qu’elle comptait plonger, sauter, partir, une main lui agrippa le bras, lui griffant à sang la peau, touchant du bout des ongles la surface dure et rugueuse que formait son humérus droit. A ce moment, Dragon ouvrit les yeux et sortit de sa transe.

Qu’elle ne fut pas sa surprise de constater qu’un bref instant, elle s’était déconnectée du monde. Que c’était-il passé ? Elle n’en savait rien. Tout ce qu’elle sentait était la chaleur d’une main bienveillante se poser sur son dos, la poussant à s’asseoir. La jeune femme n’eut même pas la force de contester, si bien que son corps, brusquement ragaillardi par autant de sentiments et qui sait d’attirance envers la jeune libraire ne fut ni assez intense, ni assez puissant pour combler le maelström de faiblesse qui le tenaillait. C’était le sang tout ça. Oh oui, c’était le sang. Elle trouva réconfort contre le dossier de cette chaise. Ce meuble en bois semblait être son apôtre, si bien qu’elle se surprit à esquisser un sourire pour masquer le soulagement que c’était de supporter la douleur. Alors, la jeune femme disparut. Et dès cet instant, Dragon eut peur. Peur de la voir revenir avec une ambulance. Peur de ne plus revoir ce visage serein. Peur de se faire abattre… Non. Quand même pas. Peur tout simplement. Car il n’était pas coutume de laisser une blessée dans de si mauvais draps. Non, c’était inhumain de s’en aller tel une colombe en laissant pourrir sur le parterre le pauvre pigeon estropié. Etait-elle ce genre de volatile ? Dragon ne supporterait guère une seconde trahison. Mais la connaissait-elle si bien pour oser décrire une trahison ? A peine. Elle ne savait ni d’Êve ni d’Adam d’ou elle venait, qui elle était et pourquoi elle l’aidait. Pourtant, la jeune femme savait que l’explosion acre qui se répétait inlassablement, continuant éternellement de tambouriner son estomac, son bas ventre comme une masse épineuse ne provenait point de sa blessure sanglante.  Elle brûlait intérieurement, se consumait à petit feu, elle partait, s’envolait pour un autre monde plus paisible. Et ce, au fur et à mesure. Arrêtez de stresser, je vous ais dit qu’il ne s’agissait point de sa blessure.

La femme transpirait. Les sueurs glacées qui parcouraient son visage, collant tel de la cire ses cheveux à son minois blanc comme un linge, lui procuraient de si mauvaises sensations qu’elle préféra s’essuyer contre son blouson. Brusquement, elle avait froid. Pourtant, l’ambiance chaleureuse de la pièce, du  lieu, ne pouvait que l’apaiser. L’apaiser d’un sommeil lourd, vorace, et qui hurlait d’en dessous les catacombes qu’il avait déjà la moitié du sang, maintenant, il désirait le reste. Encore une fois, lorsqu’elle se sentit défaillir, qu’elle ne fut pas son soulagement d’entendre la voix de fée qui à présent, la sortait d’un second cauchemar.

- Posons-nous donc, que je puisse voir si vous n'êtes pas blessé. Je ne peux décemment pas vous laissez ainsi, vous me faîtes bien penser à un chaton égaré et je n'ai donc qu'envie de vous prendre un peu sous mon aile, me le permettez vous ?

Elle voulut répondre, bien que la preste libraire ne lui en laisse pas l’occasion.  Pourtant, elle se mordit la langue au contact de l’inconnue, observant ses deux yeux magnifiques de près pour la première fois. Dragon se sentait délirer. Littéralement. Si bien que ses sueurs froides crurent juste de se révéler être en réalité, brulantes. Elle aurait bondit sur ses pieds pour s’opposer à la définition de la belle inconnue, mais il était impossible pour elle de susurrer sensuellement un mot « d’antan » à ses oreilles. Il lui était très reconnaissant de l’avoir aidé, très juste. Tandis qu’elle, en était absolument toute retournée.  Dragon ne pouvait détacher son regard de la femme puis se résigna. Après tout, elle ne l’avait pas trahis.

Dans un élan qui se révéla être un effort surhumain, la blessée dézippa le bas de sa veste qu’elle jeta doucement sur les cotés avant, dans un râle de douleur, de soulever son débardeur moite, peigné d’un rouge accusateur dont l’odeur âcre et virulente de sang aurait tôt fait d’éloigner les plus sensibles. Sous cet amas de tissus inappropriés pour un mois d’Août, il y avait le treizième mois de l’année. Autrement dit, une blessure si longue qu’on pourrait y inscrire chaque jour en taille douze sans aucun souci. L’arme avait transpercé le flanc gauche de l’avant vers l’arrière, emportant sans aucun doute avec elle des os brisés et qui sait des organes atteins. A en juger par l’air de mourant qu’affichait Dragon, on pourrait croire qu’elle était vraiment au précipice de la décadence, pourtant, aucune fonction principale de son corps n’avait été détruite et elle pouvait très bien s’en tirer avec du repos. Après tout, elle avait déjà empêché le pire en improvisant une compresse avec… Tenez vous bien, sa propre ombre. Que c’était pratique de pouvoir en faire ce que l’on voulait. Alors qu’elle rigolait d’un rire qui se voulut jaune, elle plongea son regard dans celui de la belle. Dieu que son habitude de se mordre les lèvres était excita- Dragon n’en pensa pas plus. Se coupant elle même dans ses pensées. Que se passait-il ? Pourquoi ressentait-elle cela ? Elle délirait surement.  Encore un coup du sang.. Ca ne pouvait être que le sang.

Hu.. C’est gentil de m’aider… (Articula t-elle en se grattant la gorge) Je suis Dragon.. Malgré votre charmant sourire et.. vos yeux renversant.. Je ne peux y lire votre prénom..

Il conclut en souriant doucement, tendrement, comme si cet acte allait devenir humain pour se poser et épouser la peau mielleuse et opaline de la belle libraire. Il espérait. Et brusquement, il eut peur une seconde fois. Peur qu’il découvre qui ELLE était. Son cœur accéléra brusquement, lui causant une toux fort désagréable. Pour se rattraper, elle ramena une main vivement contre sa poitrine – fort bien cachée – et l’autre, celle évidemment qui n’avait point de sang, la posa sur la joue de l’inconnue pour lui caresser celle-ci. Voilà qu’il délirait encore, on put l’entendre à son « Que vous êtes magnifique. »

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Dernière édition par Dragon Bran Campbell le Lun 25 Nov - 23:53, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: At the touch of love everyone becomes a poet. - PV. Dragon Bran Campbell.    Lun 5 Aoû - 15:31


Ivre. Elle se sentait comme ivre. Une chaleur oppressante l'avait prise au dépourvu, trop rapidement, et elle sentait que le tissu de sa robe s'était mit à lui coller à la peau, lui donnant l'impression d'étouffer presque alors que l'air était léger dans la librairie. Elle se battait encore contre une partie d'elle même, celle-ci même qui lui donnait cette impression d'être tombée dans une vertigineuse décadence, dans une folie qui peu à peu dégradait sa sérénité. Depuis quand avait-elle la manie de se mordre la lèvre ? Ah, depuis qu'elle tentait aussi fort qu'elle le pouvait de ne pas se perdre dans les yeux de l'inconnu... Quelle infamie, que ce sang qui lui battait aux tempes, lui donnant l'impression que sa tête allait exploser d'une minute à l'autre. Quelle injustice, d'être tombée, seule, sur un être d'une aussi grande élégance ! Elle ravala discrètement sa salive, ayant du mal à la boule dans sa gorge, et laissa le blessé relever les couches de tissu qui couvraient ce qu'elle craignait de voir. A juste titre. Une grande balafre, qui avait couper d'un coup visiblement sec une peau blanche, fragile. Ce n'était pas beau à voir... Un instant Kyrie cru bien qu'elle aurait pu tourner de l’œil. Pourtant, elle demeura posée et observa la plaie sous toutes ses coutures. Malgré son silence, il était assez simple certainement de deviner qu'elle ne trouvait pas pas cette chose sous ses yeux banale.  Dans quelles circonstances pouvait-on se faire de genre de chose ? Beaucoup d'idées lui vinrent à la tête, pourtant elle préféra n'en imaginer aucune, tant elle s'effrayait elle-même de ne voir d'un instant à l'autre les images lui venir à l'esprit, sanglantes, de blessures abominables et sans aucune justification valable, quelle qu'elle soit.

Ses yeux avaient du mal à rester poser sur la blessure. Quelque chose d'étrange la couvrait. Comme un fin voilage noir, elle était visiblement aussi bien pansée que possible. Et pourtant, quoi qu'elle en pense, Kyrie ne voyait rien de plus qu'une sorte de marque noire. Elle assombrissait même l'intérieur de la balafre, étrangement, et donnait à son sang s'écoulant une couleur presque noirâtre à son tour. De quoi s'étonnait-elle ? Tout était presque possible, ici ! Peut-être était-ce une forme à laquelle elle n'avait jamais songer de pouvoir. Le rire de l'inconnu l'arracha à ses observations. Au moins, il avait encore la force de rire de la situation. Kyrie aurait aimé pouvoir en faire autant, si elle n'était pas encore en train de se demander comment elle pourrait soigner une telle injure.

- Hu.. C’est gentil de m’aider… Je suis Dragon.. Malgré votre charmant sourire et.. vos yeux renversant.. Je ne peux y lire votre prénom..

Voilà que la chaleur la reprenait encore, à vif, lui donnant un battement de cœur qu'elle ne parvenait pas à apaiser. Peut-être était-ce vraiment juste de la folie ? Ou l’adrénaline, aussi, c'était bien possible. Elle se pencha en avant, poussant d'un coup net encore ses cheveux dans son dos pour qu'ils ne touchèrent pas la blessure, la regardant encore pour son humble part. Ça n'allait pas être simple... En farfouillant dans la trousse de secours, les mains stables malgré la panique qui faisait rage comme un ouragan en elle, elle réfléchissait encore puis entreprise de désinfecter cette abominable ouverture. Ce ne serait pas sa faute si cela piquait. Quoi que, à son stade de souffrance pensait-elle, l'inconnu ne devait plus penser à grand-chose. Elle l'écoutait respirer, tentant de vérifier que son rythme de respiration reste constant, ne se saccade pas outre mesure.

- Vous n'avez pas besoin de savoir le prénom que je porte. Et puis, ne pas le savoir, cela vous fait une raison de me revenir une prochaine fois., glissa t-elle doucement, comme dans un murmure, sa voix ayant prit d'elle-même le ton le plus séduisant qu'elle puisse porter.

Discrètement, elle reposa ce qu'il lui avait fallut pour désinfecter soigneusement. Les compresses étaient couvertes de sang, celui-ci avait même parfois toucher le bout de ses doigts. Et pourtant, elle n'y prêtait pas une particulière attention, encore plongée dans l'effort qu'elle devait faire pour maintenir ce blessé éveillé et conscient. C'était une bonne chose qu'il lui parle. Il devait rester focaliser sur elle, ne pas fermer les yeux. Une main de cet inconnu se posa sur la joue de la libraire, en une douce caresse, alors que l'autre réprimandait une quinte de toux en allant contre son torse. Kyrie, respirant aussi calmement qu'elle en était capable, tentant de garder la maîtrise de ses gestes, le contrôle d'elle-même, attrapa une aiguille et du fil stérilisés après s'être vaguement nettoyer les mains d'un produit ayant comme une forte odeur d'alcool, pour tenter de recoudre l'ouverture. L'aiguille passa à travers la peau et elle déglutit maladroitement, discrètement aussi, devenue pâle et perlante d'une sueur d'inquiétude. Elle pouvait bien soigner cela ici, tout du moins faire ce qu'elle pouvait, mais il faudrait probablement malgré tout qu'il aille à un hopital, ce serait plus raisonnable, mieux, et la blessure guérirait plus vite. Après tout, elle savait les premiers soins, ceux d'urgences, encore et toujours apprit par sa mère, mais n'avait pas le niveau d'un médecin. Une voix, au-dessus d'elle, toute proche, car elle avait du se poser au sol devant l'inconnu, lui descendit aux oreilles, la faisant légèrement rougir.

- Que vous êtes magnifique.

Il divaguait. Complètement. Mais c'était bien compréhensible, à la chaleur qui émanait de son corps et qu'elle sentait au travers de sa main encore posée contre sa joue. Dans l'air se mêlaient l'odeur des livres, du sang, de l'alcool, à en perdre la tête. C'était âpre, saisissant à la gorge, noueux au ventre... Un instant elle contint un hoquet de dégoût. C'était abominable, effroyable. Comment pouvait-on abîmer de la sorte, et sans vergogne, une peau aussi blanche, semblable à celle d'une poupée ? Un long silence s'imposa même à l'intérieur de son esprit. Dragon ? ... Cela lui disait quelque chose. Singulier, comme prénom, elle était certaine de l'avoir déjà entendu quelque part. Il lui revint à l'esprit la voix claire d'une jeune fille enjouée, dont le ton restait merveilleusement enfantin, et dont l'image du visage encadré de boucles blondes revenait lentement. Ses lèvres roses bougeaient, étirées dans un sourire franc, et elle sembla prononcer le mystérieux prénom que, entourée par de nombreuses autres demoiselles, toutes apprécièrent. Oui, elle l'avait déjà entendu. Ou plus exactement, des rumeurs le concernant, ce prénom étrange. Pourtant, rien de particulier ne lui revenait. Un instant elle figea l'aiguille, en dehors du morceau de chair qu'elle venait de repriser. Sa taille, visible à son haut levé dévoilant presque la naissance de ses hanches, était tellement fine... Comme quoi certains hommes étaient bâtis pour être d'une beauté presque féminine a en rendre jalouse la gente originale. Elle eut presque envie de rire, mais n'en fit bien évidemment rien, en reprenant son travail, les mots de Dragon encore roulant dans sa tête comme un rouleau pâtissier sur une pâte à tarte. C'était tellement doux que, comme pour ne pas en louper la moindre miette, cela se répétait indéfiniment dans son esprit. Une fois la blessure entièrement refermée et maintenue, la soirée aussi bien lancée par ce long travail fastidieux, Kyrie pu enfin souffler en bandant soigneusement son oeuvre méthodique. Elle se releva enfin, les jambes douloureuses, lourdes, elle fit quelques pas, ses cheveux voletant à ses  revirements de directions. Ses talons frappaient encore le sol, machinalement, sa démarche se poursuivant. Maintenant, il valait peut-être mieux l'emmener à l'hôpital, que des spécialistes prennent soin de lui comme elle ne saurait pas le faire. A moins qu'il ne préfère rentrer chez lui ? En s'arrêtant de marcher, les bras croisées et le menton prit entre le pouce et l'index de sa main gauche, Kyrie tourna la tête vers la personne qui visiblement ne pourrait plus beaucoup bouger avant un certain temps, au moins pour se remettre un peu. Elle se déplaçait toujours à pied, n'avait qu'un vélo qui ne supporterait pas deux personnes à cause de son âge et de l'équilibre, et n'était pas certaine qu'un taxi aurait pu venir jusque devant la boutique à une pareille heure. Elle ne pouvait donc pas le déplacer. Bien, soit, il dormirait ici.

- Dragon, vous êtes scolarisé, n'est-ce pas ? Vous me semblez trop jeune pour être l'un de nos citoyens. Je suppose donc, par déduction, que vous êtes de la KeyShawn Academy. Tout ceci pour dire que, en tenant compte de votre état actuel, il serait peut-être préférable que vous dormiez ici, pour limiter les déplacements. Si cela vous va, me permettez vous d'appeler l'école pour les prévenir ?

Devant cette situation complexe, où les moyens étaient aussi limités, Kyrie avait retrouver son calme, malgré la chaleur qui demeurait en elle comme des bouffées hargneuses. Éreintée par cette presque suffocation qu'elle devait supporter sans broncher elle décroisa ses bras et éloigna légèrement le tissu de l'avant de sa robe, l'éloignant et le ramenant vers elle en un geste sensé happé l'air pour la rafraîchir enfin. Pendant qu'elle attendait la réponse, se disant bien que dans son état son invité mettrait du temps à parler, elle ouvrit une fenêtre. Une personne passa devant la librairie et, en regardant les livres dans la vitrine, sursauta en apercevant une sorte de flaque de sang sur le parquet. Kyrie aurait volontiers demander son aide, mais ce n'était visiblement pas la meilleure chose à faire au teint blême qu'elle avait prit. Elle fit simplement un geste d'apaisement de la main, ayant probablement trop vite oubliée que celles-ci possédaient encore les tâches du liquide écarlate dont, en refermant sa plaie, l'inconnu s'était lentement vider sur elle. Avait-elle tâcher son menton, aussi ? Elle attrapa son produit lave-main dans la trousse de secours et nettoya ses fins et longs doigts avant de frotter légèrement son menton avec un bout de compresse imbibée.

- Et demain la rumeur circulera dans la rue que j'ai tué quelqu'un dans ma librairie...

Le visage de la libraire s'était assombrit, brusquement, avant qu'elle ne baisse la tête. Son corps entier s'était mit à trembler, tressauter. Quelle misère. Bientôt tout le monde la verrait comme une meurtrière. On s'imaginerait que des cadavres devaient être cacher dans l'arrière-boutique de la librairie, ou bien planqué tous entassés les uns sur les autres sous le parquet. Après tout, ce parquet, il avait toujours fait un bruit si étrange !, diraient les passants dans la boutique. Quelque chose montait en elle. Une vague. Une énorme vague. Un ras-de-marée. Un tsunami. Brusquement, elle releva la tête, le visage radiant de joie, alors que son rire cristallin se perdait en échos dans la librairie auparavant encore si silencieuse. Ses joues rosirent sous la franche rigolade alors que, comme son rang de jeune femme le voulait, elle tentait de cacher ses lèvres d'une main. C'était si ridicule ! Kyrie, tuer quelqu'un ! Elle qui n'avait même pas la force de porter sur plus de cinq mètres un pack d'eau !  Notre libraire s'imaginait déjà toute l'histoire si ses employés arrivaient demain en entendant une pareille rumeur. Certainement à cause de la retombée de stress, de pression, elle ne parvenait pas à s'arrêter de rire, si bien qu'elle devint rapidement assez rouge. En constatant cela par la chaleur qui lui prenait la tête, elle se racla la gorge et soupira d'aise, reprenant son calme habituel, malgré un léger sourire amusé qui restait accroché au coin de ses lèvres. En se tournant vers le blessé elle posa ses poings fermés sur ses hanches, d'un faux air sévère.

- Voyez-vous un peu quelle pagaille il se passe ici ? Ciel, je viens de passer du statut de libraire à meurtrière aux yeux d'un de mes potentiels clients. Quelle mauvaise publicité !



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MessageSujet: Re: At the touch of love everyone becomes a poet. - PV. Dragon Bran Campbell.    Lun 25 Nov - 23:51


Dat Situation

A mesure que la lame souillait lentement son corps pour le coudre tel un vulgaire morceau de porc, Dragon brûlait intérieurement. La chaleur étrange qui émanait des gestes de la libraire ne le décontenançait point mais son visage si doux et innocent la dérangeait au plus haut point. Il fut d'un refus une acceptation. Il en allait de soi qu'après avoir essuyé un échec même à but séducteur, la jeune femme ne se sentait plus l'âme de s'aventurer sur des terrains aussi glissant. Pourtant, elle avait appréciée cette rougeur furtive sur le visage de la belle. Elle s'était même délectée de son air concentré. Plus la tendre femme avançait dans sa tache, plus la blessée la dévorait des yeux. Non que le sang la rendait particulièrement attirante, c'était cette aura fragile et unique qu'elle dégageait comme l'arôme dissonante d'une forêt au cacao sucré; aphrodisiaque. Pourtant, il suffit juste d'une hésitation pour bouleverser notre Campbell. Dans les brides de son métier, afin de faire régner l'ordre, notre jeune Dragon avait du se montrer unanime, fort et sans pitié. Lorsqu'il déchiquetait ses proies en vociférant durement leur sentence, il avait sut déceler la peur, les regrets mais aussi le plus unique sentiment : Le doute. Dragon n'avait jamais été un homme et c'était d'une certaine évidence qu'il reconnaissait ceux qui doutaient de son sexe. Mais pour cette atroce délicieuse libraire, elle ne voulait pas être découverte. Elle adopta instantanément un masque froid et douloureux lorsque l'inconnue fini sa tache.

-Dragon, vous êtes scolarisé, n'est-ce pas ? Vous me semblez trop jeune pour être l'un de nos citoyens. Je suppose donc, par déduction, que vous êtes de la KeyShawn Academy. Tout ceci pour dire que, en tenant compte de votre état actuel, il serait peut-être préférable que vous dormiez ici, pour limiter les déplacements. Si cela vous va, me permettez vous d'appeler l'école pour les prévenir ?

-Que..Qu-Quoi ?

La jeune femme était a son tour déstabilisée. Elle ne s'était pas attendu a passer la nuit dans cet endroit et encore moins entendre autant la voix cristalline de l'inconnue. Elle ignorait totalement ce qui sévissait dans son cœur, une confusion certaine ma foi.. Mais il savait très bien ce qu'il fallait répondre. Il savait très bien ce qu'il fallait faire. Sans hésiter, Dragon passa sa main dans la poche de son jean lentement à la recherche de son téléphone. Sa cicatrice toute fraiche lui faisait rugir de douleur, serrant les dents à chaque contraction abdominal. Il lâcha des jurons entre ses dents d'une voix grave. Alors que sa sauveuse portait ses pas jusqu'à la fenêtre, la Campbell suspendit son geste. La silhouette silencieuse mais suave de la belle se découpait dans la pénombre comme dans un enchantement. Elle voletait à son aise, s'asseyant ici même en tachant le tableau délicat de ses mains imprégnées d'un passé. Ah oui. La trahison. C'est ce qui sortit Dragon de sa rêverie reportant son attention sur son mobile. Dans un râle d'outre tombe, elle articula.

-Je..vais appeler.

Mais l'instant d'après, elle explosa d'un rire qui suspendit un sourire niais sur le visage de la blessée. C'était le détail qui fit déborder la goutte d'eau. Il devait appeler. Elle se savait...très.. attirée. Secouant la tête de droite à gauche comme pour retrouver un semblant d'esprit, Dragon tapota les touches en entendant la remarque sur la mauvaise publicité du magasin. Dragon en esquissa même un sourire.

-Ce n'est pas force d'avoir essayée. Articula t-elle tandis que la ligne sonnait creuse.

Après quelques sons déchirant le vide de la pièce, elle tomba finalement sur la messagerie. Dragon soupira lentement et ferma le téléphone avec la même énergie. Elle se tut un instant et releva la tête, plongeant ses yeux à la foi rouge et violet dans ceux rose et bleu de l'inconnue.

-Ça ne sera pas... nécessaire pour l'école... Dite leur juste que... le conquérant va bien et est en lieu sur..

Chaque morceau de phrase était ponctué d'un souffle saccadé et lourd, Dragon n'était pas en si bonne condition physique. L'inconnue lui était certes venue en aide, d'ailleurs sans elle, elle serait sûrement morte ou à l’hôpital. Dragon détestait les hôpitaux. De plus, le voila qui divulguait son identité aux yeux de tous. Mais elle devait certainement le connaitre... Il ruminait sans cesse des idées de vengeance dans un coin de sa tête lorsqu'elle se souvint d'un morceau de phrase « dormir ici ». Brusquement, le visage fermé de la jeune femme brûla sur place tandis qu'elle se mit à protester à vive allure sans prendre le temps de respirer.

-Euh je quoi ?! Dormir ici ?? Ce n'est pas que je ne veuille pas ! Au contraire !!! ça  me ferait très plaisir !! Enfin, non ! Ce n'est pas ce que je voulais dire ! Je.

Elle s’arrêta brusquement, crachant une gerbe de sang dut à l'excitation. Vraiment pas du tout rétablie. Ah bah ouais, les beaux visages ne font pas de beaux miracles. En reposant sa nuque contre le dossier de sa chaise et en prenant appuis, elle reprit son souffle. Sa tête brûlait de mille questions plus intéressantes les unes des autres. Qui était-elle ? Pourquoi l'avait-elle aidée ? Pouvait elle se doucher maintenant ? Avec elle...? Non. Sûrement pas. Elle voulait toute les aborder, plonger dans la découverte de sa sauveuse. Ah oui, elle voulait la remercier. Sans prévenir, Dragon se hissa sur ses pieds, prise d'une quinte de toux une fois debout et s'avança vers la jeune femme en chancelant dangereusement. Le parquet aurait put grincer de cette démarche lourde mais le sang qui l'avait imprégné donnait l'impression qu'elle volait dessus, y glissant à son gré. Elle se pencha en avant et déposa le baiser le plus tendre sur la joue rosée de l'inconnue.

-Merci...?

Elle cherchait encore le prénom de la belle, car oui, elle voulait le savoir. Pourtant, sans lui laisser le temps de réagir, elle continua sur sa lancée.

-J'aimerais bien me doucher... Je..

Ses yeux se voilèrent et elle tomba encore une fois dans un semi coma. Il lui fallait du repos. Si bien que son corps avachis sur le sol n'en demandait plus. Elle savait qu'elle était a demi consciente, mais pour combien de temps encore ?


HRP : 5 mois de retard. Epic. Sorry. But love you.



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MessageSujet: Re: At the touch of love everyone becomes a poet. - PV. Dragon Bran Campbell.    Ven 24 Jan - 12:18



Elle avait rit, même dans cette situation pour le moins singulière. Et son rire, étrangement, avait comme fait écho dans la librairie, se portant sur de légères notes. La panique, ou tout du moins l'inquiétude, était passée et ce bouleversement soudain dans ses émotions lui avait laisser le droit de soudain s’esclaffer d'assurance. Pourtant, ce jeune inconnu était bien loin d'être rétabli. Il secoua sa tête de droite à gauche, laissant la libraire l'apercevoir sans rien en dire. Elle avait encore chaud. Elle sentait les gouttes de sueur qui coulaient encore contre sa peau, qui gardait sa robe plaquée contre elle, qui la serrait avec une disgrâce désagréable. Son cœur avait du mal à ne pas changer sa cadence, et elle bien du mal à ne pas repenser à ces deux yeux hétérochromiques qui, si semblables aux siens, lui avait donné à se perdre, à s'engloutir jusqu'au plus profond d'eux sans aucun mal. Quelques mots, encore, de cet éphèbe puis vint à retentir dans la boutique le son plutôt sec d'une sonnerie. Un soupir et le téléphone disparaissait aussi promptement qu'il été apparut, laissant leurs yeux se croiser, se poser encore dans ces quatre couleurs unies d'un regard volé à la hâte.

-Ça ne sera pas... nécessaire pour l'école... Dite leur juste que... le conquérant va bien et est en lieu sur..

Va bien ? En lieu sûr ? Certes, la librairie n'était pas le repaire de la mafia italienne, mais pouvait-on dire pour autant qu'une boutique en centre ville était un endroit sûr ? La librairie aurait eu bien gros à parier que cette blessure venait des tâches que celui qui venait de se révéler Conquérant devait faire au quotidien. Elle-même était-elle peut-être en danger, prenant sous son aile un chaton qu'une meute de loups aurait prit pour cible. Soit, quitte à se laisser manger jusqu'au coude par cette situation comme improbable, mieux valait au moins y être courtoise. Elle garda son regard sur le dénommé Dragon et grimaça intérieurement, songeant à toute la difficulté que devait apporter rien qu'une respiration. Elle s'apprêtait à parler, à proposer un peu de repos, monter à l'étage quand brusquement le visage du Conquérant s'empourpra. C'était... Adorablement mignon. Kyrie elle-même, pourtant si souvent détachée de ce genre d'action, en vint à rougir en réponse, se sentant embarrassée pour celui qui, en face d'elle, semblait être aussi bien embarrassée. Elle créerait ainsi une boucle infinie, elle le savait parfaitement, mais ses joues réagissaient de leur propre initiative si bien qu'elle ne remarqua sa rougeur qu'en sentant subitement son sang monter à ses joues à les en chauffer.

-Euh je quoi ?! Dormir ici ?? Ce n'est pas que je ne veuille pas ! Au contraire !!! ça  me ferait très plaisir !! Enfin, non ! Ce n'est pas ce que je voulais dire ! Je.

Il y avait encore de quoi rire. Et notre belle libraire du d'ailleurs fortement s'en contenir. Ce n'était cependant pas juste. Se montrer sous un jour aussi frêle, paniqué, comme intimidé, c'était au près de la libraire lui tendre les bras et crier son nom. Bien malgré l'accélération reprise de son cœur, celle-ci tenta de garder son calme, de ne pas s'éloigner de la raison, de ne pas fondre dans cette décadence qui s'amusait à lui tendre un fruit défendu : l'amour. Croquer dans cette pomme, elle savait qu'elle ne devait plus le faire. Seulement, une fois la première bouchée prise, pouvait-on seulement échapper à la faim d'en prendre une seconde ? Elle eut envie de secouer la tête à son tour, cherchant dans son esprit ce qui pouvait bien ne pas fonctionner de manière correcte. Encore une fois, elle se sentait comme ivre. Elle agissait, mais elle-même n'était pas maîtresse de ses actes. Et bientôt, si cela se poursuivait, elle ne le serait plus non plus de ces paroles. A la simple pensée de cette éventualité elle se corrigea. Tordant ses doigts entre eux, elle contenait tout ces sentiments qui, sans relâche, se jouaient d'elle en l'attirant inévitablement vers ce conquérant comme un aimant à son opposé. Elle ne pouvait pas. Non, elle ne devait pas. Quoi qu'il en advienne, cela devait rester de la négation !

- Voilà que vous me semblez bien affolé de cette proposition. Je devrais peut-être la retirer et vous raccompagner à l'académie, très cher Conquérant.

Auprès de lui, elle pouvait bien murmurer quelques mots de compassion au comité de discipline. Après tout, toute sa scolarité à l'académie elle avait été fidèle partisane de ce coté. En réfléchissant encore, elle s'interrogea pourtant. Souvent, entre deux classes, elle avait entendu le nom de " Dragon " mais n'en avait jamais vraiment été accrochée. C'était certainement pour cela que cet étrange prénom, peu commun, lui revenait peut-être comme un flot de mémoire revenant à la charge de côtes perdues. le Conquérant, cependant, crachait de son sang. Notre libraire en arrondit ses souples prunelles et se précipita presque, trottinant aussi rapidement qu'elle le pouvait pour se rapprocher du blessé. Non, vraiment, elle ne devait plus se perdre dans ses pensées. S'il arrivait quelque chose à la tête pensante du "camp" qu'elle avait toujours soutenue, elle ne s'en pardonnerais pas. L'académie entière serait prise sous le joug du gang de Blaze et elle serait la seule responsable. ... Pourtant, quelque chose d'autre l'agitait tout autant. Au-delà de l'admiration qu'elle portait à cet être qui se vouait à une justice impartiale, elle voyait un cœur qui battait, rêvassant d'ailleurs qu'il puisse battre à la même mesure effrénée que le sien. C'était atroce. Une véritable torture. Elle se perdait, elle se noyait, mais elle n'avait pas le courage de battre des bras, de gesticuler, de crier à l'aide. Elle se noyait, seule, et s'abandonnait à cette eau qui, l'ayant conquise, se glissait jusqu'au creux de son poitrail pour en remplir le vide d'un souffle nouveau.

Elle regardait encore, sans rien dire, bien que son visage ait certainement trahi son inquiétude. Le Conquérant avait reposer sa nuque contre le dossier de la chaise et, un instant, notre fille de la lune eut du mal à ne penser à rien. Quelques mèches violacées avaient glissé de ce visage d'ange pour rejoindre leur masse initiale et, ainsi, tout les traits de cette face étaient visibles. Elle aurait presque pu jalouser ces traits fins, ce menton décidé mais délicat...

Le Dragon de Conquérant se releva. Kyrie s'en étonna, se rapprochant un peu en cas de nécessité de soutiens. Elle divaguait, et ce beaucoup trop loin. Elle se força a garder la tête sur terre, alors qu'elle se sentait soulever étrangement comme pour rejoindre les nuages. L'ombre dansait encore par les fenêtres de la librairie, projetée par les réverbères de l'extérieur. Il se rapprochait. D'un pas qui sembla presque léger, il se rapprocha d'elle. Son cœur s'arrêta. Tout battement était vain, plus rien n'avait de sens, tout s'engouffrait inexorablement. C'était la fin. Un contact, le plus simple du monde d'ailleurs, et l'anglaise disparaissait encore. Elle fondait sur place. Les lèvres du jeune homme rencontrèrent sa joue et, instinctivement, elle baissa le regard, cherchant à trouver à quoi penser pour ne pas repartir elle ne savait où. Pourtant, sa vision n'améliora pas la situation. Sur l'ombre projetée sur le sol se dessinaient leurs silhouettes. Elle en remarqua qu'il était légèrement plus grand, mais que ses courbes étaient presque aussi frêles et plus exactement que... Que leurs ombres étaient proches au point d'en sembler s'embrasser. Elle se serait fondue dans ses bras qu'elle n'en aurait pas vu la différence. Elle offert à ses lèvres un baiser que l'ombre n'en aurait pas pu peindre plus de proximité qu'à cet instant comme figé sur le temps. C'était la débandade à l'intérieur d'elle et, encore une fois, elle rougit doucement, détournant encore le regard avec une sorte de timidité.

-Merci...?

Ce n'était pas la peine de remercier. Elle n'accepterait pas ce remerciement. Et il avait même une dette incommensurable envers elle. Pourquoi, elle ne se sentait pas supérieure. Elle se sentait perdue, ailleurs. Elle le détestait juste. Du plus profond de son cœur qui désormais chantait son nom comme celui d'une fillette le ferait à un premier amour, à un premier regard décelant une attirance sur laquelle la gravité elle-même n'aurait pas d'emprise. Elle le détestait. Elle le détestait pour ce sentiment si longtemps enfouit qui subitement refaisait surface avec légèreté, sur un regard hâtif, pour une personne qu'elle ne verrait certainement qu'une fois de sa vie entière. Oui, il allait disparaître. Il allait la laisser et retourner à ses taches de Conquérant. Elle, elle pleurerait encore, elle serait encore déchirée, encore dans l'état le plus déplorable du monde. Encore une fois, notre libraire serait trahie, délaissée, et disparaîtrait non pas dans l'ivresse d'un amour mais dans le désespoir d'une âme volée sur le fil et ne lui revenant jamais. Non, elle n'accepterait pas ces quelques mots. Pour la simple et bonne raison qu'elle désirait bien plus que cela. Dans son esprit vagabondait encore les images bien trop mirifiques d'une idylle parfaite, des images qui ne refléteraient jamais la vérité. Des images sur lesquelles elle s'attardait pourtant...

-J'aimerais bien me doucher... Je..

Combien de temps avait-elle réfléchit ? Combien de temps avait-elle passé perdue dans ses idées toutes mélangées ? Il lui semblait que quelques secondes tout au plus étaient passées, mais peut-être se trompait-elle. Tout bien était que son opposant avait de nouveau parler. Avant de s'effondrer. Non, elle ne pouvait absolument pas penser à cela comme étant un détail. Elle-même rêvait de défaillir, de s'effondrer et d'être intouchable, inaccessible. Elle se précipita encore, tentant avec l'hésitation de la surprise de rattraper ce corps qui perdait sa force. Elle s'agenouilla au sol, se penchant au-dessus de ses yeux qui avaient perdu leur éclat, qui se vidaient progressivement comme si la nuit les avaient enfin saisit.

- Dragon !

Elle n'avait pas su dire autre chose. Rien dire de plus que ce prénom qui se gravait encore à l'intérieur d'elle et qui brûlait comme un feu naissant de braises oubliées par le temps. Ses yeux furent parcourues de bien des sentiments mais l'inquiétude encore une fois prit le dessus sur tout le reste, la laissant se demander avec une presque panique ce qu'elle allait bien pouvoir faire. Elle devait le monter à l'étage et l'allonger. Le sol ici devait être froid, en plus d'être plus ou moins détrempé de sang. Elle souffla un long coup, tentant de rétablir son calme. Elle se sentait à bout, pourtant. Pourquoi cela arrivait-il ? Pouvait-on simplement appeler cela une rencontre, dans une situation aussi cocasse que celle-ci ? Elle ferma un instant les yeux, pensant à ses livres autant que possible. Qu'avait-elle apprit à ce sujet ? Ne pas bouger le blessé. Ah. Elle s'agita encore un peu, posant une main sur la joue du jeune homme comme pour tenter de s'assurer de quelque chose, ou peut-être le rassurer. Son autre main vint à son cou, cherchant son pouls pour vérifier s'il n'avait pas ralentit. Elle comptait, méthodiquement, puis posait ses deux mains jointes sur les joues du presque inconscient.

- Je vous demande de bien vouloir me pardonner, je risque de vous faire un peu mal...

Elle passait ses bras sous les siens, essayant de le soulever. Il était plutôt léger, pour un jeune homme, mais malgré cela trop lourd pour elle. Et elle savait parfaitement qu'elle ne pouvait appeler personne à la rescousse sans éveiller les soupçons. Elle poussa sur ses jambes, tentant d'épargner à son dos la douleur de tirer ce poids presque mort. Il était lourd. Non pas au sens figuré mais au sens propre, et à choisir elle aurait préféré pouvoir le dire au sens figuré plutôt qu'à l'autre qui la mettait encore dans une situation qui, semblait-il, n'avait pas d'issue. Elle tira encore, sentant l'effort chauffer ses muscles. Grand Ciel, cela faisait une éternité qu'elle n'avait pas fait de sport. Intérieurement elle se promettait d'aller courir un peu une fois cette histoire résolue, au moins pour éviter d'être prise de court si cela se reproduisait. Elle rit encore, tout doucement, plutôt nerveusement, en songeant que le fait que cela se reproduise serait le signe de la malchance qu'un Dieu tout puissant aurait posé sur elle.

Après une bonne vingtaine de minutes à tuer ses bras, elle parvint encore à hisser ce corps inanimé jusqu'aux escaliers dans le fond de la librairie. Elle savait que si elle s'arrêtait dans son élan, elle n'aurait pas la force de poursuivre. Cependant ce n'était plus vraiment pour elle-même qu'elle s'inquiétait. La cohue qu'allait provoqué l’ascension des escaliers allait être terrible pour Dragon. Chaque marche serait un véritable supplice pour son flan tout juste refermé. Elle omit totalement le détail des grilles encore ouvertes de la librairie et s’attela encore une fois à trouver une solution. Elle n'avait absolument rien chez elle de plus que le mobilier normal de gens normaux. Autrement dit, absolument rien pour poser le blessé dessus et le hisser plus haut. Machinalement et d'un geste rapide elle repoussa ses longs cheveux blancs dans son dos pour se dégager la vue. Elle allait devoir lui faire mal. Elle grimaça presque, abaissant ses sourcils dans un regard encore désolé. En se penchant, s'agenouillant encore, elle embrassa le front du Conquérant en lui murmurant qu'elle s'excusait encore. Mieux valait ne pas expliquer précisément ce qu'elle allait faire. Elle l'attrapa encore en-dessous de ses bras, tirant de toutes ses forces pour le faire grimper sur les marches. Le traîner comme ça était loin d'être élégant et pratique, mais c'était bien la seule solution qu'elle avait. La librairie n'était désâment pas un endroit où il pourrait se reposer. De plus, il avait demander une douche. En y songeant, la libraire s'empourpra encore. Voilà encore un détail qu'il allait falloir régler. Mais auquel elle ne voulait pas songer pour l'instant, de peur que quelques images malignes ne lui fasse perdre sa contenance.

Encore une bonne vingtaine de minutes passèrent. Voire peut-être même plus. Kyrie ne savait plus, à vrai-dire. Elle n'avait plus l'heure dans la tête. Elle n'était plus capable que de penser à ce qu'elle allait devoir faire ensuite. Elle était parvenue à glisser Dragon sur son propre lit, se fichant bien que ces draps ne soit entachés si du sang venait à couler à nouveau. En le regardant, une main contre sa tempe gauche, elle réfléchissait aussi vite que possible. Une douche, ce n'était vraiment pas une idée, cela aurait pu lui faire mal concernant la plaie qui cicatriserait à vitesse d'escargot. Elle fila vers la salle de bain, imbibant d'eau froide un gant de toilette pour le poser sur le front du convalescent. En caressant gentiment ses joues elle s'assit à son côté, laissant ses cheveux désorganisés comme ils étaient, n'y songeant plus. Elle avait peur. Et ses yeux perdu sur ce visage pâle devaient bien le signifier. Elle avait vraiment peur, peur qu'il ne lui glisse d'entre les doigts. Elle était responsable du Conquérant, oui, mais gardait en elle ce désir venant d'ailleurs de veiller sur lui, de prêter attention à ce que rien de mal ne lui arrive encore. Elle ferma les yeux avec douleur, les sentant presque brûler de fatigue. Quelque chose la blessait intérieurement, coupant son intérieur comme elle ne savait quoi avait coupé ce flan qui devait encore être abominablement douloureux. Elle délaissa les joues de ce blessé étalé et songea qu'il allait bien falloir changer ses vêtements. Non non, elle n'était réellement pas prête à ça. En tout cas, pas sans rougir furieusement. Elle r-ouvrit les yeux et rougit d'avance. Ce n'était pas gagner du tout, du tout du tout. En prenant une légère respiration elle murmura encore, mais certainement pour elle-même uniquement, que le bon dieu s'il existait devrait un jour la féliciter pour son presque courage et la pardonner pour ce qui allait certainement passer pour une sorte de perversion. Elle glissa les mains contre la fermeture éclair du lourd manteau et le dé-zippa jusqu'à son bas, en écartant les côtés en essayant d'apercevoir encore ces points de suture improvisés. Elle soupira lourdement en remarquant que rien ne semblait abusivement endommagé. En dehors de la plaie qui, en elle-même, semblait sur le point d'éclater les points. Elle grimaça en l'observant, se sentant encore affreusement coupable d'avoir du traîner un blessé comme ça. Elle embrassa encore son front, tentant d'ignorer encore une fois les battements perdus et anarchiques de son cœur affolé. Tout irait bien. Elle devait s'en convaincre elle-même ou elle ne pourrait plus jamais dormir du reste de sa vie.

Elle ne pouvait plus rien faire concernant les vêtements. Non, c'était réellement trop lui demander. Déshabillé un inconnu comme ça, elle ne pouvait véritablement pas le faire. Elle s'en excusa encore, repoussant quelques mèches de cheveux qui collaient aux joues du conquérant. Il semblait avoir de la fièvre, à cette sueur qui collait à sa peau blanche. Elle rougit encore, songeant à une chose que même nous ne dirions pas. Elle devenait folle ! C'était la seule explication qu'elle trouvait. En sortant encore de fantasmes mal assumés, elle reprit son sérieux. Cette situation en elle-même n'était pas sérieuse. Enfin, bien sûr que si. Mais elle semblait si... Irréelle... Un inconnu était venu, au crépuscule, dans sa librairie pour demander un livre, finissant finalement par relever une blessure digne d'un Spartiate rentrant d'un combat acharné. Et voilà qu'elle avait été ensorcelée, elle-même qui ne voulait pas se l'avouer, à regarder son convalescent avec les yeux les plus tendres du monde, sans savoir pourquoi. Elle savait qu'elle ne pouvait pas quitter la pièce, au cas où Dragon aurait eu besoin d'aide à nouveau, mais elle savait aussi que chaque seconde passer là, à son côté, détruisait un peu plus ses défenses. Elle finirait nue, sans plus aucune douve où précipiter cet amour fulgurant, cette attirance presque dangereuse. Non, elle ne tenait pas à s'éprendre. Pas à devenir l'amante de quelqu'un qui risquait sa vie chaque jour. Elle en mourrait d'inquiétude. Et puis, à son âge, il devait certainement avoir une petite-amie déjà. Surtout qu'elle devait être bien plus âgée que lui, elle qui avait déjà quitté Keyshawn et qui désormais vivait sa vie d'adulte. Non, elle ne pensait pas pouvoir influencer la vie d'un jeune homme qu'elle aurait certainement encore pu appeler adolescent. Ce n'était pas à elle de faire ça. Elle le regarda encore un moment, finissant par détourner le regard, ce sentant comme lacérée de ronces qu'elle-même ne pouvait pas voir.

- Reposez-vous, je vais essayer d'appeler l'école à nouveau.

Elle avait, à sa joie infinie, encore le numéro écrit sur un post-it sur son frigidaire dans la cuisine. Elle le décrocha presque nerveusement, avec hâte, et fila vers son fixe dans le salon pour appeler. Alors que les sonneries tardaient, elle se penchait pour tenter d'apercevoir le blessé, vérifier s'il allait bien. Finalement, ce fut encore le répondeur. A croire que personne là-bas n'entendait sonné ce fichu téléphone. Elle soupira lourdement. Très mauvaise habitude qui la prenait. Elle s'en mordit la lèvre. Encore plus néfaste habitude. Elle laissa un message signalant que le conquérant était en lieu sûr, même si elle-même douta du mot, et donna son nom et son adresse. En entendant qu'il s'agissait d'elle, l'école ne devrait certainement pas paniquer. Ils viendraient cependant probablement le chercher dès qu'ils auraient écouter ce message. Elle baissa le regard en reposant le combiné du téléphone sur sa base. Elle n'avait même pas le droit de le retenir, surtout dans son état. Et l'académie s'occuperait bien mieux de lui qu'elle avec ses moyens du bord. Elle se glissa encore dans la chambre, tirant les rideaux, n'allumant que la lumière, faible, de la lampe qui, près d'un fauteuil, lui servait en général à lire. En s'installant dans ce même fauteuil elle tenta, tant bien que mal, d'arranger ses cheveux qui finissaient par la déranger. Dans un lourd soupir, loin d'elle désormais les rires, elle sombra dans une tristesse qui la toucha bien trop pour qu'elle ne pu l'ignorer.

- Je me demande s'il fera beau demain..., murmura t-elle, assise comme une poupée de porcelaine dans ce fauteuil dans lequel elle aurait rêver de se fondre pour s'endormir, rejoindre un pays, un monde, où Dragon n'aurait pas pu occuper ses pensées.



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MessageSujet: Re: At the touch of love everyone becomes a poet. - PV. Dragon Bran Campbell.    Sam 25 Jan - 16:06


Ne me...Quitte pas...



-Dragon !

Fatigue. Peine. Douleur. Mais son prénom. Cette sonorité unique qui sortit de ses lèvres, son corps, son cœur. La jeune femme qui malgré tout sombrait dans cette sorte de coma entendait tout ce qui se passait, ressentait encore les blessures de son être, les sensations les plus distinctes. Mais tout était noir. Complètement. Tel un nuage lugubre et pesant, sous ses paupières planaient l'inconnu, le vide. Elle perdait pied, non tout ce qu'elle voulait c'était se reposer. Sa blessure ne s'infecterait pas. Les ombres, son monde, lui sauverait la vie. Et puis... Il y avait aussi son ombre à elle. Sa présence, sa douceur, ses mains sur les joues de la malade. Diantre, quelle sensation ahurissante. Dans son monde inanimé d'aveugle, Dragon vivait ses quatre sens en grand théâtre. Elle n'entendait plus qu'elle ne devait entendre, tel le souffle de l'inquiétude planer sur la belle libraire. Elle sentait ses paumes chaudes rassurantes se prélasser sur sa peau, encore comme jamais. Et même si la salle avait le goût de la peur, elle dégageait une arôme bien particulière; celle d'un sentiment naissant. Subitement, l'inconnue, sa sauveuse, s'excusa et, l'ancienne femme aux cheveux corbeau se sentit traîner sur le sol. C'était long, fastidieux, difficile à supporter comme douleur. Enfin... « Difficile », la jeune femme ressemblait à une patate molle sans vitalité, un légume sans goût, un homme sans vie, un cadavre. Il en allait de soi qu'elle ne pouvait guère grimacer, ses muscles refusaient de réagir à la douleur. Heureusement qu'elle était la.

Puis, le supplice prit fin. Un peu prématurément, pour le Conquérant ça n'avait semblé que si peu long. Elle se sentait reprendre consistance, la, à même le sol. Elle brûlait d'ouvrir les yeux pour plonger dans le regard colorés de deux saveurs de la libraire. Il voulait s'enfuir pour échapper à ce sentiment naissant, mais pas elle. Pourtant, l'énergie ne lui vint même pas lorsqu'elle sentit de douces lèvres embrasser son front, en effet, elle perdit plutôt la raison. Sous ses paupières fermées, la femme avait le cœur haletant. Sa course si effrénée ne semblait pas tourner, son rythme ne perdait pas de s'accélérer, c'était si dur de concourir contre sa raison. Elle, elle bouillonnait. La raison aussi semblait à bout de souffle, réfléchir, toujours des réflexions. Toujours savoir s'il fallait ou s'il devait. Dragon se battait avec elle même. Un combat rude sous une apparence calme et sereine. Et alors, qu'en saurait-elle ? L'amour rend faible criait le Conquérant. Non ! L'amour c'est la base du bonheur ! Répondait la dragonne... Ou plutôt la Dragon. Et la question revint. La même. Le Conquérant grimpa sur les épaules de la Dragon et lui chuchota vilement aux oreilles :  « Mais, elle semble attirée par un garçon. »

Ce fut la dernière pensée qui achemina l'adolescente avant de véritablement perdre conscience. Un escalier. Dès que la première marche fut franchi, l'esprit lui quitta. Il n'y avait plus que le noir. Un noir total. Vorace. Avide. Tueur. Elle crut qu'elle en mourrait même. La lucidité lui revint tel un tendre oiseau messager lorsqu'un torchon d'eau glacée fondit tel du chocolat sur son front. De la fièvre ? Pour sur. Mais cette rougeur qui ne devait plus trop se voir dans cet pénombre était du à autre chose : les doigts de fée de la jeune femme. Elle se laissa bercer par la douceur, la protection que lui offrait cette inconnue dont le nom restait inconnu. Cela frustrait beaucoup Dragon car au moins, elle, elle savait qui il était. Mais pas elle. La vérité lui tomba dessus avec fracas, et oui, elle ne l'aimerait pas pour elle. D'ailleurs, l'appréciait-elle ou il, seulement ? Question à laquelle la réponse divine restait sourde et où, le cœur et la raison finissaient ex-æquo sur la ligne d'arrivée. Rien ne semblait prétendre à la justice, rien ne semblait la soulager. Si ce n'était que la présence de la femme à ses cotés. Qui ignorait sans aucun doute que Dragon était totalement consciente mais qu'elle n'avait guère la force de faire quoi que ce soit.

-Reposez-vous, je vais essayer d'appeler l'école à nouveau.

« Non ! Restez ! » C'est ce que voulait dire Dragon, ce qu'elle voulait hurler de tout son être. Mais les mots s'agglutinèrent dans sa gorge et avant même de pouvoir en laisser sortir une bride, ils se ravalèrent instantanément dans la douleur la plus acide au monde. La jeune femme se sentit brusquement seule. Elle n'avait pas envie de retourner à l'académie, elle se sentait si bien ici. Mais il devait prévenir autrui que son adjoint l'avait trahi. Il devait le faire pour assurer une prospérité à cette école pour enfin défaire sa sœur, pour lui redonner le goût de la justice. Pourquoi alors, n'en avait-elle aucune envie ? Par quel sentiment burlesque ou que dis je, profond, voulait-elle rester attachée à ce lit, à ces draps, à elle ? Incompréhensible envie. Dragon se mit à rire intérieurement, un rire jaune, un rire stressé. L'avait-elle seulement une seule fois remarquée ? Le Conquérant avait toujours été très poli, très attentionné envers les habitants. Il fallait en permanence les rassurer, leur promettre une protection. Jamais il n'avait été cependant gentil ou agréable : non, le conquérant était froid. Et il le serait jusqu'à sa mort. Mais alors, pourquoi elle se montrait si faible ce soir ? La trahison sûrement. Non, elle en avait peur ? Encore une fois d'être trahie ? C'était pour cela qu'il y avait un combat. Parce que rien n'était sur, rien n'avait de base défini.

Soudain, la libraire revint et la salle retrouva cette saveur passionnelle. Dragon s'y perdit volontiers mais, malgré toutes ses attentions, il fallait qu'elle comprenne quelque chose. Elle se rendit compte soudainement qu'il lui manquait sa veste. Non... Etait elle au courant de sa véritable identité ??? La jeune femme eut peur et puisa dans toute ses réserves pour ouvrir les yeux doucement, mais son élan fut coupée par une phrase, murmurée dans un soupir triste.

-Je me demande s'il fera beau demain...

Dragon observa la douce créature dont elle se savait éprise maintenant puis leva son bras avec douleur et attrapa du bout des doigts la main de la libraire.

-Oui...

Cette réponse était chargée de promesses, de sous-entendus, de peur aussi. La jeune femme posa les yeux sur son propre corps, définitivement, elle n'allait pas pouvoir se reposer avec autant de sueur, autant de vêtements mais si jamais elle en faisait la demande, son petit jeu de garçon finirait aux oubliettes. Elle ne désirait aucunement que la belle découvre qui elle était mais dans ses yeux las, on ne comprenait que très facilement sa demande muette sur ses vêtements. Secrètement, Dragon espérait qu'elle l'ait remarqué mais par pur prudence, elle ne voulait point. Que ferait-elle si l'académie venait la chercher ? Non. Ils ne viendraient pas. C'était tout à fait normal qu'ils ne répondent pas : le Comité avait été trahis. Et la directrice ne répondait jamais. Mais, au fond, Dragon savait que la très chère Swizola était au courant. A tout les coups, elle resterait ici, ce qui n'était pas pour lui déplaire. La femme aux yeux bicolores apporta une main à sa blessure, refermée. Les ombres la soigneraient. Demain, elle irait mieux : car l'obscurité la rendait plus forte. Elle y vivait depuis qu'elle était exposée aux radiations et jamais ses ombres ne l'avaient abandonnés. Demain, elle lui montrerait ce dont elle était capable. Peut être en fanfaronnant comme un paon, ou peut être en jouant avec son ombre. Mais en ce moment, elle n'en avait pas la capacité et la simple idée de penser au futur lui causa une terrible peine.

Dragon replongea ses yeux dans le regard de l'inconnue. Le mystère de son identité régnait toujours. C'était ça toute la difficulté de l'instant. La curiosité était si présente que la langue du conquérant fourcha... Pour articuler sans un son. « Comment t'appelles tu ? ». La femme s'empourpra immédiatement, n'ayant pas réussi à parler. De la, c'était trop. Il continuait de faire étonnement chaud, ses vêtements la gênaient toujours autant et son regard embarrassé n'arrangeait rien; non, non, non. Elle ne devait pas savoir. Tendre, Dragon exerça une pression doucereuse dans la main de la jeune libraire puis ses yeux se fermèrent d'eux même. Elle rejoignait dans son inconfort vestimentaire le plus total et la douleur de se réveiller loin d'elle, un sommeil lourd de vitalité.





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MessageSujet: Re: At the touch of love everyone becomes a poet. - PV. Dragon Bran Campbell.    Dim 26 Jan - 5:34



La course dans sa tête ne perdait pas de son élan, et pourtant elle se trouvait être plus sereine elle-même, comme si finalement elle avait poser l'amarre et avait crier à la halte pour souffler. Elle était là, dans son fauteuil, la pièce éclairée uniquement par la lumière du presque lustre qui pendait du plafond mollement. C'était... apaisant. Elle s'était interrogée à voix haute sur le temps du lendemain et, faiblement, la voix de Dragon était parvenue à ses oreilles, l'atteignant encore, la raccrochant au sol autant qu'au ciel. Elle était tiraillée. Et cette main, faible, qui vint attraper ses doigts lui provoqua comme un choc électrique. Un frisson glissa le long de sa colonne alors qu'elle avait encore l'impression que des ronces s'emparaient d'elle. Elle avait céder. Elle savait ce qu'elle ressentait, sans l'accepter, mais elle avait céder rien qu'à la réalité que ces sentiments étaient là, qu'ils s'amusaient à la mettre en doute sans vergogne, sans relâche, comme pour finalement voir ce qu'il adviendrait d'elle dans l’incompréhension d'elle-même la plus totale. Elle jeta un regard à ces doigts fins qui tenaient les siens avec une force qu'elle ne leur aurait pas pensé. Dragon devait être épuisé. Et pourtant, il s'acharnait sur ses forces visiblement pour lui tenir la main. Elle clos les yeux. Tout était trop flou. Et tout lui faisait trop peur. Rien de cette situation n'était normal, et rien ne finirait comme avant. Elle savait qu'après ce jour, après que Dragon soit retourné à l'académie, elle reprendrait le rythme de sa vie de toujours, mais que cette courte aventure de l'espace de quelques heures, qui aura fait palpiter son cœur pour bien diverses raisons, l'aura marquée, la laissera s'ennuyer de revoir ce visage doux.  

La libraire remonta le regard, cherchant à apercevoir encore ce visage, finissant sur la vue d'un regard presque quémandeur. Qu'y avait-il ? Certainement les vêtements qui, souillés de sang, ne devaient pas être confortables. Malgré cet inconfort qu'elle discernait, elle ne pouvait pas faire grand-chose. C'était définitivement trop lui demander. Elle n'avait pas envie d'être à nouveau en face d'un corps masculin. Elle n'avait pas envie de repenser à Arthur qu'elle avait aimé une éternité lui sembla t-il, et qu'elle avait laissé en morceaux en partant sans le prévenir. Elle lui envoyait des lettres, aussi souvent que possible, dès qu'un moment de calme le lui permettait plus exactement, mais elle n'avait jamais osé le r-appeler, juste pour le plaisir d'entendre à nouveau sa voix, de savoir ainsi s'il allait bien ou mal. Elle bougea sa main, remarquant que Dragon venait de céder à son sommeil. Remontant cette même main qu'elle venait de libérer elle couvrit son bâillement. Si seulement elle aussi pouvait dormir aussi profondément, comme un bébé à sa nuit la plus divine... Elle se leva, s'étirant légèrement dans quelques sons de craquements. Sa délicatesse avait prit un coup sévère à cet exercice forcé. Elle sentait tout ses muscles brûler comme si, enfin seulement, un feu infernal les avait prit sans gants. Ils tiraient, s'étirant sans qu'elle n'ait besoin de bouger particulièrement, et chaque pas semblait la rendre de plus en plus lourde. Elle, plume, qui devenait enclume. La jeune femme jeta encore un regard à ce corps qui sommeillait. Dormait-il vraiment ? Elle s'approcha à nouveau, vérifiant encore une fois ce pouls qui résistait tant bien que mal. Il lui fallait du repos. Mais elle n'osait pas s'éloigner, en cas de besoin. Elle soupira, discrètement, et sortit de la pièce, laissant pourtant la porte ouverte à demi.

Rejoignant la salle de bain la donzelle se figea devant son miroir. Elle ne comprenait plus. En posant sa main contre le bas de son ventre, elle se remémora le début de sa journée. Elle se détestait, n'était pas ce corps dont les formes lui donnaient tant de mal à se déplacer avec aisance. Elle savait que la noblesse avait faite d'elle une jeune femme accomplie, que de l'extérieur elle semblait être d'une confiance en elle que rien ne pouvait briser. Mais ce n'était qu'une façade. Et personne ne voyait au travers de celle-ci. Qui l'avait vue elle, mise à nue derrière ses barricades, n'était plus à côtés désormais. Ce scientifique, qu'elle se demandait si elle n'avait pas aimer, ou Arthur qui se butait à ne pas lui répondre, bien qu'elle lui ai écrit régulièrement, tout deux avaient fondu dans le brouillard du temps... Tout deux n'étaient plus là. Aucun d'eux n'était parvenu à demeurer là, calmement, près d'elle, à lui donner envie de fonder une famille au point de ne pas partir, au point de la retenir. Elle baissa le regard, regardant encore une fois ce ventre d'un plat banal. Elle n'aurait pas d'enfants. Pas un seul. Son nom se serait perdu de toutes façons. Ses paupières se fermèrent sur les images du passé, sur ces journées où, enamourés, elle et Arthur étaient rester côte-à-côté jusqu'au crépuscule puis, ensuite, jusqu'à l'aube. En se laissant doucement accroupir, posant ses mains contre le rebord de son lavabo, elle faiblit. La fatigue la gagnait, elle qui pourtant ne voyait plus le présent comme s'il se déroulait réellement. Ses longs cheveux blancs, rosés par reflets, glissèrent sur son visage, couvrant presque ses yeux, lui barrant partiellement la vue. Existait-elle seulement ? Tout cela n'était-ce pas uniquement un mauvais rêve dont elle finirait par se réveiller, entourée de ceux qui avait connu son premier souffle ? Elle aurait voulu s'en convaincre. Au moins pour avoir quelque chose à viser. Parce qu'après tout qui ne visait pas la Lune ne pouvait pas atteindre les étoiles. Seulement, ce côté réel d'elle s'accrochait aux sensations, à cette boule dans son estomac qui roulait et roulait comme si elle avait été une autoroute. Elle se sentait réellement écraser, brisée d'un poids qu'elle n'était pas capable de jeter au loin même dans le plus suprême des efforts.

Définitivement, quelque chose n'allait pas. A nouveau, comme au matin de cette journée qu'alors elle pensait encore banale, elle songea à sa laideur. Qui pourrait l'aimer ? Se glissa ensuite à nouveau dans son esprit cette question d'enfant. Non, elle ne donnerait pas la vie. Personne ne pourrait l'aimer plus de quelques années, personne ne pourrait penser à construire quoi que ce soit de leurs quatre mains. Elle voulait disparaître. Elle voulait être semblable à Dragon, s'endormir d'un sommeil réparateur, d'un sommeil sans rêve, d'un sommeil que rien ni personne ne pouvait modeler. Oui, elle voulait disparaître. Se frayer un chemin dans un trou de souris où plus personne ne viendrait la trouver. Plus personne sauf peut-être Aurélien. Ce petit ange, elle pensait encore à lui, qui ne l'avais pas jugée, qui avait admirée ses yeux à distance comme une merveille du monde. Il avait été sage, avait suivit ses mouvements, avait prêter une attention attendrissante à sa personne sans rien en laisser paraître. Une part d'elle, dans le secret, rêvait d'avoir un enfant semblable. Un enfant calme, doté de la compréhension de tous. Un enfant qui pourrait aimer sans retenue, même pour être blessé, et qui tirerait le bon fil de chaque situation... Elle rêvassait. Écoutant cette partie de son cœur, chantante, qui vantait les louanges de la maternité, ces secrets les plus secrets, ces mots que l'on ne devait entendre que le ventre remplit d'une vie battante et innocente, candide d'avance.

Elle soupira encore, lourdement, se redressant pour regarder son reflet dans ce miroir impeccable. Deux perles. Deux perles successivement bleu et rose. Une erreur de la nature. Fermant son œil gauche, elle regardait le droit. Changeant ensuite pour l'autre. Que laisserait-elle à un enfant ? Elle préféra cesser d'y songer. En soulevant la masse de ses cheveux blancs, les posant sur l'une de ses épaules, elle détacha le nœud de sa robe qui en tomba sur le sol, le jonchant avec lassitude, avec paresse. A nouveau, elle se voyait. A nouveau, elle affrontait cette apparence qui l'éloignait des autres. Mise à nue, seule face à elle-même, elle ne se sentait pas capable de s'accepter. Sa silhouette frêle se dessinait en des courbes délicates, souples, sur lesquels quiconque aurait rêver de poser les mains, promenant celle-ci sur une peau d'albâtre que l'appartenance à quiconque aurait marquée d'un signe infini, vermillon. Mais à ses yeux son corps n'était qu'une brindille à briser, d'un fil de fer avec lequel le "bon" Dieu s'amusait à passer le temps depuis là-haut. Ses grands yeux bicolores étaient deux mondes. Deux mondes dans lesquels l'ont se perdait, désireux de toujours plus, se noyant, succombant aux abysses d'un être. Et pourtant, pour elle, ce n'était qu'une erreur, qu'une sorte de malformation comme si elle avait été depuis sa naissance livrée à cette différence qui lui collait à la peau. Comment accepter que personne ne regarde ses deux yeux en même temps ? Tous regardaient l'un puis l'autre, parfois dans la peine de la vexer, n'en faisant que rapprocher l'inévitable faute. Ses cheveux, filaments blancs aux teintes rosées étaient souples. Tant qu'il en était parfois difficile de les nouer, ceux-ci se libérant sans cesse de toute étreinte comme dans une nature insaisissable, in-corrompue. Mais, encore une fois, notre libraire ne les acceptait pas. Blancs, comme si elle était d'une âge avancée, il lui donnait bien de l'effort le matin, comme si leur couleur ne suffisait pas, vivants qu'ils semblaient être.

Elle ôta ses sous-vêtements, glissant avec simplicité ses bras dans son dos pour dégrafer son soutien-gorge, ayant prit l'habitude de le faire ainsi, se débarrassant du reste pour se glisser dans sa douche. Enfin un peu de répit. Notre épuisée tourna la poignet de l'eau froide, puis ensuite celle de l'eau chaude, décidant qu'aujourd'hui la douche serait chaude pour apaiser ses muscles endoloris. Doucement, elle alternait entre l'eau chaude et l'autre froide, ne voulant se brusquer ni dans l'un ni dans l'autre. En suspendant le pommeau de douche à son accroche murale elle plaqua ses cheveux contre sa tête, s'en débarrassant de ses deux mains. L'eau lui vidait l'esprit. Elle glissait contre sa peau, en abreuvait les pores, rendait la fraîcheur. un instant, elle s'enfuit de tout. De qui elle pouvait être, bien malgré elle, de ce jeune homme blessé qui dormait dans ou plus exactement sur son lit, de ce meilleur-ami qui avait fondu dans la nature et de ce scientifique qui avait confondu un non avec un oui. Elle s'attarda sur le vide, chargeant son esprit de questions existentielles pour se brûler les neurones, pour les faire s'activer d'autres choses que ces dernières paniques qu'ils avaient provoquées. Elle pencha la tête vers l'arrière, laissant ce flot couler contre ses joues, contre ses cils qu'il plaquait sur sa peau sous le poids des gouttes. Oui, elle parvenait enfin à se tranquilliser, à se retrouver elle-même. Elle retrouvait cette Kyrie que ni la vent ni la grêle n'atteignait, parce qu'elle connaissait sa vie tranquille, parce que connaissait qui elle était entièrement, parce que les doutes n'existaient pas. Déjà, elle songea avec un calme nouveau à sa journée. Tout ceci s'était passé avec une brusquerie qui ne lui avait presque jamais laissé le temps de dire quoi que ce soit. Cependant, en faisant le bilan depuis l'extérieur, elle s'avouait avec humilité qu'elle avait agit avec raison, sagesse. Quant à l'affaire de ce Conquérant, elle n'avait pas pu y faire grand-chose. Elle avait du agir vite, dans la précipitation, tourmentée par des sentiments qu'elle ne comprenait pas. Elle soupira, laissant des gouttes d'eau parvenir jusqu'à ses lèvres entre-ouverte. Demain, elle devrait garder son calme et sa contenance. L'académie viendrait chercher Dragon et. Et... Et tout serait fini.

Elle se regardait encore, dans ce miroir où elle s'était sentie comme changée, subitement. Pourquoi se sentait-elle à ce point le cœur léger ? Était-ce uniquement normal ? Était-ce encore l'influence de ce jeune homme ? A peine sortie de la douche, elle se retrouvait là, face à la matière lisse, se cherchant la petite bête sans plus la trouver. Encore un bouleversement qui lui fit se demander si elle ne devenait pas quelqu'un d'autre. Quelque chose d'autre. A l'idée de se qualifier de chose elle soupira presque d'aise. Elle n'avait décidément plus les idées claires. Tout allait bien. Elle était elle, et elle ne changerait pas, pas même pour les plus beaux yeux du monde. Notre française se glissa dans son bas de pyjama, tombant légèrement sur ses hanches, d'un noir d'encre, et enfila un débardeur de même couleur sur lequel se baladaient pourtant des motifs floraux asiatiques. Un dragon, imposant, coloré entre le vert et le rouge se frayait un chemin entre les pétales et en regardant cet amas Kyrie n'eut qu'un nom à l'esprit. Spider Lily. Elle sourit légèrement. En attrapant un élastique elle se saisit de la masse de ses yeux mouillées et entreprit d'en faire une longue tresse à quatre mèches. Non pas qu'elle est voulu faire complexe mais simplement parce qu'en réalité elle y arrivait mieux ainsi, certainement habituée aux coiffures compliqués que ses années de vie au manoir lui avait apprit à supporter. Avec patience elle avançait dans sa tâche et, une fois celle-ci finit, elle se faufila jusqu'à sa chambre, voulant éteindre la lumière pour laisser un peu plus de repos à Dragon. Celui-ci dormait toujours aussi profondément, comme un loir, et elle s'en trouva presque attendrie. En le regardant, notre libraire s'inquiétait toutefois. Ces vêtements devaient être un supplice à porter, dans l'état dans lequel ils étaient. Elle fit un pas, hésitant, le suspendu au milieu du geste, se questionnant. Il ne semblait n'être blessé qu'au flan, si elle ne retirait donc que son haut pour lui permettre d'être plus léger, ça ne poserait certainement pas de problème...?

Elle opta pour cette idée. Simplement le torse d'un jeune homme, ça ne devrait pas être trop compliqué pour elle qui avait longtemps visiter l'amour avec son meilleur-ami, son ami d'enfance. Malgré ça, une sorte de timidité la gagnait. Et s'il ouvrait les yeux à ce moment-là, à ce moment précis, qu'aurait-elle à dire ? Elle n'avait pas spécialement envie de passer pour elle ne savait trop quoi, et surtout pas en voulant rendre service. Dans une autre situation le problème aurait été moindre, mais face à un jeune homme dit d'affaiblit, elle avait peur que cela ne soit réellement prit de travers. Elle soupira, encore une fois, posa une main contre son front, balayant la pièce du regard pour occuper ses yeux à ne pas fixer cette masse qui, au final, lui causait encore des problèmes. Il dormait profondément, alors pourquoi se réveillerait-il ? Elle secoua la tête de droite à gauche pour elle-même, tentant longtemps de se convaincre de le faire autant que de ne pas le faire. La balance n'avait de cesse de pencher d'un côté, puis de l'autre, et finalement elle céda à la raison de ce jeune homme qui lui avait lancé un regard très clair. Il la pardonnerait certainement. D'autant plus qu'une faute de plus, après avoir du le traîner dans la librairie et hisser sur l'escalier, ça ne pourrait passer qu'inaperçu désormais. Elle s'approcha, calmement, allumant la lampe de chevet pour éteindre l'éclairage principal.

Ses cheveux, dans la lumière toute proche, semblait avoir prit des éclats blonds, parcourus des couleurs dont tout les imprégnaient toujours. Elle n'y prêta pas attention, bien que cela est été un spectacle attirant de ses filaments qu'elle détestait tant. Non, elle n'avait pas la tête à observer ses cheveux. Elle observait ce jeune homme endormit, livré à une douleur qui, l'espérait-elle, ne le poursuivrait pas jusqu'au profond de ses rêves. Comment pouvait-il seulement dormir d'ailleurs ? Elle cessa de réfléchir. Notre française, courageuse mais pas téméraire, eut bien du mal à s'asseoir sur le côté du lit, tout près de ce jeune homme dont le souffle roulait avec aussi bien légèreté que lourdeur dans l'air. Un instant, alors que quelque chose l'agitait encore doucement, comme pour la bercer, elle admira ces longs cils sombres liés à ces paupières qui, elle le savait, cachaient deux prunelles desquelles elle se sentait proche. Le même qu'elle. Elle secoua doucement la tête, agitant sa longue et imposante tresse dans son dos. Il était différent. C'était le Conquérant qu'elle avait sous les yeux. Elle ne pensa pas une seule seconde à l'idée que peut-être bien des donzelles auraient rêver de le voir ainsi. Après tout, bien des gens appréciaient plus que de raison le comité de discipline. Bien qu'elle sache que celui-ci n'avait pas toujours la manière la plus juste d'agir. Sa main gauche monta, doucement, se rapprochant d'une joue blanche... puis se recula. Elle se pinça les lèvres, attrapant le gantelet de toilette qui désormais n'avait plus aucune once de froid pour le poser contre la table de chevet qui, heureusement, n'était pas entièrement de bois mais aussi couverte d'un fin plateau de marbre à son haut. Bien, maintenant elle savait qu'elle pouvait agir sans qu'il n'y ai de réaction de la part de cet être qui bougeait les yeux sous ses paupières, elle en était convaincue, à celles-ci qui semblaient bouger. Il rêvait. Mais il ne s'en souviendrait certainement pas le lendemain, effaçant toutes ses rêveries dans ce sommeil de plomb.

D'une courte respiration qu'elle faisait remonter dans sa poitrine, Kyrie s'encouragea. Agir sans conséquence pour ce gant, ce n'était pas bien compliquer. Mais pour retirer ses vêtements à ce jeune homme, elle allait devoir partiellement le soulever, chose dont elle n'était plus entièrement sûre d'être capable. Son manteau dé-zippé serait le plus simple. Ou presque. En se glissant sur son lit, la demoiselle s'assit à califourchon sur les jambes de Dragon, ne trouvant pas beaucoup d'autres solutions pour pouvoir le soulever facilement et de ses deux bras. Elle retint sa respiration, soupira profondément pour garder son calme et son esprit lucide. Il fallait le faire. Eviter le combat ne rapportait jamais de médaille. Aussi longtemps qu'elle le pu, elle se répéta cette phrase intérieurement, tentant d'ignorer les battements de son cœur qui, de seconde en seconde, gagnait en vitesse aussi bien par sa gêne que par le blocage qu'elle se donnait elle-même en admettant qu'elle était gênée. Si elle continuait, elle allait se figée. Elle savait qu'elle devait agir vite, mais elle n'avait pas d'autre choix que d'être délicate avec cet assoupit, justement pour éviter de le réveiller et d'être mise dans une situation qu'elle ne voulait surtout pas imaginer. Ce qu'elle fit tout de même. En posant ses mains contre les épaules de Dragon elle poussa les côtés de son manteau, tentant de les abaisser autant que possible. Malgré son agitation intérieure digne de Pearl Harbor elle parvint à retirer un à un les bras de Dragon de leurs manches. L'entreprise était déjà fastidieuse avec quelque chose d'ouvert, mais alors pour un débardeur... Un instant, la douce noble voulu abandonner, lever les mains et partir. Mais elle n'en avait pas le droit de toutes façons. Pour cette demande que le jeune homme lui avait glissé, elle devait être courageuse. Au moins encore un peu.

Elle tira doucement les bras du poids mort vers elle pour le soulever, tentant comme elle le pouvait de faire tomber le manteau du lit. Une fois ceci fait, après une bonne dizaine de minutes, elle se questionna. Est-ce qu'elle devait laisser retomber ce corps ou retirer le débardeur depuis cette situation-là ? Elle jugea bien vite qu'ainsi serait plus rapide, même si forcément moins confortable. Elle passa un bras autour de la taille de ces kilos qui la torturaient et le retenu comme elle le pouvait, attrapant de sa main de libre le débardeur noir pour le hisser vers le haut. Le corps, lourd, qu'elle n'arrivait plus à tenir correctement, s'affaissa vers elle et, alors qu'elle écarquillait les yeux, quelque chose s'appuya contre elle. ... Pardon...?

La libraire faisait les cents pas dans son salon. Il n'y avait plus de lumière chez elle en dehors de cette pièce à laquelle elle restait attachée, ahurie. Une main contre ses lèvres, le regard perdu sur le plancher, elle tentait de comprendre ce qu'il venait de se passer, exactement. Quelque chose l'avait toucher, s'était appuyer contre sa poitrine et, en repoussant ce corps lourd, elle était tomber sur une surprise des plus inattendue. Une poitrine. Un sérieux problème, entre autres. Loin d'elle l'idée de douter de la nature du Conquérant mais... Mais maintenant elle savait un secret. Même en tentant de se persuader que les secrets étaient fait pour être découverts, elle ne se retirais pas de la tête cette scène épouvantable. Depuis le début de cette aventure rocambolesque elle avait eu un faible pour... pour une femme. Une femme tout comme elle. Elle se figea, écarquillant les yeux. Venait-elle seulement d'avouer qu'elle avait eu un faible pour lui ?! Enfin, pour elle ! Se sentant désorientée, comme si toutes ses connaissances étaient remises en cause, elle se laissa tomber sur son canapé. Le tissu de celui-ci grimaça, mais elle n'en prit pas connaissance, perdue au milieu de ses pensées. Comment était-ce possible ? Quelqu'un d'autre savait-il ? Elle repensa à ce surnom. Le Conquérant. Si les autres avaient su, ils auraient mit ce surnom au féminin. Cela faisait maintenant un moment que notre française avait quitter l'académie en elle-même, mais elle était belle et bien sûre et certaine que les rares fois où ce nom était apparu, avait été entendu, tout était du masculin. Elle se pencha vers l'avant, attrapant sa tête entre ses deux mains, cherchant la logique derrière ce qui, vraisemblablement, n'en avait pas. Pourquoi se faire passer pour une homme ? Certes, une femme n'était pas le symbole de la force, mais était-ce nécessaire pour autant de ce faire ce mal ? Peut-être était-ce un hobby ? Elle cessa immédiatement d'y songer, sentant un coup de froid lui parcourir les membres. Elle la plaignait, cette jeune homme qui avait du cacher jusqu'à sa nature pour une justice à laquelle bien peu se tenaient... Elle la plaignait et... la désirait. Aussi fou cela était-il pu paraître, le choc de cette information n'avait pas éteint pour autant ces sentiments. Elle ouvra les yeux grands, ronds, dévoilant encore deux perles différentes. Elle était...? La question et la réponse lui vinrent en même temps, si bien qu'elle s'en sentit bouleversée une fois encore. Quoi qu'elle puisse être, sa nature en prendrait un coup au change de toutes façons. Surtout qu'elle ne se sentait pas capable de lutter plus longtemps contre tout ce qui lui hurlait dessus qu'elle aimait, qu'elle était faible, et qu'elle voulait garder ce secret comme pour garder un lien entre elle et Dragon. La nuit tombée depuis un longtemps déjà, elle se saisit de la couverture qu'elle avait sortit d'un placard et s'en couvrit, tapotant l'oreiller qui lui servirait ce soir à dormir sur ce canapé de tissu dont elle découvrait avec amertume l'inconfort.

Les minutes passaient. Et peut-être même les heures. Le ciel restait toujours aussi sombre, elle le percevait par la fenêtre de son salon dont elle fermait si rarement les stores ou les rideaux plus décoratifs qu'autre chose. Et bien malgré ce temps qui s'écoulait, sans l'épargner, elle ne trouvait pas le sommeil. Se retournant pour ne plus être sur le côté mais sur le dos, elle posait son avant-bras gauche contre son front, soufflant longuement, fixant le plafond. Dormir hors de son lit, et plus précisément sur le canapé, ne semblait pas être la cause de ses tourments. Elle s'était dit, en rejoignant son dortoir d'une nuit qu'elle songerait à tout le reste après le levé du soleil, mais encore beaucoup de choses tournaient dans son esprit sans qu'elle ne puisse les envoyer au loin. Elle aimait Dragon. Elle l'aimait. Elle qui était une jeune, une jeune femme de la noblesse qui plus était, était tombée éperdument amoureuse d'une autre jeune femme. Elle clos les yeux, se demandant un instant combien de temps il lui aurait fallut pour remarquer cela si elle n'avait pas eu le courage d'agir pour cette demande. Un instant, elle songea que Dragon avait peut-être voulu qu'elle sache. Mais elle s'avoua à elle-même bien vite que c'était impossible. Qu'elle avait peut-être juste mal interpréter ce regard dont elle avait pourtant été si sûre. L'avantage de la situation était qu'elle avait pu passer l'un de ses pyjama à la convalescente pour la couvrir cette nuit. Le désavantage était que désormais elle se sentait perdue entre deux rives qui, toutes deux, semblaient lui mentir sur bien des choses. Elle laissa retomber son bras, ne voulant plus chercher à comprendre. Elle voulait dormir. Dormir longtemps. Dormir et, peut-être, ne plus r-ouvrir les yeux. Bien malgré elle, alors qu'elle sombrait ensuite dans l'inconscience, elle songea au fait que, si elle avait du ouvrir à nouveau les yeux, elle aurait voulu que cela soit vers ses yeux. Ses yeux à elle.

Le jour était levé. Depuis peu certainement, car le ciel promenait encore des éclats rouge-orangers entre les nuages. Et notre libraire, courbaturée, sortait de son sommeil dont les rêves semblaient avoir été absents. Voilà qu'elle aussi avait eu un sommeil réparateur, contre toutes attentes. En se redressant, poussant légèrement la couverture qui ne couvrait plus que la moitié de son corps à peine, elle entre-ouvrit les lèvres sur un bâillement. Soit elle n'aimait réellement pas ce matin-là, soit elle n'avait pas assez dormi. Elle passa sa tresse au-dessus de son épaule et remarqua à quelle point elle avait été chamboulée par la nuit qui avait du être rude en mouvements. Peut-être en réalité avait-elle cauchemarder sans s'en souvenir. Peu importait, en réalité. Elle attrape l'élastique tout en bas de sa longue tresse et le défit, laissant ses cheveux désormais secs mais ondulés à la grecque retombés de son épaule pour rejoindre son dos dans un amas d'un blanc de neige. Elle ne pouvait pas s'habiller, sa commode était dans sa chambre et elle ne savait pas si Dragon était éveillée ou pas. L'appartement était calme, silencieux, pour ne pas dire vide de tout son, et elle se douta donc que la jeune femme devait encore profiter de son sommeil. Elle soupira, doucement, et se dirigea vers la cuisine, étroite mais confortable où elle s'infusa un thé. Que pourrait bien vouloir une convalescente...? Quelque chose qui ne serait pas trop lourd à manger, qui ne lui demanderait pas beaucoup de forces, et quelqu'un chose de simple à avaler comme boisson. En s'asseyant près de la table, sur une chaise plutôt confortable, elle se mit à réfléchir. Avec un pareil sommeil, elle aurait la bouche pâteuse, et ses dents lui sembleraient peut-être sur le point de se briser. Toute l'histoire d'hier avait du la vider de ses forces entières, elle avait donc besoin de nouvelles. Elle se releva, tira un plateau d'un placard en tâchant de ne pas faire trop de bruits et s'attela à la tâche d'un autre exercice où, heureusement, elle était plus capable que ce qu'elle avait du faire jusqu'alors.

Vingt minutes tout au plus étaient passées. Et Kyrie regardait son travail avec appréhension. Était-ce suffisant ? Elle avait glisser une assiette sur le plateau dans laquelle elle avait couler en tranches des bananes, jugeant que ce serait assez simple à mâcher. Au cas où la demoiselle aurait voulu quelque chose de plus consistant, elle avait laisser une pomme et des biscuits au miel venant de sa vieille France natale. Pour boisson, n'ayant pas énormément d'idées, et ne sachant absolument pas ce qu'aurait préférer son invitée surprise, elle avait presser une orange. Désormais, comme elle attendait d'entendre un son, la libraire s'occupait à faire une fleur en papier selon un livre qu'elle avait retrouvé dans un placard où il n'avait normalement absolument pas sa place. Peut-être cela remonterait-il le moral de celle qui allait encore souffrir sévèrement pour quelques jours ? Malgré vingt minutes qui passèrent encore, et qui avait laissé le temps au ciel de quitter sa couleur orangée, il n'y avait toujours aussi son. Avec inquiétude, ayant fini sa fleur en papier, la jeune femme décida d'aller voir si tout allait bien. En entrant dans la pièce par la porte qu'elle avait laissé entre-ouverte la veille, elle aperçu la jeune demoiselle qui semblait dormir toujours aussi sagement. Il allait malgré tout falloir la réveiller, au moins pour quand l'académie viendrait la chercher. Elle ressortit, se saisit de son plateau dans la cuisine et l'apporta à la chambre, le posant sur un côté du lieu où elle était sûre qu'il ne serait pas bousculé par inadvertance.

Elle ne savait pas quoi dire, pas quoi faire, surtout qu'il lui semblait inhumain de réveiller une blessée de la sorte, et pour si peu. Malgré tout, elle bougea. Elle bougea sa main qui, sous les battements à nouveau rapides de son cœur, semblait être trop nourrie en sang et optionnellement en adrénaline. Dans une caresse à la joue de la jeune femme qu'elle voulait éveiller elle murmura que la belle au bois dormant devait ouvrir les yeux. De lui-même, son regard s'était attendrit à cette vision d'une personne qu'elle ne pouvait pas voir comme si elle voyait quiconque d'autre. Une personne spéciale. Qui, en un éclair, l'avait faite succombée, elle qui s'y était si souvent tenue à distance. Elle ne savait plus quoi faire. Et pendant qu'elle réfléchissait, son corps et tout le reste agissaient d'eux-même, comme pour la trahir encore d'avantage que ces regards presque éperdus qu'elle avait parfois été sur le bord de lancer à cette âme ce perdant sur sa rive, chamboulant tout, et ce sans qu'elle ne soit capable de lui en vouloir réellement. Elle respirait aussi calmement que possible, tentant de garder son équilibre, et entre-ouvrait à nouveau les lèvres.

- Le petit-déjeuner va refroidir.

Il n'y avait rien de chaud dans ce petit déjeuner, à vrai-dire. Mais elle espérait que cela aurait, par miracle, la force d'éveiller cette marmotte en pleine hibernation, et ce même à une période aussi mal appropriée de l'année. Elle plissa tendrement ses paupières, affinant son regard que beaucoup disaient de biche pour regarder ce visage assoupit. L'affaire n'était pas gagner. Et pourtant, ça ne la dérangeait presque plus. La seule chose qui la "dérangeait" étant qu'elle ne pouvait pas sortir avant que Dragon ne soit réveillée. Non pas pour ne pas la laissée seule, quoi que si mais uniquement en partie. Non, en réalité, plutôt parce que notre librairie, que la maladie d'amour avait touchée en risque de la blesser à vif et sévèrement, n'avait pas envie de voir d'autres yeux avant ceux de la demoiselle. Pourquoi ? Parce qu'elle voulait dire bon jour. Parce qu'elle voulait, aussi égoïste cela puisse t-il paraître, être la première à souhaiter à cette blessée que ça journée se passe bien, dans l'espoir qu'il ne lui arrive plus rien de mal. Elle retira sa main, penchant légèrement la tête sur le côté, ne pouvant pas s'empêcher de sourire avec tendresse, bien qu'une certaine douleur n'ai été aussi visible dans cette lueur qui faisait briller ses yeux, à la lumières, comme pour la laisser feindre qu'elle allait s'effondrer en sanglots. Encore une fois, la lumière rentrait dans la pièce sans honte, sans gêne, mais elle n'en fut pas blesser, alors même qu'elle était encore dans son pyjama chinois, parce qu'à cette lumière pure et presque entièrement blanche, elle voyait pour la première fois bien distinctement le visage qui, elle le savait, allait souvent venir l'éprouver dans ses futures nuits...



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MessageSujet: Re: At the touch of love everyone becomes a poet. - PV. Dragon Bran Campbell.    Lun 27 Jan - 21:10


It's good !


C'était un rêve, ou un cauchemar. Dragon ne saurait le dire. Dès lors que la nuit l'enroba, elle et son âme, il fut plus acte d'un tapis sombre qu'une tapisserie soyeuse. La jeune femme était la, debout, à l'endroit ou vivait son second, ou plutôt celui qui l'avait trahis. Les poings serrés, la machoire semblable, Dragon dévisageait intensément la bâtisse. Toute la haine qui brûlait à l'intérieur de son cœur n'était rien comparée à la déferlante vorace vengeresse qui animait son regard désaccordé. Comment avait-elle pu être trahi? Par quelqu'un de confiance, ou plutôt par un semblant de justice. Il soupira pour se calmer mais elle refusait de le faire. Sans comprendre pourquoi elle avançait, elle le faisait. D'abords, lentement, puis, ce fut dans une véritable course hargneuse que Dragon fondit sur la porte d'entrée, l'arrachant de ses socles d'un seul coup d'épaule. Pourtant, elle n'eut le temps que de voir une ombre, juste une simple ombre et l'instant d'après une vive douleur éclata contre son front. Au sol, un océan sanglant s'échappait de la blessure, elle y posa sa main, pressa l'entaille qui semblait gagner en profondeur de plus en plus puis tomba à genoux. Rien ne pouvait lui faire plus mal en cet instant présent. La trahison. Cela resterait sur son cœur, c'était le goût acre de la colère. Pourtant, il fallait se relever, maintenant, tout de suite. Supportant la douleur qui semblait si réelle, Dragon prit appuis sur le mur et se redressa, mais le décors avait changé.

Elle était toujours debout, fier comme un paon, la tête haute, elle semblait gouverner de son perchoir la ville, l'académie. C'était très certainement le toit de l'école, elle reconnaissait quelques étages en dessous la fenetre de sa chambre. Une foule d'indécis s'était attroupée autours d'elle et la fixait avec des yeux de biches. Encore et toujours, elle avait devoir vendre du rêve et devenir le conquérant. Son visage se durcit, ses mains abandonnèrent sa plaie qui continuait de saigner puis elle prit la parole. Sa voix résonnait tel un carillon, tous l'écoutait attentivement, l'air grave mais il n'y avait qu'eux qui entendaient ce qu'elle pouvait bien dire. Dragon restait sourde à elle même. Elle croisa dans l'assemblée les yeux moqueurs de sa sœur aînée : Elizabeth. Jamais elle n'aurait du faire l'erreur de devenir chef de gang. Son petit sourire espiègle donna subitement le tournis au Conquérant qui dut faire un pas pour masquer ses étourdissements. Mais quelqu'un n'y était pas dupe. Ou plutôt « quelqu'une ». La libraire, l'inconnue, la tira en arrière, l'exposant à la vue d'elles seules. Ses yeux se posèrent sur la blessure d'ou elle déposa une simple main attendrissante puis  une autre sur sa poitrine, de femme. Dragon eut un mouvement de recul, surprise. La femme dont elle s'était éprise déplaça son autre main jusqu'à sa joue pour lui murmurer avec douceur « Tu es forte. ». Et non « fort ». Le cœur de la jeune femme explosa dans sa poitrine, tant et si bien qu'elle rougit fortement. Et le rêve se brisa. Les ombres s'étaient mises en marche.

Depuis son arrivée à Keyshawn, Dragon n'avait pas manqué à ses obligations. Forte, fière, elle s'était même enregistrée sous le nom de « Sir » et non « Lady ». Depuis son arrivée, Dragon était pour tous, un homme. Qui connaissait cette mascarade ridicule ? Sa sœur, ses frères adoptifs, la directrice. Qui d'autre ? Personne. Ou peut etre... Elle ? C'était pour ça que Dragon était la, « debout » dans la pièce à regarder son propre corps qui se reposait. Pourquoi tant de tranquillité alors que les ombres l'avaient chassées de son intime enveloppe charnelle pour la reconsolider ? Véritablement, elle détestait prendre la place du noir. Mais cette nuit, il y en avait du noir, partout. L'ombre du mur fixa le corps, détendu, encore une fois quand soudain ses yeux s'arrêtèrent sur le pyjama qu'elle portait. La femme ouvrit de grands yeux – même si sous cette apparence, elle n'en avait pas – et gesticula méticuleusement, surprise. Non, le savait-elle ? L'avait-elle découverte ? Ca ne pouvait être que ça. Mais non, il y avait peut etre une chance aussi minime soit-elle de s'etre trompée ! Peut etre que c'était juste une idée. L'ombre resta immobile un instant, puis, elle disparut. Dragon s'ennuyait véritablement quand son pouvoir la chassait d'elle même et prenait le dessus. Sous cette forme, elle ne pouvait ni communiquer, ni agir avec l'extérieur. Pour l'extérieur, elle n'était qu'un reflet, une trace d'ombre dans la lumière, quelque chose d'inutile. Mais elle refusait amplement ce statut, çela ne lui convenait point. Vivre dans le noir ne signifiait pas, être « noir ».

Ses déplacements insonores la menèrent à la jeune femme qui, couchée sur son canapé ne semblait guère trouver le sommeil. Elle soupira, le regard perdu, très certainement perturbée. Cela mélangea le petit espoir fin de Dragon. Tout n'était qu'un éboulis à l'intérieur, elle aurait aimé lui crier, lui dire qu'elle était la, qu'elle allait bien, qu'elle s'en sortirait car les ombres faisaient un travail remarquable ! Mais une ombre, ça ne parle pas, une ombre, ce n'est que le reflet du vivant. En ce moment, Dragon n'était pas vivante. Du moins, pas véritablement. Sous ses yeux, il n'y aurait aucun reflet bleuté ou violacé, ses yeux seraient noirs; d'un noir ténébreux, abyssal, violent. Le temps que Dragon s'approche un peu plus sans vouloir paraître suspecte, sa belle s'était endormie. Et sous ses paupières fatiguées, la femme déguisée plongeait d'amour pour elle. Telle une piscine incommensurable, elle s'y noyait, s'y perdait, s'y engouffrait jusqu'à ne plus avoir d'air dans les poumons, car elle vivrait de cet air la. Cet air nouveau. Cet air unique. Elle était amoureuse. Oui. Il fallait l'admettre. Mais, une femme ?  Qui est plus si joli ! Elle devait avoir quelqu'un. Forcément. Cette nouvelle acheva tout espoir de Dragon, qui, telle une âme égarée retourna se perdre à coté d'elle même.

Au petit matin, lorsque la lumière cingla le visage de l'ombre et la désintégra, Dragon recouvrit son corps, et son sommeil. Pour elle, ça avait été une nuit blanche. Elle ne dormit pas longtemps cependant, car son corps avait déjà retrouvé l'énergie nécessaire et ne réclamait plus aucun repos. Pourtant, ce sentiment ancré en elle, l'adolescente refusait de se lever et de partir. Tiraillée entre l'envie de rester au lit et celle de se rendre à l'évidence. Il fallait choisir, vite. La fenêtre était tentante, à cette hauteur, il suffirait d'abuser un peu sur ses pouvoirs et ça irait. Rester était mille fois plus intéressant en contre partie. D'abords, parce qu'il y avait elle. Mais en plus, il y avait elle. Voilà. Son choix était pris. La jeune femme garda néanmoins le silence, sans oser bouger le moindre muscle. Il se sentait fort, rétablie. Elle savait qu'il n'en était rien. Soudain, la porte s'ouvrit, légèrement. Une odeur fruité embauma immédiatement l’atmosphère. Dragon était comblée. Un petit déjeuner ! Voilà un parfait revigorant pour lui ! Une trouvaille adorable pour elle. Sans véritablement comprendre pourquoi, l'inconnue semblait la regarder avec ce genre de vagues tendre, ce fut pourtant sa main contre la joue de la Dragonne qui lui coupa la respiration, allumant, ravivant un feu intérieur.

-Le petit-déjeuner va refroidir.

Mais la jeune femme ne pouvait pas répondre tout de suite. Elle ne pouvait pas ouvrir les yeux comme ça subitement. Ça lui ferait peur. Elle comprendrait qu'elle n'avait jamais fermé les yeux. Pas une seule fois. Ou peut être si, au début. Tandis que l'inconnue retirait sa main, Dragon ravala une boule d'angoisse. Si elle l'avait touché ainsi, elle ne devait peut etre pas savoir qu'elle était une femme. Elle devait garder ses sens. C'est pourquoi elle ouvrit les yeux et croisa ce regard, son regard. Rien d'autre n'exista.

-Bonjour Belle Femme... Murmura t-elle, un petit sourire enjôleur en coin.

Des millions de questions s'entrechoquaient dans son esprit. Des milliards peut être.

-C'est gentil de votre part d'avoir préparé un petit déjeuner... Ca me donne fort bien envie de rester toute la journée ! S'exclama t-elle avec douceur.

Remontée à bloc ? Fort sur. Dragon tapota doucement son flanc, à la recherche de la cicatrice. Lorsque sa main eut touchée le fil salvateur, elle remonta légèrement le pyjama mais s'arrêta et regarda la jeune femme à coté d'elle. Elle fondait. Pour elle, elle était devenue un petit monde. Jamais plus Dragon ne voulait se lever, lui dire qu'elle allait mieux grace aux ombres. Jamais elle ne voulait la quitter. C'est pourquoi, machinalement, son bras redescendit le vêtement avant qu'elle n'ait pu voir quoi que ce soit. Dragon crevait véritablement d'amour. Et elle se sentait faible. Coupable aussi. Coupable d'avoir empêché à une si belle femme de trouver un repos simple et facile. Coupable de peut être ne pas pouvoir lui donner ce à quoi elle se serait attendu. Coupable de tout. Pour rien. Oh c'était ça l'amour ?  Les perditions ? Dragon baissa la tête, comme pour contempler le pyjama, marmonna un compliment et se releva doucement pour s'asseoir, non sans une grimace. Guérie, oui, mais pas complètement. Aaah, les miracles du nucléaire... Soudain, comme prise par une envie irrésistible, Dragon sentit le besoin de le lui dire. Et c'est ce qu'elle fit.

-Merci vraiment... Tu sais j'aimerais savoir qu'elle est ton prénom, pour au moins savoir comment t'appeler toute la journée.

Oui. Elle comptait rester ici. Et Non, l'académie ne viendrait pas la chercher : Elle savait qu'elle allait bien. De toute façon, Dragon voulait élucider le mystère : « Sait elle qu'elle est une femme? » et c'est pourquoi elle rajouta avec un demi sourire, presque pour elle même.

-Ce n'était pas à cause de ma blessure que je disais que tu étais splendide... A la lumière du jour, tu es rayonnante...

Petit coquin. Ses joues s'empourprèrent sous le coup de sa propre révélation tandis que pour noyer le poisson, Dragon mima une contemplation parfaite du plateau. En fait, elle avait vraiment faim. D'elle.



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MessageSujet: Re: At the touch of love everyone becomes a poet. - PV. Dragon Bran Campbell.    Mer 5 Fév - 11:01



Kyrie laissait passer les minutes. Son pyjama confortable ne lui donnait pas de difficulté à se mouvoir, bien qu'il n'est capturé sa douce poitrine. Elle eut envie de secouer la tête, de se sortir toutes ses rêveries de l'esprit. Ce n'était pas son pyjama chinois qui la tenait ainsi, mais des sentiments qu'elle avait avoué à son grand damne. Désormais, elle ne pouvait plus rien faire d'autre que de pencher la tête, défaite à cette inclination sortie de nulle part. C'était absurde, de s'éprendre avec cette rapidité qui ne fixait rien, qui allait la laisser détruite. Cependant elle n'y résistait plus, ne se débattait plus, perdue dans la vision de ce visage serein qui, dans la lumière du jour, dévoilait ses fins les plus fins et graciles. Comment avait-elle fait pour ne pas le remarquer ? Dragon n'avait pas le visage d'un homme. Et ses hanches, qu'elle avait aperçu en réparant sa peau coupée avaient été trop fines. Elle aurait largement eu de quoi douter du sexe de celle-ci. Mais, malgré tout, comment aurait-elle pu penser que quelque chose comme cela lui arriverait un jour, à elle demoiselle calme dans son petit univers à pages. Désormais, elle allait douter de tout un chacun, elle le savait, dans un élan de frayeur, craignant surtout d'être trompée encore par des apparences sous lesquelles certains devaient se farder.

Assise sur le bord du lit, elle regardait alors Dragon s'éveiller. Ses yeux, ses grands yeux, se perdirent un moment dans les siens, effaçant tout son qui pouvait provenir de l'extérieur qui s'éveillait à son tour. Elle comprenait mieux, à ce regard, la raison de sa chute. La raison de sa chute amoureuse. Ces yeux tourmentés, qui semblaient cacher encore bien plus de secrets qu'elle ne pourrait jamais en retenir, la faisaient chavirée si doucement qu'elle se laissait faire. Comme coucher dans une barque, sur un fleuve, elle priait de se laisser manger par la créature du Nil, que cette illusion se termine. Ça ne pouvait pas être réel. Ce genre de situation n'arrivait que dans les romances de ces bouquins qu'elle vendait, nul part ailleurs. Et encore, une fois, elle s'arracha d'elle-même la poitrine de son enclos. Elle serait laisser seule derrière, comme le dernier du troupeau. Dragon était un soleil, le soleil, et elle, simple jeune femme, vivait dans l'ombre, dans le silence. Elle ne pourrait jamais s'avancer sur des planches, et peut-être était-ce aussi ce courage que possédait son opposante qui la fascinait. Non, elle ne se comprenait réellement plus. Elle se laissait flotter, mais elle paniquait, bien que son corps semble avoir été dépourvu de tout ces nerfs. Elle ne pouvait pas bouger, juste observer les événements se suivre.

-Bonjour Belle Femme...
- Bien le bon jour, Dragon.

Elle observait ce léger sourire en coin, y répondant d'un sourire à peine esquisser. Où était son calme ? Où était sa froideur habituelle ? Elle avait fondue. Face à ce soleil, frappant et chauffant sa poitrine et ses membres, elle avait fondue dans la glace qu'elle avait toujours hisser devant elle comme une muraille de Chine pour toutes défenses. Elle sortit à nouveau de ses pensées en entendant à nouveau la douce voix lui parvenir, emprunte de la tentative d'un bruit plus sourd, plus bas. Pourquoi n'abandonnait-elle pas ? Elle savait, désormais, qui était Dragon. Et pourtant celle-ci semblait se nourrir de l'espoir que cela ne pouvait pas être possible. Très bien, elle n'en dirait rien. Elle feindrait l'ignorance, à son tour, se laissant charmer comme pour écouter plus de ces douceurs sucrées.

-C'est gentil de votre part d'avoir préparé un petit déjeuner... Ça me donne fort bien envie de rester toute la journée !

Toute la journée ? Le cœur de la libraire n'aurait pas supporté. Elle tanguait à nouveau, des papillons dans l'estomac qui battaient des ailes sans plus savoir où se poser. Au milieu de ce brouhaha, un oiseau prit sa liberté, d'une blancheur d'ivoire, pour venir lui souffler ce qu'elle désirait sans l'avouer. Elle voulait qu'elle reste. Toute la journée si elle le voulait, mais au moins quelques heures de plus. Non, elle devait partir. Pour leur bien à toutes les deux... Elle se résigna encore, ne sachant pas quoi écouter entre son amour naissant et sa raison. Elle avait été trahie, blessée, et elle fondait encore dans un piège dont elle ne sortirait pas indemne. A croire qu'elle aimait s'attirer des ennuis, et de ceux du genre charmant. Dragon se redressa pour s'asseoir dans le lit et, d'un mouvement léger, assuré, la française redressait l'oreiller pour qu'elle ne se fasse pas mal au dos. Elle imaginait combien cette blessure pouvait encore être douloureuse à étirer dans des mouvements, se souvenant aussi de cette sorte de marque sombre qu'elle avait vu sur celle-ci. Elle ne s'expliquait toujours pas ce phénomène. Même avec la lumière de l'extérieur des lampadaires, elle aurait jurer voir comme un voile sur cette plaie qu'elle avait du recoudre. Une ombre. Déformée et élancée, c'était une ombre qui s'était glissée là comme protection. En se vidant l'esprit elle fermait un instant les yeux, cherchant à se sortir de la tête tout ce qui y polluait son air. Elle allait étouffer, c'était sûr.

-Merci vraiment... Tu sais j'aimerais savoir quel est ton prénom, pour au moins savoir comment t'appeler toute la journée.

Alors elle comptait réellement rester toute la journée ici ? Non pas que l'idée eut déplut à la noble, loin de là d'ailleurs, mais tout de même... Elle r-ouvrit les yeux, doucement, se laissant battre des cils avec sérénité. Malgré l'agitation à l'intérieur d'elle qui reprenait sa course, l'épuisant de tant de sentiments se mélangeant les uns aux autres.

- Kyrie. Kyrie Luna., répondait-elle simplement, dans un murmure comme seulement pour elle-même.

La jeune femme en face de la libraire sourit encore légèrement, laissant rater un battement au cœur affolé de la seconde femme présente dans la pièce. Elle était... terriblement attirante. Quelque chose de plutôt froid chez elle lui donnait quelque chose d'attirant, quelque chose qui avait donner envie à Kyrie de se frayer un chemin entre ses bras, comme si c'était là la chose la plus normale du monde. Alors que ça ne l'était pas. Après tout, Dragon, et c'était là encore un problème, était du même sexe qu'elle. Qu'en dirait sa famille ? Et ses amis ? Pourrait-elle seulement le dire, Dragon se faisait passer pour un homme pour la bonne survie du conseil de discipline ? Elle ne savait plus où donner de la tête. Rien n'était envisageable dans une pareille situation. Les mensonges, elle le savait, serpentaient et, en plissant doucement le regard, elle se demandait combien encore lui étaient cachés. Bientôt, sans surprise, elle finirait par apprendre que Dragon était du genre à aimer les femmes. En écoutant le son de sa voix lui revenir encore, l'arrachant à ses questionnements, elle rougit légèrement, se sentant terriblement bête. Elle devait définitivement aimer les femmes. Ou alors, elle était encore convaincue que la libraire la prenait pour un homme et charmait pour disperser les preuves.

-Ce n'était pas à cause de ma blessure que je disais que tu étais splendide... A la lumière du jour, tu es rayonnante...

Elle la tutoyait. Encore une fois, elle avait changé pour cette familiarité, cette proximité qui n'était pas coutume chez la française issue de la noblesse. Elle détourna le regard, le posant sur un pied de son lit qu'elle voyait depuis sa place pour finalement jeter un regard en coin à celle qui, sous ses propres mots, rougissait en mimant d'admirer son plateau. Elle devait partir. Et vite. Tout de suite, sur l'instant. En se levant, elle prêta attention à ne rien renverser et fit quelques pas. Le sol était froid. Le soleil dehors ne réchauffait rien pour le moment, c'était évident. Alors qu'elle parvenait à la porte, posant ses mains doucement contre son cadre, elle regardait encore Dragon par-dessus son épaule, ignorant la longue tresse posée sur celle-ci.

- Bien... Je vous laisse à votre petit-déjeuner.

Elle sortit, refermant la porte derrière elle pour s'adosser contre elle sans le moindre bruit, chamboulée. Elle ne se reconnaissait plus. Où était-elle passée ? Elle étouffait, même chez elle, en la présence de cette femme dont la présence pesait plus qu'une enclume, mais était plus agréable que la caresse du vent. En fermant ses yeux elle prenait une grande inspiration. Garder son calme, ses moyens, et voir ce qu'il adviendrait de la situation. C'était là tout ce qu'elle pouvait, et plus précisément devait, faire le temps que l'académie vienne chercher Dragon. Après cela, tout serait terminer. La vie reprendrait son cour, oui, et elle retournerait travailler avec ses assistants de la librairie qui, en riant doucement, feraient la remarque d'avoir entendu une rumeur étrange. Elle fit un pas, puis un autre, laissant grincer le parquet sous ces pressions. Il fallait qu'elle s'habille. Traîner ainsi en pyjama ne l'avancerait à rien. Seulement... elle avait oublié de prendre ses affaires dans sa chambre. En baissant la tête, laissant quelques mèches blanches couvrir ses yeux, elle se maudit. Comment pouvait-elle oublier tant de choses en si peu de temps ?! Sa tête voyageait ailleurs. Son esprit était retourné dans cette pièce qui, remplie de miel, l'enivrait de romance et de désir. La tentation la dérangeait pourtant. Elle ne pouvait pas retourner devant Dragon, pas maintenant, mais elle devait faire quelque chose.

Elle prit le pas vers la cuisine où, d'un grand verre d'eau froide, elle espéra se réveiller parfaitement, reprendre ses esprits. Malgré que ce ne fut pas une mince affaire. Ses gestes étaient presque brusques, alors qu'elle était un être de toute délicatesse, tant elle se sentait égarée. Depuis quand ne pouvait-elle plus se déplacer où bon lui semblait chez elle ? Elle fit demi-tour, s'excusant en toquant à la porte pour rentrer en inclinant légèrement la tête en signe d'excuse. Elle marmonna doucement qu'elle devait prendre ses affaires et, en les sortant de son placard et de sa commode, elle les glissa sur son avant-bras, contre sa poitrine, pour ressortir. En refermant la porte elle soupirait lourdement dans le silence, ayant eu l'impression que son cœur allait se fendre dans sa poitrine. Elle ne pouvait plus voir Dragon. Elle ne pouvait plus poser ses yeux sur elle, ou simplement sentir son regard. Et tout ça à cause de sueurs froides, de bouffées de chaleur qui, successivement, l'égrainaient aussi bien les unes que les autres. Notre française en avait presque marre, assez. Elle se sentait pousser de droite à gauche avec une force contre laquelle elle ne pouvait pas lutter. Comment faisait-elle pour passer aussi brusquement de la sérénité à la panique ? Dragon la troublait. Elle s'éloigna de la porte, grimaçant presque cette fois-ci aux grincements du parquet. Les vieux appartements n'étaient pas toujours l'idéal de la discrétion.

Dans son pas redevenu calme loin de Dragon, elle se glissa dans la salle de bain. Elle avait encore changé. Elle aurait pu le parier sans craintes. Quelque chose suspendait un fin sourire à ses lèvres et, en le remarquant, elle s'en trouva stupide. D'un geste sec, elle dénouait ses cheveux, les séparant d'entre eux-même pour les laisser cascader sur ses épaule, contre son dos. A quoi c'était-elle attendu ? Désormais, ils allaient ondulés d'avoir passer tant de temps noués ainsi. Elle figea ses yeux sur la glace et, en retirant son haut, fermait la porte en étirant légèrement la jambe, la poussant du bout de son pied. Ses formes se dévoilèrent encore. Formes qu'elle ne se jugeait toujours pas capable de supporter. Et... qu'en dirait Dragon ? Pourrait-elle la trouver séduisante ? En ouvrant ses yeux en deux perles rondes et bicolores, elle secoua la tête de droite à gauche. C'était ridicule ! Absurde ! La dernière fois qu'elle avait pensé à une telle idée elle... elle était dans les amours d'Arthur. Non, c'était plus que ce qu'elle pouvait supporter. Elle se pencha, ouvrant l'eau froide du robinet du lavabo pour s'en envoyer au visage. Même cette sensation désagréable ne lui fit pas quitter ses douces rêveries et, en plaquant ses mains trempées contre le bord du lavabo, elle fermait les yeux. Que pouvait-elle faire ? Pourquoi Dragon ne quittait t-elle pas son esprit, comme une fixation, comme une obsession ? Elle se sentait dérangée, troublée, et ne se comprenait plus le moins du monde. Pourquoi elle ? Et pourquoi tout ça ? Le destin était-il assez cruel pour suspendre un fruit défendu au-devant d'elle pour l'appâter sans jamais la laisser l'atteindre ?

Elle ôta son bas de pyjama et, en s'étirant légèrement, tendait ses membres blancs. Un rapide brin de toilette et elle entreprit de s'habiller à nouveau, de ce qu'elle avait réussi à sortir de ses affaires sans en perdre l'utilité de ses mains qui en avaient trembler comme des feuilles. Ses sous-vêtements passés elle se glissa dans sa robe, une robe d'un style peu commun. Alors que toutes les jeunes femmes devait parader comme des animaux dans une période presque décisive de leur vie, elle s'attachait à son style des années 50. Sa robe favorite, d'un genre pin-up qui n'en était pas pour autant vulgaire, était d'un noir d'encre, s'arrêtant à ses genoux. Dans sa forme légèrement en sablier elle mettait en valeur la poitrine de la libraire sans l'exposer aux yeux qui auraient eu quelques raisons de s'y intéresser, affinant aussi sa taille. La demoiselle tendit le bras, essayant tant bien que mal d'atteindre la fermeture éclair qui, désormais au milieu de son dos, avait fait seulement une partie du chemin qu'elle devait faire. En pressant ses lèvres l'une contre l'autre, Kyrie appréhendait ce qu'elle allait devoir demander. En retenant d'un avant-bras l'avant de sa robe, la libraire agita sa masse de cheveux blancs de droite à gauche. Non, il devait bien y avoir un moyen d'y parvenir toute seule. En se souvenant d'un détail, elle plaqua sa main de libre contre son front, près de sa tempe, découragée. Arthur ou ses servantes au manoir l'avaient toujours aidée. Cette robe était une malédiction, en réalité. Elle sortit à nouveau de la salle de bain, passant par le salon pour glisser ses petits pieds dans ses escarpins noirs. Désormais, le parquet grinçait sous ceux-ci et, en arrivant devant la porte de sa chambre, alors qu'un voisin de l'immeuble d'en face s'était penché pour voir par la fenêtre du salon, elle toqua doucement, se disant qu'il faudrait qu'elle se dépêche de rentrer pour s'éviter quelque maladresse qu'elle paierait cher. Finalement, elle vint poser sa main contre la poignée de porte pour l'actionner. Ne pas regarder Dragon. Rien que l'idée de cette esquive affola son cœur dans sa poitrine qui, palpitante, se mit à brûler d'un feu doucereux. Elle détourna le regard, se sentant les joues rosées, cherchant à le cacher, pour faire à nouveau quelques pas et se poser de côté contre le bord de son lit. Offrant son dos à la jeune femme, elle soulevait la masse ondulée de ses cheveux d'ivoire pour lui jeter un faible et timide regard par-dessus l'épaule.

- Je vous demande pardon pour le dérangement mais... Voudriez-vous bien m'aider ? Ce matin, je n'y arrive pas seule.

Ce n'était pas uniquement ce matin. Mais elle n'avait pas non plus envie que Dragon pense qu'elle venait exprès ici, dans cette situation, pour lui montrer son dos à la peau aussi pâle que la lune qui avait régner dans les cieux la veille. Elle n'avait pas envie de paraître légère, et ce même devant cette personne qui, il fallait l'avouer pour ne pas mentir, l'agitait au plus haut point. Alors qu'elle écoutait les battements de son cœur parvenir jusqu'à ses tempes, gardant son souffle aussi calme qu'elle le pouvait, elle tournait à nouveau la tête, regardant le mur d'en face et optionnellement la porte. Elle l'avait franchit dans un sens. Et dès que Dragon l'aurait aidée, elle la franchirait dans l'autre.



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At the touch of love everyone becomes a poet. - PV. Dragon Bran Campbell.

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